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Mots de l'actu |
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L'actu du FLE
Le monde du français

Dans un décor de banque, une expo tout public très originale autour de la langue française et de ses parlures, comme disent les Québécois.
Parachute doré et délit d’initié, guichet du change ou de l’emprunt : les expressions sont détournées du domaine financier, sans qu’il n’y ait corruption à la clef ! Ici, contrairement aux banques et autres marchés financiers, les mots n’ont pas de prix et ne connaissent pas la crise. Pour résumer l’esprit du lieu : un mot s’emprunte, sans remboursement ni intérêt.
La richesse des mots est ici mise à l’honneur avec humour. L’exposition est surtout l’occasion d’offrir des pistes de réflexion autour de la valeur et du poids des mots. Une association suisse est à l’origine de cette expo, qui s’adresse aux adultes comme aux enfants : l’association Semaines de la lecture. Son objectif est de promouvoir la lecture auprès de tous, grâce à des expositions comme celle-ci : la troisième du genre. A l’origine, des linguistes qui plébiscitent une langue proche des gens, non élitiste.
Cette année, le salon du livre de Genève accueillait l’exposition, initiée en janvier 2009 à Fribourg. C’est l’occasion d’un entretien avec Agnès Jobin, membre fondatrice du comité des Semaines de la lecture, qui nous présente l’exposition et ses installations.
Pourquoi un décor de banque ? Est-ce un clin d’œil à la Suisse et à ses établissements financiers, ses refuges fiscaux ? Un pied de nez à la crise financière ? Derrière le côté ludique et les jeux de mots : une réflexion plus poussée sur la langue. On retrouve en fait le même vocabulaire pour parler d’argent ou pour parler des mots. Ecoutez plutôt.
Commençons par « le guichet du capital », qui permet de calculer son capital linguistique : combien de mots connaissez-vous?
Puis, direction « le guichet du change » (ou « le français prend l’air »). Et oui, les mots changent, ont des variantes, selon les pays francophones où ils sont utilisés. Ces différentes manières de parler, ce sont les parlures. Ici déclinées le temps d’une fable : un franco-français en prise avec d’autres façons de s’exprimer, dans la même langue pourtant !
Petite pause. Quelles sont les réactions ? Que pensent les gens qui voient l’expo ?
Passons au « guichet de l’emprunt et du prêt». Les mots, on n’a pas à les rendre, ni à les reconduire à la frontière. Ici, les mots sont voyageurs. Au comptoir de ce guichet, on peut découvrir les emprunts multiples de la langue française aux autres langues. Et ceux qu’elle a prêtés à d’autres langues aussi.
Rentrons ensuite dans « le couloir des mots ». Un couloir qui évoque le pouvoir des mots, avec des lingots : « le mot qui sauve », « les mots qui tuent », « les mots qui engagent ». Mais aussi, les « mots cœur », les « mots dits » au sol du couloir.
Détour par « le parachute doré ou délit d’initié ». Les jeux de mot, les jeux d’esprits : pour les comprendre, il faut manier la langue, y être initié.
On arrive à « la salle des coffres ». Dans des tiroirs coffres-forts nous attendent des définitions. Où l’on apprend notamment l’origine du mot nicotine et l’évolution au fil du temps des définitions, souvent édifiantes, du mot « femme » dans le dictionnaire.
« Qu’est-ce qu’un mot ? » Connaître tous les aspects d’un mot et d’abord savoir qu’il a de multiples facettes. Liaisons à prononcer correctement, codes culturels à connaître, double ou quadruple sens d’un mot : pas facile le français !
« L’art des mots » : de la lecture féminine notamment.
On peut trouver sur le site de l’association un dossier pédagogique autour de cette exposition.
Une expo tournante et une pirouette.
Marine Bechtel
Article publié le 05/05/2010