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Les mots de l'actualité
On se préoccupe en ce moment de l’augmentation rapide et importante des hydrocarbures, ce qui fait qu’il y a toute une série de vocabulaire liée à cette activité qu’on entend de plus en plus : le prix du brut augmente ! Le baril a dépassé les 125 dollars. Et on entend ça, dit de façon légèrement affolée, alors qu’il n’est pas évident de savoir ce que sont le « brut » et le « baril ».
Enfin, on sait quand même qu’il s’agit du pétrole ! Mais « pétrole » est peut-être un mot un peu vague. Ce qu’on appelle le brut, on le comprend de façon assez intuitive. Et pour une fois, se laisser guider par un instinct n’est pas un si mauvais choix : le brut évoque le grossier, c’est qu’il n’est pas raffiné, et l’on peut jouer sur les divers sens du mot pour le comprendre.
Le brut, le pétrole brut, c’est simplement le pétrole qui vient d’être extrait, comme s’il venait de jaillir, comme s’il sentait encore le derrick, ou presque. En tout cas, le brut n’est pas encore traité, même si parfois on a commencé à lui faire subir de légères modifications : dessablage et décantation de l’eau.
Cet adjectif, « brut », s’emploie dans d’autres environnements : on parle en économie du produit national brut par exemple. Mais utilisé tel quel, comme un nom, il renvoie presque toujours au pétrole, et quand on parle du prix du brut, on sait à quoi on a affaire.
Et le baril alors ? C’est l’unité traditionnelle qu’on utilise pour mesurer le pétrole, et un baril correspond à 159 litres. Le baril est au départ le nom d’un petit tonneau, et le mot s’est répandu pour désigner la quantité du contenu.
Au fil des âges, comme pour la plupart des mesures, la capacité du baril a varié, en gros entre 200 et 120 litres, ou même moins pour l’ancien baril de vin anglais. Il s’est fixé autour de 160 pour le baril de pétrole, même si la contenance d’origine de ces petites barriques était de 190 litres : il fallait compter avec les pertes et les débordements ; on s’est donc dit que 160 (et même 159 !) seraient assez. Et l’expression est restée aujourd’hui, même si les objets ont disparu : en effet le pétrole ne se transporte plus dans de vrais barils, mais souvent en vrac dans d’immenses conteneurs.
Quant au mot « barrique », on ne l’emploie pas pour le pétrole, bien qu’il reste très utilisé pour stocker d’autres genres de liquides, le vin notamment. La barrique est plus importante que le baril, même si sa capacité n’est pas clairement la même dans tous les cas, en gros entre 200 et 300 litres. On a aussi le « fût » et même le « foudre » pour de très gros modèles, mais là encore, ce n’est pas de l’huile de pierre, je veux dire du pétrole, qu’on mettra dedans.
Yvan Amar
Article publié le 16/05/2008
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