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Spécial RFI : Les mots français semés dans les langues de RFI

Arabe : le français en musique

Lorsque l’on parle de musique en arabe ou lorsqu’on l’écrit, on a souvent recours à un lexique français que ce soit pour désigner les notes, remplir la partition ou nommer certains instruments.

Alors que de nombreux emprunts de la vie courante ont pris des formes différentes selon les diverses variétés de l'arabe, le domaine de la musique a généralement conservé la prononciation d’origine.

 

Les emprunts de la vie quotidienne


Dans la vie quotidienne,  de nombreux mots français sont entrés dans la langue soudanaise via l’Egypte, par exemple « djarasson » [dʒarason] : le serveur dans un restaurant, vient du français « garçon de café », « sechouar » [seʃwar] : le sèche-cheveux – du français « séchoir », « kouafeur » [kwafœr] : le coiffeur et « kouafur » [kwafyr] : la coiffure. Ces termes, utilisés à l’oral, sont rarement écrits, ou alors de manière informelle, et ne sont pas répertoriés dans les dictionnaires courants, d’autant qu’il existe souvent des équivalents en arabe.

Le 19ème siècle voit se préciser les domaines d’emprunts au Moyen-Orient (Syrie, Liban et dans une moindre part Égypte et Soudan) et en Afrique du Nord. Les plus courants sont ceux de la voiture, de l'habillement et de la mode. Aux termes précédents on peut ajouter, parmi tant d’autres : chemise : قميص [qamisʕ], pantalon : بنطلون [bantʕalun], maquillage : ماكياج [makija ʒ].

Il convient toutefois de considérer la grande variété des parles arabes selon les pays. Les mots français, acquis oralement, ont donc pris des formes différentes. Ainsi, « amortisseur » a pu devenir en Syrie « mortissour » [mortisur], au Maroc, « amortéssér » [amorteser]  voire « atmassor » [atmasor] au Liban.

FOCUS : MUSIQUE


Lorsque l’on parle de musique classique en arabe, et encore davantage lorsqu’on l’écrit, on a souvent recours au lexique français.

Le solfège
On emploie en effet le terme « solfège » : الصولفيج [al sulfiʒ] et pour désigner les figures de notes : croche, double croche, noire, et blanche.

Ces termes n’ont pas subi de transformation phonétique : ils sont prononcés à la française mais, souvent rapportés par des musiciens ayant étudié la musique classique en Europe, ces termes n’ont pas été intégrés à l’écrit.

La musique arabe, la musique égyptienne ont des constructions et un langage spécifiques pour lesquelles l’échelle « do, ré, mi » avec ses tons et demi-tons ne suffit pas (il existe des quart et des huitième de ton). De fait, il peut exister un double  usage du nom des notes dans certains pays comme au Maghreb: au nom occidental de la note correspond un nom arabe. Par exemple : sika = mi, mezmoum = fa. Ces termes désignent de plus un maqam, un système qui organise, entre autres, les intervalles entre chaque note).
Alors que l’hégémonie française au XIXème siècle a imposé ces références occidentales dans la région, les musiciens arabes se les appropriaient dans le même temps, créant ainsi un langage commun.

Dans la musique occidentale, le solfège (ou formation musicale) est l'étude des éléments permettant de lire, écrire, jouer ou chanter une partition. Le terme provient de l’italien solfeggio, lui-même dérivé des noms de notes sol et fa.

Le nom de certains instruments de musique, s’ils ne viennent pas pour la plupart du français, sont facilement reconnaissables : la guitare : قيثارة [qitara], le piano : بيانو [bianu], le saxophone : ساكسفون [saksufun], la batterie : بطارية [btʕaria].

Les notes de musique
La langue arabe, comme le français, désigne les notes par Do, Ré, Mi, Fa, Sol, La, Si
Ces noms sont apparus au 11e siècle. Auparavant, c’est la notation alphabétique qui était en usage, notation qui est d'ailleurs toujours d'usage dans les pays anglo-saxons et en Allemagne. En voici les correspondances :

A    B     C    D     E    F     G
La   Si   Do    Ré   Mi   Fa   Sol

C'est Guido d'Arezzo, théoricien de la musique qui, en 1028, s'inspira d'un hymne des vêpres (prière du soir) pour nommer chaque note de l'octave. L’objectif était d’en favoriser la mémorisation. Pour ce faire, il a détaché la première syllabe du début de chaque verset :

Utqueant laxis                                Pour que puissent
Resonare fibris                               résonner des cordes
Mira gestorum                               détendues de nos lèvres
Famuli tuorum                                les merveilles de tes actions,
Solve polluti                                   enlève le péché
Labii reatum                                  de ton impur serviteur,
Sancte Ionaes                                ô Saint Jean

Dans un premier temps, la gamme utilisée par Guido d'Arezzo ne comportait que 6 notes : ut, ré, mi, fa, sol, la. Le "si" n'est nommé qu'à la fin du 16e siècle. Le "ut" deviendra "do" au 17e siècle, sans doute pour une plus grande facilité de prononciation dans le chant.
Toutefois, les premières traces d'indications mélodiques remontent au 9e siècle avant JC en Orient. Des signes cunéiformes placés à gauche d'un poème religieux apparaissent en effet sur des tablettes sumériennes où cinq signes indiquent la manière de chanter.
En Grèce, vers le 5ème siècle avant JC, on relève une notation alphabétique composée de seize lettres pour deux octaves et 1 ton.

En arabe, le mot musique se dit موسيقة [musiqa].

Étymologie
« Musique », nom féminin, vient du latin musica, lui même issu du grec ancien μουσική [musike]. Ce terme est un dérivé de μουσικός qui signifie « ce qui concerne les Muses ; qui cultive la musique »).  Dans la mythologie grecque, les Muses sont filles de Zeus et Mnemosyne. Elles présidaient aux neufs Arts libéraux (Histoire, Musique, Comédie, Tragédie, Danse, Chœur lyrique, Poésie, Astronomie, Epopée). Parmi ceux-ci, Euterpe présidait à la Musique.



Expressions et proverbes

La musique adoucit les mœurs : la musique apaise, calme les sentiments, les querelles. Elle détend et a donc un effet positif sur le comportement en le rendant moins agressif.
Aller plus vite que la musique : être trop pressé.
Connaitre la musique : être au fait d'une affaire dans tous les détails ou être au courant de la routine. Se dit aussi en parlant d'un argument ou d'un lieu commun par trop entendu. Expression similaire: on connait la chanson. 
Être réglé comme du papier à musique : être exact et ponctuel dans tout ce qu’on fait, être bien organisé.
Mettre un bémol : modérer ses paroles, réduire ses exigences.
Avoir des trémolos dans la voix : se dit quand la voix tremble sous l’effet de l’émotion. Le tremolo est la vibration de notes répétées très rapidement sur un instrument à cordes.
Que me chantez-vous là ? Expression familière signifiant : Qu’est-ce que vous me racontez ? Lorsque l’on met en doute les paroles de quelqu’un.


La musique de la langue
On attribue aux langues une musicalité dont la perception est liée au rythme des phrases et aux sonorités des mots.

Citation :
« Pendant les intervalles des entr'actes, les conversations italiennes et la musique d'une langue étrangère parlée par des femmes ajoutaient encore à l'enchantement de cette soirée; car on sait qu'ignorer une langue rend l'oreille plus sensible à son harmonie. »
Charles Baudelaire, Les paradis artificiels

En poésie, on parle de la musique d’un vers quand la suite des sons et le rythme produisent une impression harmonieuse.

 
Petit dico franco-arabe


Du vocabulaire musical
La musique: موسيقة  [musiqa].
Le solfège : الصولفيج [al sulfiʒ]
Les figures de note : croche, double croche, la noire, la blanche – à l’oral
La guitare : قيثارة [qitara]
Le piano : بيانو [bianu]µ
Le saxophone: ساكسفون [saksufun]
La batterie : بطارية [btʕaria]

Du vocabulaire courant
Le serveur : « djarasson » [d ʒ arason] - du français « garçon de café »,
Le sèche-cheveux : « sechouar » [seʃwar]
Le coiffeur : « kouafeur » [kwafœr] 
La coiffure : « kouafur » [kwafyr]
La chemise : قميص [qamisʕ]
Le pantalon : بنطلون [bantʕalun]Le maquillage : ماكياج [makija ʒ]

 

Julie  Fournier Angelo

Article publié le 28/03/2013