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Le français de l'éco

La Chronique des matières premières présente un grand intérêt pour un apprentissage du français à visée professionnelle, de par la langue utilisée et les informations véhiculées. Si elles s’adressent en premier lieu à un public francophone, ces chroniques seront travaillées utilement en classe de français professionnel de l’économie. Avant toute exploitation pédagogique, une analyse des caractéristiques principales et des particularités de cette chronique paraît utile.
La chronique des matières premières informe quotidiennement du cours des ressources naturelles et autres produits dérivés, et présente les enjeux économiques et les acteurs de ces marchés.
Chaque jour de la semaine, une matière première ou un pays producteur est à l’honneur. Les mécanismes en jeu (échanges, importations, exportations) sont ainsi décortiqués, en contexte, pour mieux rendre compte des tendances de ces marchés très fluctuants.
Les chroniques rendent compte de tous les évènements concrets liés aux marchés des matières premières, et pas seulement des hauts et des bas quotidiens des cours sur les marchés boursiers. Elles sont construites à partir de faits réels, qui peuvent être d’ordre géopolitique (tensions politiques entre le Vénézuela, producteur de pétrole, et les États-Unis, gros consommateur d’essence), climatique (sécheresses ou pluies abondantes), financier, voire sociologique (hausse de la demande d’or et de fleurs à la Saint-Valentin ou de chocolat à Noël).
Les chroniques tirent les conséquences de chaque événement qui influence le cours d’une matière première. Les événements locaux (tempête, accident minier) ou internationaux (tensions politiques entre pays importateurs et exportateurs), ont tous leur importance dans l’analyse des tendances de ces marchés.
Les événements qui ont une répercussion directe ou indirecte sur les valeurs des produits sont donc exposés, pour mieux comprendre ce qui fait bouger les cours des matières premières sur les Bourses mondiales.
L’une des ambitions de cette chronique est de faire réfléchir les auditeurs à partir de cas concrets.
L’intention des chroniques est d’analyser l’évolution boursière d’une matière première, et d’amener les auditeurs à en comprendre les tenants et aboutissants. Chaque chronique permet de déceler les problématiques liées au cours d’une matière première.
L’analyse de l’offre et de la demande est ainsi mise en perspective, et chaque phénomène de hausse ou de baisse est toujours expliqué à l’aide du contexte économique, voire politique.
Il s’agit de faire comprendre aux auditeurs le fonctionnement général de ces marchés et de leurs « caprices » apparents, sans prétendre faire de l’économie une science exacte !
Les chroniques sont construites selon un schéma qui obéit à certaines règles. On y retrouve une attaque, une chute et un développement. L’attaque et la chute donnent un rythme soutenu aux chroniques. L’attaque entre en général dans le vif du sujet (« Pour les premiers consommateurs d’or au monde, les Indiens, le métal précieux est aujourd’hui hors de prix.»). La chute conclut souvent sur une affirmation, ou donne une réponse à une question centrale, posée dans la chronique (« Ceux qui transforment aujourd'hui leurs capitaux en or n'ont visiblement plus confiance dans leur monnaie nationale. »)
Une chronique est toujours illustrée d’exemples : l’analyse s’appuie sur des constats concrets tout au long du développement. Des généralités sont tirées de faits précis ; on observe un aller-retour constant entre des faits généraux et les exemples qui les illustrent.
L’information est ainsi traitée de manière vivante et toujours concrète, pour permettre aux auditeurs de suivre le fil du raisonnement d’une chronique. N’oublions pas que le format des chroniques, qui est de 2 minutes, apporte une contrainte de temps.
Intérêt du titre : le titre n’est pas annoncé lors du passage de la chronique à la radio. Il apparaît seulement à la lecture, sur le site internet de RFI.
Les thèmes traités dans chaque chronique sont indiqués par le titre. Les titres sont explicites (« L’or, grand gagnant de la crise »). Il s’agit en général de phrases nominalisées (« Le rouble et la banane, destins croisés », « Dragon chinois, le retour »).
La matière première ou le pays concerné par la chronique du jour sont toujours cités, avec parfois des jeux de mots, des rimes, une certaine dose d’humour (« Le caoutchouc, hyper mou », « Le cuivre, paradis artificiel des investisseurs », « La demande et les prix du gaz s’évaporent »). Le second degré d’un titre, s’il n’est pas compris en classe, n’est cependant pas essentiel à la compréhension générale de la chronique.
L’objectif des chroniques est avant tout de les rendre accessibles au plus grand nombre d’auditeurs, grâce à une langue riche et imagée.
Si des pré-requis – une culture générale ou un intérêt particulier pour l’économie – peuvent aider à la compréhension, une connaissance préalable du domaine spécialisé des matières premières n’est pas forcément nécessaire pour suivre ces chroniques.
La langue utilisée lors des chroniques est d’un style bien particulier, grâce aux expressions imagées et aux jeux de mots. Le vocabulaire n’est pas seulement technique et spécialisé, mais emprunte à divers registres de langue, plus littéraires et métaphoriques (« Même déguisée en dragon, une hirondelle chinoise ne suffit pas pour déclarer l'arrivée du printemps »).
Les expressions imagées rendent les chroniques plus vivantes et plus accessibles (« Les cartes ont été redistribuées par l’hécatombe sur le marché des métaux »).
Pour retrouver la chronique, rendez-vous sur la page de la Chronique des matières premières : http://www.rfi.fr/radiofr/emissions/109/accueil_491.asp
Marine Bechtel
Article publié le 18/05/2009