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Les mots de l'actualité
La Réserve fédérale américaine vient d’annoncer qu’elle abaissait son taux directeur à des niveaux encore jamais atteints : entre 0% et 0,25% pour tenter de relancer la croissance économique.
Ces mécanismes économiques sont souvent difficiles à comprendre, mais on a compris le sens du mot « taux » dans ce contexte. Il s’agit de déterminer un pourcentage, une proportion. On utilise souvent le mot lorsqu’il faut préciser quels seront les intérêts d’un emprunt. On peut emprunter à un taux avantageux, ou au contraire à un taux élevé, voire un taux très élevé – un taux prohibitif, entend-on dire parfois et, dans ce sens-là, « prohibitif » signifie trop élevé, excessif, qui décourage d’emprunter.
Le taux, c’est donc le rapport qui existe entre la somme prêtée et l’intérêt annuel. Et ce qu’on appelle « taux directeur » est celui qui est pratiqué par la Banque centrale d’un pays, et qui peut servir de base de calcul pour d’autres opérations de prêt.
Dans ce sens-là, le mot « taux » est presque synonyme de pourcentage. Et on utilise aussi ce mot quand on parle d’impôts. Il s’agit de la proportion d’impôts à payer pour une certaine somme qu’on a gagnée.
Le même mot peut aussi s’employer dans des circonstances très différentes. Si, par exemple, vous êtes soumis à un alcootest, c’est pour déterminer votre taux d’alcoolémie : un gramme, un gramme et demi, deux grammes d’alcool par litre.
Il s’agit encore d’une proportion, ce qu’on retrouve si on vous parle du taux de scolarisation dans un pays, ou de taux de mortalité. Il est toujours question de la relation d’une valeur à une autre, pour mesurer leur rapport. Ce qui s’exprime de façon très abstraite et très compréhensible avec ce drôle de mot de « pourcentage », un mot à la fois très mathématique et à l’origine assez familière. Il est bien sûr formé à partir de l’expression des proportions, à partir des formules 1%, 2%, 30%, etc.
D’un point de vue linguistique, le mot « taux » est assez étrange. D’abord, on peut noter qu’il se termine par un « x », même au singulier, ce qui est inhabituel. Les mots qui se terminent par « –aux » sont en général du pluriel, en français, et leur singulier est en « –al » : un « cheval », des « chevaux ». Mais là, il ne s’agit pas de dire un « tal », des « taux ». Le mot est donc une exception étrange qui, en fait, se rattache au verbe « taxer ».
Yvan Amar
Article publié le 18/12/2008
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