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Les mots de l'actualité
L’armée française revoit ses ambitions à l’aune des économies budgétaires, apprend-on aujourd’hui dans la presse française. Et c’est l’exacte expression employée par RFI. On a compris l’information, on a déchiffré le message : c’est la crise, l’ensemble des budgets gouvernementaux est revu à la baisse, c'est-à-dire en termes clairs que ces budgets diminuent. Et celui des dépenses militaires n’échappe pas à cette règle : pas de régime de faveur ou d’exception qui favoriserait le fonctionnement de l’armée ou les investissements qui lui sont liés. Le budget est donc réduit. Comme tous les autres. Et dans les mêmes proportions, c’est surtout ça qui est exprimé par cette étonnante image : l’armé revoit ses ambitions à la mesure des économies budgétaires, ou conformément aux économies, ou encore en accord avec ces économies !
On voit bien que cette aune fonctionne non seulement comme une mesure, mais comme une unité de mesure, et même l’unité de mesure par excellence. C’est un modèle, c’est ce qui donne un ordre de grandeur.
Mais le mot aune a une histoire qui explique cet emploi. Il s’agit d’un bien vieux mot français, hérité de cette langue germanique qu’était le francique, et qui signifie au départ avant-bras, ou peut-être bras. Une étendue donc, dont la longueur vient du corps. La chose était fréquente : l’être humain étant la mesure de toute chose, dans la vie humaine : on avait les pieds, les pouces… on avait aussi l’aune. Combien mesurait-elle ? Environ 1,20 m. Diantre allez-vous penser ! Voilà des humains qui avaient le bras long… Mais fi ! On avait la longueur de bras qu’on voulait bien se donner, quitte à se vanter un peu. Et puis ces longueurs ont changé avec le temps. Il n’empêche… cette longueur de bras est impressionnante, et bien plus exagérée que les valeurs des pieds et des pouces : c’est au moins le bras et l’épée ! Et en ce sens, on ne la confondra pas avec la coudée, dont l’image est pourtant bien semblable.
C’était une mesure qui servait essentiellement pour mesurer les étoffes : on allait à la foire acheter quelques aunes de drap. Mais on sait que la Révolution française a inventé entre autre chose le système métrique, et que les mètres, les centimètres, les kilomètres ont remplacé les pouces, les pieds, et même les lieues.
Cela dit, les anciennes mesures ont la vie dure, et on parle encore dans des expressions toute faites. On fait par exemple une tête de six pieds de long, quand justement on la fait, la tête. Quand on est déçu, ou mécontent, mais qu’on ne l’exprime pas de façon tout à fait ouverte ou exubérante. Simplement la déception se voit sur son visage, dont on dit qu’il s’allonge justement parce qu’il fait six pieds !
Avertissement !
Ce texte est le document préparatoire à la chronique Le Mot de l’Actualité. Les contraintes de l’antenne et la durée précise de la chronique rendent indispensables un aménagement qui explique les différences entre les versions écrite et orales.
Coproduction du Centre national de Documentation Pédagogique.
http://www.cndp.fr/
Yvan Amar
Article publié le 30/04/2013
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