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Les mots de l'actualité

ALERTE   28/11/2008

 

Le métro de New York en alerte ! C’est l’expression inquiète qu’on entend ces derniers jours. Risques d’attentat, menaces d’attentat, on voit bien que l’alerte est donnée. Le mot revient au fil des bulletins d’information.

Mais en fait, qu’est-ce qu’une alerte ? Le sens du mot ne présente pas de difficulté. Il s’agit d’un signal, d’une information, d’un indice qui révèle un danger, et en général un danger important et pressant, un danger imminent, c’est-à-dire sur le point de se matérialiser.

Le mot, en français, est original par son origine. Il dérive de l’italien, et pas vraiment d’un mot, mais d’une expression qui sonnait déjà comme un cri d’alarme. On peut d’ailleurs remarquer la proximité de ces deux mots, « alerte » et « alarme ». Et la formation de l’un permet de mieux comprendre l’autre.

« Alarme » se comprend quand on le décompose. C’est le singulier de « aux armes » : un appel à la défense (ou à l’attaque), un signal d’urgence, en tout cas. « Alerte » fonctionne un peu de la même façon. L’expression apparaît en français au XVIe siècle, et peut se transcrire à peu près par « debout ». En effet, all’erta signifie, en italien, sur la hauteur, sur la crête.

Peut-on comprendre l’expression comme une injonction à monter sur les remparts, sur les créneaux pour voir le danger qui arrive ? Ce n’est pas aussi littéral que cela, mais l’image est bien celle-ci. Cela signifie à la fois : debout, ne restez pas endormi ; et rendez-vous compte, soyez conscient du danger qui vous menace. L’alerte serait donc le moment qui précède immédiatement l’alarme ! En tout cas, l’alerte est faite pour susciter l’attention. On vous invite à être à l’affût, sur le qui-vive, autres expressions anciennes qui évoquent la bataille ou la chasse.

L’alerte précède-t-elle toujours le danger ? Pas forcément, et heureusement. Non seulement elle aide à le combattre et à s’en prémunir, mais parfois elle fait peur sans que la réalité soit vraiment menaçante. C’est la « fausse alerte », une expression qu’on emploie après coup, lorsqu’on se rend compte, justement, qu’on a eu peur pour rien.

Des pas dans l’escalier ? Fausse alerte, c’est le chat ! Un mari jaloux pour nous surprendre ? Fausse alerte, c’est l’employé du gaz qui vient relever le compteur. Cette expression de « fausse alerte » s’accompagne toujours d’une certain soulagement.

Mais même quand on ne la décrit pas comme fausse, l’alerte s’oppose assez souvent au danger effectif, ou en tout cas sans appel. Une alerte cardiaque doit être prise au sérieux, mais c’est davantage un signal qui incite à la prudence qu’une crise. On s’est arrêté à temps. Et aujourd’hui, bien souvent, on construit le mot avec un complément qui indique le type de danger qu’on redoute : alerte à la bombe, alerte au feu, etc.

Quant au verbe « alerter », il est d’un usage plus souple encore. Cela signifie simplement informer d’une situation inquiétante ou négative. Un enfant battu ? On peut alerter les services sociaux... avec toujours cette difficulté pour savoir la subtile différence entre « alerter » et « dénoncer ».

 
Coproduction du Centre national de Documentation Pédagogique.
http://www.cndp.fr/

Yvan  Amar

Article publié le 28/11/2008