publicite publicite
Rechercher

/ languages

Choisir langue
Mots de l'actu
 
Annonce Goooogle
Annonce Goooogle
Enseigner

Dossiers pour la classe

Enseigner avec la radio

Le service des sports RFI
© Aurélia Blanc

Les commentaires sportifs

L’actualité sportive occupe une place importante dans les médias de l’information, notamment à travers les comptes rendus des grands événements sportifs qui jalonnent l’année. Cependant, le traitement qui en est fait varie selon le support du média. Cet article s’attachera à relever les spécificités des commentaires sportifs à la radio, et à en exposer les principales fonctions.

 

Une fonction narrative et descriptive : raconter pour ceux qui ne voient pas

Lors de commentaires de matchs en direct à la radio, le journaliste décrit en temps réel les actions qui ont lieu sur le terrain afin que les auditeurs puissent se figurer les images du jeu.


Une grande partie de ces commentaires concerne les déplacements des joueurs et les actions qu’ils mènent. Sur le plan lexical, le journaliste sportif puise donc abondamment dans le registre des verbes de mouvement et de déplacement.
En outre, pour restituer la chronologie des actions, le journaliste sportif parsème son discours de connecteurs temporels et joue sur les différents temps des verbes.
Il utilise également de nombreux marqueurs spatiaux pour indiquer le positionnement des joueurs les uns par rapport aux autres. (ex : « Il se dégage de X, il dépasse le numéro 10, Z arrive en courant par la gauche, il prend la balle, il court, il court très vite, il dépasse la défense… »).

Par ailleurs, le journaliste sportif utilise des termes spécifiques au champ lexical du sport pour désigner les postes occupés par les joueurs (ex : ouvreur, ailier, demi de mêlée, attaquant, défenseur, etc.), les équipes auxquelles ils appartiennent (ex : Ligue 1, OM / Olympique de Marseille, Bayern Munich…), les actions de jeu (ex : essai, chandelle, pénalité, penalty, relance, reprise de volée, tacle, etc.), ou encore les mouvements et les déplacements des joueurs (ex : se démarquer, dribbler, attaquer, capter, jouer en appui, jouer en déviation, etc.).

Le commentaire du journaliste sportif décrit avec vivacité l’action qui se déroule sur le terrain pour donner aux auditeurs le sentiment d’assister au match. Le débit de parole du commentateur tend ainsi à se calquer sur le rythme des actions, pour connaître de brusques accélérations quand il décrit des événements qui s’enchaînent à toute vitesse. Il peut aussi choisir d’introduire des effets de suspense en ralentissant son débit sur une intonation tendue avant d’annoncer un résultat important.

Ces variations de rythme et de ton permettent aux commentaires de refléter l’intensité de l’action, tout en éveillant chez l’auditeur une réponse émotionnelle qui entretient l’illusion de la présence.


Une fonction explicative : informer sur le contexte

Au début de la rencontre sportive, le journaliste radio qui va commenter le match en rappelle très souvent le contexte : le nom de la compétition (ex : Coupe du monde, Coupe d’Europe), le niveau de la compétition (ex : quart de finale, finale, match amical, match d’élimination, etc.), le nom des équipes en jeu et leur nationalité (s’il ne s’agit pas d’équipes nationales), le lieu de la rencontre (pays, ville, et éventuellement nom du stade).

En outre, les journalistes qui commentent les matchs à la radio proposent très régulièrement un petit bilan sur l’avancement du match : le moment du match, le nom de la rencontre, l’équipe qui mène, le score, etc. Cela permet d’informer régulièrement les auditeurs qui allument la radio en cours de match.

À la fin du match, les journalistes en profitent souvent pour faire un bilan final. Ainsi, ils évoquent les moments importants de la rencontre, les revirements de situation et récapitulent le résultat du match (ex : « on n’y croyait plus, mais pourtant, il l’ont fait, ils ont réussi, c’est gagné ! »). De la même manière, ils rappellent le nom du vainqueur de la rencontre et expliquent le calendrier de la suite de la compétition (ex : « L’équipe X se retrouve en demi-finale. Ils joueront donc contre l’équipe Z. Le match aura lieu samedi prochain à 20h00 »).


Le bilan est aussi le moment certains journalistes se hasardent parfois à faire des pronostics sur les futurs matchs à jouer (ex : « Ce ne sera pas facile, ils vont se retrouver face à une équipe plus forte qu’eux. Il va falloir qu’ils se reposent », etc.)

Ainsi, les commentaires de fin de match peuvent être l’occasion pour les journalistes d’exprimer leurs émotions ou leur jugement par rapport au match (ex : « un match magnifique, fantastique, remarquable… »).
Toutefois, le journaliste scrupuleux ne se départit pas de son impartialité : s'il peut manifester son enthousiasme à l'issue d'une rencontre particulièrement intéressante, il ne prendra parti pour aucune des équipes de la compétition.


Une fonction phatique : maintenir la communication avec les auditeurs

Pendant les matchs de foot et de rugby, les journalistes qui commentent à la radio doivent parfois « combler » certains silences : lors des « arrêts de jeu » notamment, les journalistes ne peuvent pas commenter les actions, mais ils doivent continuer à parler pour ne pas laisser de « blancs » à l’antenne. Dans ce cas, ils ont l’habitude de faire des digressions sur des sujets très variés :

  • ils parlent du temps réglementaire qu’il reste à jouer pour ce match
  • ils parlent de la météo (intempéries sur le stade)
  • ils en profitent pour donner leur opinion sur le déroulement du match (ex : « c’est un vrai plaisir pour les yeux ce match, c’est vraiment du grand football ce soir au Parc des Princes »)
  • ils évoquent les implications d’une victoire ou d’une défaite pour l’une ou l’autre des équipes (ex : « si jamais l’équipe X ne marque pas un essai dans les 10 minutes qui restent, ils peuvent dire au revoir à la Coupe du monde… »)
  • ils décrivent l’ambiance du stade, le nombre de supporters présents
  • ils commentent la saison d’un joueur (ex : « Cette saison, X n’est pas en pleine forme, il y a même des rumeurs qui circulent sur son départ en retraite un peu prématuré… »)
  • ils parlent des blessures des joueurs (ex : « X est blessé, il se tient la cheville et il grimace. Il a l’air de souffrir, il s’est fait vraiment mal là, je crois… »)


Ces digressions sont autant de stratégies pour maintenir l’attention des auditeurs et pour les inciter à rester à l’écoute de la radio.


Marion Laflotte-Lefebvre et  Mathilde Landier

Article publié le 10/07/2008