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Les mots de l'actualité
« J’accélère » a déclaré le président François Hollande dans le message qu’il a donné dimanche dernier. Il s’agissait peut-être de donner une information sur les rythmes avec lesquels les mesures, notamment contre le chômage, allaient être mises en application. Mais il s’agit aussi d’autre chose : de montrer qu’il est à l’écoute, qu’il répond aux attentes qu’il perçoit. Montrer également qu’il n’est pas dans la précipitation, mais dans une vitesse maitrisée et qui peut se modifier, se moduler.
Accélérer est un mot assez original, fort ancien, et qui apparait souvent comme plutôt moderne. On le trouve en français dès le 14ème siècle : ça lui donne un âge certain ! Et il est formé à partir de l’adjectif latin celer, qui signifie rapide, et d’où dérive le nom célérité, mot peu fréquent qui évoque la rapidité d’allure : il set arrivé avec célérité ! Alors pourquoi son air moderne ? Parce qu’il s’est répandu grâce à l’accélérateur. Ce mot s’est répandu au 20ème siècle, même s’il existe auparavant, pour désigner le système, et plus précisément la manette ou la pédale qui permet de faire tourner un moteur plus vite. L’accélérateur naît pratiquement avec la voiture, invention phare du siècle dernier. Accélérer, c’est donc donner un coup d’accélérateur, appuyer sur l’accélérateur, appuyer sur le champignon comme on disait il y a quelques décennies. Aller plus vite donc de façon délibérée et en utilisant les techniques de pointe.
Alors pour exprimer la même idée, on a toute une série d’images qui dérivent également de la mécanique, le plus souvent des voitures, ou parfois d’autres moyens de transport. On peut passer à la vitesse supérieure ; on peut même faire quelque chose en quatrième vitesse, référence à une époque cette fameuse quatrième correspondait au rapport de transmission qui permettait d’aller le plus vite. Alors que maintenant, on a des 5ème et des 6ème vitesses. Et beaucoup de voitures dites automatiques, pour lesquelles ces expressions ne veulent rien dire. Mais dans la langue, c’est toujours la quatrième vitesse qui surclasse les autres.
Toutes les expressions ne sont pas assurées de survivre aux techniques qui les ont fait naître. Pendant quelques années, on a passé le turbo, on a mis le turbo pour dire que justement, on allait soudain plus vite. Mais maintenant on ne le dit plus tellement, puisque cette technique, le turbo, est intégrée à d’autres et que le mot est devenu presque désuet.
Yvan Amar
Article publié le 11/09/2012
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