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Dossiers pour la classe

Si loin si proche emmène ses auditeurs à l'autre bout du monde par la puissance évocatrice des sons et de la voix. Objectif : montrer tout ce que nos cultures ont de semblable et d'unique à la fois. Montrer aussi qu'il n'y a pas besoin d'aller bien loin pour s'émerveiller : le voyage peut commencer en bas de chez soi.
Cette émission offre une matière unique et précieuse pour l'enseignant qui souhaite amener dans sa classe les sons du monde réel, quel que soit le niveau de ses élèves (de débutant à avancé). Elle permet d'instaurer une nouvelle dynamique d'écoute qui donne toute sa place au repérage sonore, afin de travailler de manière vivante la compétence de compréhension orale.
Un voyage par procuration
Les reportages de Si loin si proche fournissent à l'enseignant de FLE une grande variété de documents sonores authentique vivants qui captent l'attention des élèves, éveillent leur curiosité et ouvrent leur imaginaire.
Ce magazine de reportages fait en effet découvrir chaque semaine une nouvelle destination. Pour faire partie du voyage, il suffit d'être curieux. Cette émission offre surtout l'opportunité aux auditeurs de voyager depuis chez eux, par les ondes.
Dans Si loin si proche, le voyage est considéré dans son sens le plus large. Il ne s'agit pas seulement de se déplacer dans l'espace, mais aussi dans le temps. L'histoire tient une place importante dans la plupart des sujets abordés. Par exemple, le voyage à Sao Tomé est l'occasion d'évoquer l'histoire de l'esclavage sur cette île du golfe de Guinée, ou celui en Irlande du Nord, de revenir sur les traces de la guerre entre loyalistes et républicains.
Si loin si proche s'intéresse à tous les continents : des Amériques (Canada, Brésil, Argentine) à l'Afrique (Maroc, Mali, Sénégal) en passant par l'Asie (Bhoutan, Laos). Mais les sujets européens restent majoritaires pour des questions pratiques de réalisation et de proximité géographique. Les auditeurs-voyageurs sont eux aussi éparpillés dans le monde entier. Ils sont de tous âges et de toutes nationalités et ont des profils bien différents.
L'émission permet d'aborder l'interculturel en classe de FLE. Un sujet comme « un mariage au Laos » peut donner lieu à une discussion collective et un partage d'expériences personnelles : « Comment se passe un mariage dans votre pays? » Cela rejoint l'objectif de Si loin si proche : faire interagir et communiquer plusieurs cultures entre elles par le biais de ses reportages.
La curiosité avant tout
Dans ses reportages, Si loin si proche ne fait pas appel à des spécialistes. Ce qui compte, c'est la rencontre authentique sur le terrain et l'échange avec les « locaux ». L'objectif est de comprendre une réalité à travers les yeux de ceux qui la vivent au quotidien, que ce soit dans les coulisses d'un théâtre parisien avec une costumière ou en plein désert de Mauritanie avec un guide berbère. L'ouverture d'esprit des reporters vis à vis des personnes interviewées fait que des questions en apparence naïves débouchent bien souvent sur des problématiques beaucoup plus complexes. Il ne s’agit pas seulement de divertir les auditeurs, mais aussi de leur donner des pistes de réflexion (la place de l’écrivain en Irlande, la biodiversité du fleuve Congo).
La structure de l'émission
L'émission dure 47 minutes et traite autant que possible d'un sujet unique. Ce sujet se décline en plusieurs reportages qui suivent un seul et même fil conducteur. C'est le cas de l’émission « Sur les pas des Beatles à Liverpool » par exemple. Chaque reportage éclaire un aspect différent du thème central : dans ce reportage, les Beatles restent la plus grande attraction de Liverpool.
Il arrive cependant que l'émission se compose de deux ou trois sujets plus courts qui n'ont pas spécialement de rapport les uns avec les autres (« Une auberge de Jeunesse à Soweto » puis « L’Usine à son de Cunlhat en Auvergne » le 9 janvier 2009).Si loin si proche peut s'intéresser à un pays : « l'Islande : pour sentir vivre la terre » ou « l'Irlande, terre d'écrivains », à une ville: « Venise insolite » ou « Stockholm, séduisante suédoise » et même à un quartier en particulier, comme le Kazimiertz, le quartier juif de Cracovie en Pologne.
De temps en temps, l'émission couvre un événement culturel lié au patrimoine ou à l'histoire d'un village, d'une ville ou d'une région : les carnavals singuliers en Suisse, les Fallas de Valence en Espagne ou encore la célébration d'un mariage au Laos.
Parfois, c'est un personnage ou un lieu historique qui est au centre de l'émission. Les loisirs sont aussi à l'honneur : « les nouveaux loisirs de la neige » ou « les loisirs, tendance moteurs ».
L'équipe de Si loin si proche est composée de journalistes. Lors du choix des sujets, l'actualité est donc un facteur primordial.
Ludovic Dunod, producteur et présentateur de l'émission, travaille avec la réalisatrice Olga Samssonow et des reporters, comme Cécile Develay-Mazurelle, Anne Riou, Ziad Maalouf, Alice Milot ou encore Alexia Gaillard. Les sujets sont choisis et préparés à Paris, puis les reporters se rendent sur place. Même si une partie des contenus est définie et certains contacts sont établis à l'avance, une fois sur le terrain, les journalistes laissent toujours la porte ouverte à l'inattendu.
La place du reporter
Les reporters de Si loin si proche font leurs interviews en contexte : il ne s'agit pas d'un face à face dans un espace neutre entre celui qui pose les questions et celui qui y répond ! Le reporter cherche systématiquement à mettre les « personnages » de son reportage « en situation ». Et la situation prend parfois le dessus de façon inattendue : comme dans le sujet sur les « loisirs, tendance moteur », où la reporter se retrouve dans une voiture lancée sur une piste de course à plus de 200 kilomètres/heure ou dans celui sur le carnaval d'Ivrea en Italie, où elle se retrouve au beau milieu d'une bataille d'oranges ! Cette prise de parole sur le terrain, « au cœur de l'action », dynamise la voix du reporter.
Les reportages reposent sur un équilibre complexe entre le commentaire – le journaliste décrit ce qu'il observe et ce qui se passe autour de lui – et l'information – des personnes interviewées expliquent, racontent, analysent la situation. L'objectif est que l'information arrive de manière spontanée et naturelle.Dans l’émission, les voix ont des rôles bien précis : le reporter décrit ce qu'il voit et pose des questions à la personne interviewée, la personne interviewée répond à ces questions et donne des explications. En studio, le présentateur introduit le sujet et intervient pour situer les choses et contextualiser.
De plus, la voix des personnes interviewées dans le reportage est essentielle : elle permet de faire entendre des émotions. Les mots choisis et assemblés, l'inflexion de la voix, permettent à l'auditeur de construire ses propres images.
La voix du présentateur, en studio, a tout autant d'importance. Elle donne de la présence, de la convivialité à l'émission. Les interventions de Ludovic Dunod, entre ou pendant les reportages, marquent des transitions d'une séquence à l'autre. Bien souvent, il dialogue avec le reporter qui s'est rendu sur place. Ce dernier raconte ce qu'il a vécu, apportent des informations supplémentaires, tout en laissant le reportage au premier plan. Les sons du monde réel constituent bien les neuf dixième de l'émission.
Les voix, comme les sons et les ambiances, donnent des indices importants pour la compréhension du document sonore. Avant même de prêter attention au sens des mots, il est important d'écouter le ton et le débit des voix. Une voix monotone, enthousiaste ou sérieuse fournit déjà des indices sur le sujet avant même que l’auditeur ait compris le sens des propos.
La richesse des sons en classe de FLE
En classe de Français Langue Étrangère, une telle variété sonore permet d'éveiller l'écoute et d'aborder la compréhension orale de manière ludique. Lors d'une première écoute, les sons entendus dans un reportage donnent parfois de fausses pistes concernant le sens de l'extrait sonore. Il peut être intéressant de prêter attention à ce que racontent les sons avant de comprendre ce que racontent les mots : dans l'émission sur « les loisirs, tendance moteur », on entend une voiture vrombir, des pneus crisser et des passagers hurler. On peut se demander si on est réellement pris dans une course-poursuite entre la police et des voleurs. On comprend par la suite qu'il s'agit d'une mise en scène et que les passagers ne sont autres qu'une bande d'amis qui s'essayent à de nouvelles sensations.
Cette matière sonore se prête très bien à l'hypothèse et aux déductions : « Qu'est-ce qu'on entend ? Où se trouve-t-on ? De quoi s'agit-il ? » Ces hypothèse de départ peuvent être confirmées ou contredites par la suite, lors des activités de compréhension détaillés.
Les sons déclenchent des réactions chez tout le monde. Il est donc très intéressant pour l'enseignant de partir sur ces premières impressions. Cela permet d'éviter les blocages de certains élèves dès la première écoute avec le typique « j'ai rien compris ! ». Avec ces reportages, tout le monde a l'opportunité de comprendre quelque chose, quel que soit le niveau.La francophonie
La plupart du temps, les reporters cherchent des interlocuteurs francophones afin d'éviter le doublage. L'émission forme une grande mosaïque d'accents : québécois, africains mais aussi anglais ou espagnols, selon le lieu des reportages. L'enseignant peut mener des activités afin de faire reconnaître et localiser ces accents, que l'on entend trop peu dans les médias. Ou il peut simplement attirer l'attention de ses élèves sur leurs caractéristiques.
La spontanéité
Dans les reportages de Si loin si proche la parole est spontanée. Les reporters essayent d'échapper au ton journalistique caractéristique des reportages radiophoniques « traditionnels ». Ils dialoguent plus qu'ils n'interviewent. Cela permet à l'enseignant de sensibiliser ses élèves à la langue française telle qu'elle se parle, y compris au niveau des intonations (la surprise, l'étonnement).
La description
La langue employée dans l'émission fait appel aux cinq sens : la vue bien sûr, mais aussi le goût, le toucher, l'ouïe, l'odorat. Le vocabulaire, précis, évocateur, parfois spécialisé, sert à donner le maximum d'indications sur le lieu et le contexte du reportage.
Ce choix habile des mots donne parfois un ton poétique et littéraire aux interventions en studio de Ludovic Dunod. Il peut être intéressant d'étudier les nuances et les subtilités de ces descriptions en classe de français, avec des niveaux avancés, en analysant la dimension littéraire des interventions de Ludovic Dunod.
Pour retrouver l'émission, rendez-vous sur la page de Si loin si proche : http://www.rfi.fr/emission/loin-proche
Déborah Gros
Article publié le 22/11/2010