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Mots de l'actu |
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Dossiers pour la classe
Le début d’un journal radiophonique comporte un ensemble d’éléments sonores et d’éléments verbaux qu’on retrouve d’une édition à l’autre. Ces informations de base, qui déclinent l’identité de la radio, du présentateur et éventuellement du type de journal, permettent à l’auditeur de savoir qu’il s’apprête à écouter les titres de l’information de telle ou telle radio.
Concrètement, les éléments sonores sont : le top horaire*, les divers jingles* (jingle de lancement, jingle de clôture des titres) et le tapis sonore*.
Quant aux éléments verbaux, ils comprennent en général : l’annonce du nom du présentateur du journal, la prise d’antenne par le journaliste (annonce du nom de la radio, annonce de l’heure – heure locale, heure de l’auditeur et éventuellement temps universel* –, annonce du type de journal – édition régionale ou nationale –, formule de salutations) et enfin l’annonce des titres du journal.
Les titres d’un journal à la radio remplissent deux fonctions principales :
- présenter les principaux éléments d’une information de manière claire et concise ; les autres aspects de l’information seront développés dans le corps du journal.
- retenir l’attention de l’auditeur en lui annonçant le contenu du journal : les titres doivent donner envie à l’auditeur de rester à l’écoute de la station de radio pour entendre les détails d’une information ou l’avis d’un expert annoncé en début de journal.
Tout message informatif tente de répondre à un ensemble de « questions de référence » : Qui ? Quoi ? Où ? Quand ? Comment ? Pourquoi ?
Autrement dit, une bonne information est celle qui répond aux questions suivantes : De qui s’agit-il ? Que s’est-il passé ? Où cela s’est-il passé ? Quand cela s’est-il passé ? Comment cela est-il arrivé ? Pourquoi cela est-il arrivé ?
Dans un journal, la structure de l’information est en forme de « pyramide inversée » : le journaliste présente d’abord les informations les plus importantes (Qui / Quoi / Où / Quand) dans les titres, qu’il développe ensuite dans le corps du journal avec les informations de moindre importance (Pourquoi / Comment).
En général, le présentateur utilise une formule spécifique pour détacher le premier titre (ex : « À la Une de l’actualité, » « Dans l’actualité de ce [date du jour] »).
De même, parfois, le présentateur utilise une formule spécifique pour signaler le dernier titre, (ex : « Enfin, en France... ») surtout s’il y a un changement de rubrique (sport, météo, etc.)(ex : « Et puis du football en fin de ce journal. » « Et puis en sport... »).
En général, il n’y a pas de formules de transition entre les titres. Cependant, pour rompre la monotonie de la liste, il y a, outre le tapis sonore*, quelques astuces de rédaction qui sont autant d’accroches pour maintenir éveillée l’attention de l’auditeur :
- le journaliste fait alterner les phrases nominales et les phrases verbales (ex : la phrase « Un nouveau Super Mardi aujourd’hui dans la campagne électorale américaine » (phrase nominale) alterne avec « Le Dakar change de continent mais pas de nom » (phrase verbale)).Lorsque le titre fait plus d’une phrase, la phrase verbale développe et explique la phrase nominale qui la précède : (ex : « José Ramos-Horta et Xanana Gusmao hors de danger. Le Premier ministre et le président timorais ont échappé à des tentatives d’assassinat. »)
- le journaliste utilise une tournure de mise en relief : (ex : « C’est le patron de France 24 qui devrait diriger France Monde »).
- le journaliste utilise la tournure interrogative : « Le pop art est-il américain ou européen ? »
- le journaliste reprend en tête de titre une brève citation « choc » : « "Les caisses de l’État sont vides". C’est ce qu’a déclaré hier André Santini… »Nous avons vu que l’une des fonctions des titres est d’annoncer le menu du journal de manière à captiver l’auditoire.
Pour éveiller la curiosité de l’auditeur, pour lui donner envie de rester à l’écoute de la station de radio, le présentateur du journal va lui faire des « promesses » dans les titres du journal ; le plus souvent, il s’agira de l’annonce d’un rendez-vous avec un spécialiste du sujet (ex : « Notre dossier dans un instant et dans 20 minutes notre invité, le numéro 2 de l’Eufor » ; « Toutes les explications tout à l’heure avec Christophe Jousset » ; « Éléments d’explication dans un instant avec Marie Dupin » ; « Nous nous rendrons à Lyon pour retrouver notre envoyé spécial* au stade Gerland »). Ces formules d’annonce sont riches en indications temporelles et utilisent les différentes formes d’expression du futur.
La manière de parler du journaliste radio est différente de l’oral spontané de la vie quotidienne : en effet, le journaliste radio lit un texte qu’il a préalablement écrit, mais en s’efforçant de s’adresser aux auditeurs. Ainsi, les modulations de la voix du journaliste radio visent des objectifs précis.
Les intonations montantes et les effets d’accentuation remplissent les deux fonctions suivantes :
- maintenir éveillée l’attention de l’auditeur,
- insister sur certaines informations, notamment sur celles qui répondent aux « questions de référence ».
Les intonations descendantes remplacent en quelque sorte les termes de transition ; elles marquent la clôture d’un titre et le passage au sujet suivant.
Les modulations de voix du journaliste jouent donc le rôle de ponctuation orale. Cependant, il faut souligner que ces intonations n’obéissent pas toujours à des règles généralisables, puisque le style de l’interprétation constitue en quelque sorte la signature personnelle du journaliste !
Marie Rousse
Article publié le 02/05/2008