publicite publicite
Rechercher

/ languages

Choisir langue
Mots de l'actu
 
Annonce Goooogle
Annonce Goooogle
Comprendre l'actualité

Les mots de l'actualité

Mots de l'actu - C
© RFI / Anthony Terrade

CURE   11/10/2012

 

La Grèce en cure d’austérité ? C’est en tout cas comme ça qu’elle est présentée dans les médias. Et bien que ce soit une formule assez journalistique, on en comprend aisément le sens. Pendant un temps, qu’on espère court, mais dont on ne connait pas la durée, la Grèce va suivre un régime austère : peu de dépenses, peu de création d’emplois. Il faut bien que la Grèce guérisse de sa maladie économique. C’est bien cela qui est impliqué dans cette façon de s’exprimer. Et en effet le mot cure évoque un traitement médical, un processus qui doit amener une guérison, ou en tout cas une amélioration sensible.

Mais quand on parle de cure médicale, on n’évoque pas n’importe quel traitement : il ne s’agit pas seulement d’un cocktail de médicaments, mais beaucoup plus d’un certain mode de vie qui est adopté pour une durée provisoire. La cure se présente donc d’abord sous le signe d’un changement radical, et la plupart du temps d’un renoncement, d’un abandon de quelque chose. On se prive donc de ce à quoi on est était habitué, trop habitué peut-être, et qui avait créé une dépendance. On pense tout de suite bien sûr aux cures de désintoxication qui vous désaccoutument d’une substance dont on ne peut plus se passer : alcool, drogue… ou même, puis que les addictions semblent être un mal de ce siècle, la pratique de l’internet ou des jeux vidéo ! En tout cas, il s’agit d’un traitement de choc, momentané, qui permet d’affronter le manque, grâce à un soutien psychologique ou médicamenteux. Et grâce aussi à une rupture nette avec la vie qu’on menait auparavant : une cure est souvent une retraite, une disparition de l’existence quotidienne : on se purge ! On pensera d’ailleurs tout naturellement aux cures thermales. Elles semblent un peu surannées aujourd’hui, plus très à la mode, alors qu’elles l’ont été furieusement. Quand on faisait une cure de ce genre, on allait prendre les eaux. C’est dire qu’on se rendait dans une localité connue pour ses vertus curatives : un bon air, mais surtout une bonne eau, ou de bonnes eaux, censées guérir. Avec parfois en prime, des bains de boue qui assouplissent les articulations. C’est tout cela qu’on appelait le thermalisme, et qui a fait la fortune de certaines petites villes, qui construisaient pour les malades fortunés et oisifs, des hôtels de luxe et des casinos. On a aussi des cures où l’on se plonge plus dans le trop que dans le trop peu : une cure de sommeil par exemple, est une période pendant laquelle on va se donner les moyens de dormir beaucoup pour réparer un criant manque de sommeil.  Et quand par extension, on dit qu’on fait une cure d’asperges, d’abricots, c’est que, de façon plaisante, on fait comprendre que pendant un temps, on va s’en bourrer.

Maintenant il y a une autre utilisation du mot, au figuré, et souvent en politique : une cure d’austérité, c’est donc un moment nécessaire d’austérité, pour se remettre en selle. Et une cure d’opposition, c’est le moment que passe un parti qui a été au pouvoir, dans la situation inverse, pour tenter de refaire ses forces.

 
Coproduction du Centre national de Documentation Pédagogique.
http://www.cndp.fr/

Yvan  Amar

Article publié le 11/10/2012