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Mots de l'actu |
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Dossiers pour la classe

La revue de presse est une synthèse journalistique de la façon dont divers journaux et magazines analysent et présentent l’actualité. Les publications qui en font l’objet peuvent être très variées, aussi bien par leur périodicité (quotidienne, hebdomadaire, bimensuelle, mensuelle, etc.) que par leur zone de diffusion (régionale, nationale, internationale) et leur domaine de spécialisation (politique, économie, médecine, etc.).
Le journaliste peut choisir une information commune pour comparer les traitements qui en sont faits par des publications différentes : c’est la revue de presse thématique.
Ou bien le journaliste peut compiler les titres des informations qui sont mises en valeur en première page des journaux un certain jour : c’est la revue de presse des unes.
Pour introduire l’information qui fait débat, le journaliste peut choisir de faire un court rappel des principaux aspects de cette information ; ou alors, il peut préférer commencer par la description d’une photo ou encore par une citation percutante parue dans une des publications, afin d’intriguer son public et de lui donner envie de rester à l’écoute de la revue de presse pour en savoir davantage.
Quelle que soit l’approche privilégiée par le journaliste, la caractéristique stylistique de la revue de presse est la place qu’elle accorde au discours rapporté : en effet, le journaliste cite abondamment les publications auxquelles il se réfère, soit en reprenant tels quels les propos des journaux entre guillemets (guillemets qui sont marqués par une légère pause à l’oral), soit en reformulant légèrement les phrases reprises pour les intégrer à son discours.
Les citations sont introduites par des verbes déclaratifs qui déclinent toutes les nuances de sens du verbe dire : affirmer, ajouter, conclure, commenter, constater, décrire, dévoiler, demander, déplorer, écrire, évoquer, estimer, faire remarquer, s’exclamer, expliquer, exposer, s’interroger, ironiser, noter, poursuivre, préciser, raconter, rappeler, remarquer, répondre, renchérir, souffler, souligner, titrer, etc.
Lorsqu’une phrase commence directement par une citation, une proposition incise vient rappeler le nom de la source (c’est-à-dire le titre de la publication citée par le journaliste) ; on notera dans ce cas l’inversion sujet-verbe (ex : « "Quinze mois plus tard", commente Ouest-France, "le maire de la capitale et l’ex-candidate sont en compétition pour prendre la direction du Parti socialiste." »).
La source est toujours clairement mentionnée pour chaque citation ; mais, pour éviter les répétitions qui sont perçues comme peu élégantes en français, le journaliste utilisera souvent des périphrases pour désigner un même journal (ex : les expressions « le quotidien lyonnais » ou « notre confrère » permettent d’éviter la répétition du titre « Le Progrès »).
Une autre caractéristique stylistique de la revue de presse est l’utilisation fréquente de l’infinitif de narration (= Et + sujet + de + verbe déclaratif à l’infinitif) pour introduire une citation qui sert de conclusion à un paragraphe (ex : « Et le journal de titrer : "la bataille est lancée." ») Ce procédé permet de rendre l’écriture plus compacte et plus dynamique.
L’intérêt d’une revue de presse et de refléter la variété des points de vue des publications sur l’actualité. Pour bien comprendre une revue de presse, il est donc important de savoir identifier les marqueurs que le journaliste utilise pour définir et comparer les points de vue exprimés par les différents journaux.
Voici des exemples d’expressions que le journaliste est susceptible d’utiliser pour définir des points de vue : la tournure de mise en relief avec l’expression « C’est… qui » (ex : « C’est le journal La Croix qui nous présente ainsi cette journée d’action »), ou, plus simplement, la préposition « pour » (suivie d’un nom de journal) « Pour le journal La Croix, c’est … ».
Pour souligner des points de vue divergents, le journaliste pourra recourir à des tournures comme « Analyse bien différente pour » (suivie d’un nom de journal), « un point de vue bien différent dans » (suivie d’un nom de journal), ou encore, entre autres, l’expression « pour sa part » ou « de son côté » accolée avant ou après un nom de journal (ex : « Libération, pour sa part, nous rappelle que… »). Par ailleurs, le journaliste pourra faire usage de comparatifs de supériorité ou d’infériorité (ex : « L’Alsace est plus mesurée ») pour rendre compte de positions différentes.
Pour rapprocher des points de vue similaires, le journaliste pourra utiliser les expressions « Même analyse pour » ou « à l’instar de » (suivies d’un nom de journal), ou les adverbes « aussi » et « également » (ex : « Le quotidien La Montagne est également dubitatif »), ou encore certains verbes déclaratifs qui supposent une communauté d’opinion (« confirmer », « préciser », « renchérir », etc.)
Par ailleurs, les mots de liaison, que le journaliste fait intervenir en abondance dans son commentaire, donnent de précieuses indications sur la progression logique de son discours : « ainsi » annonce un exemple ou une illustration des propos précédents, tandis que « mais » / « toutefois » / « cependant » annoncent un revirement de l’argumentation.
La revue de presse est donc une synthèse fidèle des positions des différents journaux, mais elle n’est pas pour autant un compte-rendu neutre.
D’abord, parce qu’elle ne peut pas prétendre à l’exhaustivité : les publications sont trop nombreuses pour qu’il soit possible de les prendre toutes en compte, or le choix des sources du journaliste qui rédige sa revue de presse est déjà en soi l’expression d’un point de vue sur le traitement de l’actualité.
Ensuite, parce que l’organisation de l’information dans la revue de presse n’est pas neutre : l’ordre de présentation des différentes opinions, et l’importance relative accordée à chacune de ses positions, relève également du choix de l’auteur de la revue de presse selon qu’il souhaite mettre en valeur tel ou tel sujet. Deux journalistes travaillant sur une même revue de presse ne feraient pas forcément les mêmes choix.
Enfin, parce que le journaliste peut manifester une distance critique par rapport aux sources qu’il cite ; bien qu’il n’utilise jamais le « je », lui préférant le « on » indéfini, le journaliste peut introduire par exemple un trait d’humour ou d’ironie dans son discours.
Conseils pratiques :
Pour écouter la dernière édition de la revue de la presse française et lire sa transcription, allez sur la page : http://www.rfi.fr/emission/revue-presse-francaise. Vous y trouverez également l'accès aux archives.
Marie Rousse
Article publié le 25/06/2008