publicite publicite
Rechercher

/ languages

Choisir langue
Mots de l'actu
 
Annonce Goooogle
Annonce Goooogle
Comprendre l'actualité

Les mots de l'actualité

AUDIOVISUEL   19/06/2008

 

Journée d’action dans l’audiovisuel, et, même, journée de grève ! Un certain nombre d’antennes ont été perturbées. « L’audiovisuel » est un mot assez contemporain, assez moderne, peut-on dire. On l’entend pourtant depuis une quarantaine d’années, mais son sens et son emploi ont changé. Son origine latine est claire, et il fait référence à ce qui s’entend et s’écoute – c’est le sens d’« audio », et à ce qui se voit et se regarde – c’est le sens de « visuel ».

Aujourd’hui, l’audiovisuel est plutôt une façon abrégée de parler de la presse audiovisuelle ou des médias audiovisuels : essentiellement la presse qui n’est pas écrite. Il s’agit donc surtout de la radio et de la télévision : des moyens d’informations qui s’adressent à l’œil et à l’oreille, qui montrent des images et font entendre du texte.

On peut, bien sûr, se dire que la télévision est plus audiovisuelle que la radio : en effet, elle utilise l’image et le son, alors que la radio, bien sûr, ne s’adresse qu’à l’oreille. Il est certain que ce mot « audiovisuel » a été utilisé dans ce sens alors que la télévision existait déjà : quand on n’avait que la radio, on ne parlait pas comme ça, on ne parlait pas d’audiovisuel. Mais, même si le terme doit beaucoup au succès de la télévision, il inclut généreusement la radio. 

On va donc opposer (enfin cela ne concerne que les mots ! il ne s’agit pas de dresser les gens les uns contre les autres !) la presse écrite et la presse audiovisuelle, c’est-à-dire l’ensemble des journaux d’un côté et les médias qui utilisent essentiellement image et son, de l’autre.

Et en passant, on va noter à quel point ces expressions semblent illogiques. Parler de presse écrite par exemple est étonnant : comment imaginer une presse qui ne le soit pas ! La presse renvoie à cette idée d’imprimer, à des outils qui, au départ, pressent les caractères imbibés d’encre sur du papier. Etymologiquement, la presse est forcément écrite. Lorsque la radio s’est développée, on s’est mis à entendre l’expression « journal parlé », puis « presse parlée », ce qui prouve bien que le contenu primait sur le sens littéral. On a donc ensuite continué cette évolution avec « la presse audiovisuelle », une expression souvent relayée par une autre : médias audiovisuels.

Mais cela nous permet de voir que l’opposition se situe au niveau de la lecture : d’un côté on a ce qui est écrit et qui donc doit se lire. De l’autre, ce qui se montre et ce qui s’écoute. Et on pourra remarquer que cette appellation exclut tout ce qui touche à ce qu’on nomme « nouvelles technologies » : en effet, internet privilégie fortement tout ce qui passe par le texte, même s’il accueille aussi bien du son, de la photo ou des images qui bougent.

En fait, les premiers emplois de cet adjectif « audiovisuel » ne se sont pas trouvés dans le domaine de l’information mais dans celui de l’éducation. Dans les années 60, les méthodes d’enseignement audiovisuel sont devenues furieusement à la mode dans certaines disciplines, en particulier dans l’enseignement des langues : on pensait qu’il était plus efficace de montrer et de faire entendre, plutôt que de faire lire dans un livre, écrire dans un cahier, en suivant les indications données par une seule voix, celle du professeur.

 
Coproduction du Centre national de Documentation Pédagogique.
http://www.cndp.fr/

Yvan  Amar

Article publié le 19/06/2008