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L'actu du FLE

Début des festivités
Vendredi, devant le Kursaal de Besançon, il y a foule : les Bisontins font déjà la queue pour accéder aux festivités. Ils vont découvrir et savourer des mets préparés par des étudiants étrangers qui résident pendant plusieurs mois dans la capitale franc-comtoise. Le Tour du monde en 80 plats est en effet un évènement gastronomique et interculturel très attendu !
Le premier service est à 18 heures. Nous nous frayons un passage à travers la haie d’honneur que forment les étudiants : c’est devenu une tradition du Tour du monde, une manière de rendre hommage à l’hospitalité des habitants de leur ville d’adoption.

Nous accédons à la grande salle de spectacle, où les stands bien achalandés sont regroupés par aires culturelles (le Maghreb d’un côté, plus loin : le Chili et le Mexique), mais pas toujours ! L’Indonésie, la Corée du Sud, la Syrie (libre) côtoient la Roumanie, la Pologne et la Guinée, ainsi que des Kurdes et des Américains qui déambulent dans une salle qui se remplit rapidement.
Ces derniers n’ont pas de stand, mais un chariot à roulette : nos cuisiniers ambulants circulent dans la foule en proposant leurs denrées (muffins chocolat et courgette et autres spécialités). Un jeune Algérien trouve le stratagème particulièrement efficace !

L’ambiance est animée, chaleureuse : brouhaha, musique et bientôt applaudissements commencent à animer notre parcours, au beau milieu d’une foule bon enfant.
Les étudiants en sarongs indonésiens, sombrero mexicain, costume de caballero ou kimonos égayent la salle. Ils animent la soirée en montant régulièrement sur scène avec des chants et des danses de leur pays.
Florian Chappey, du service des activités culturelles du CLA, nous en dit un peu plus sur l’organisation de l’évènement gourmand devenu selon lui « un rendez-vous, un moment convivial où le temps s’arrête »

Le CLA, sous la tutelle de l’université de Franche Comté, est une institution au cœur de la cité bisontine. Elle accueille chaque année plus de 4000 étudiants et professeurs de français, qu'elle forme souvent pendant plusieurs mois, voire plusieurs années.
Evelyne Bérard, directrice du CLA, a connu les débuts de ce Tour du monde il y a plus de 25 ans à la cantine du CLA. Les étudiants proposaient régulièrement à la cantinière de cuisiner des plats typiques de leur pays.
Petit à petit, ce rendez-vous est devenu victime de son succès et est maintenant devenue un évènement grand public.
Les préparatifs

Le Tour du monde en 80 plats est bien entendu organisé longtemps à l’avance et les étudiants volontaires ont un gros travail de préparation pour arriver au résultat qui s’étale sous nos yeux.
Ils ont en charge les achats, la cuisine, mais aussi la vente de leurs plats : gado gado et nasi goreng indonésien ou houmous syrien. L’évènement est ainsi l’occasion pour eux de jouer à la marchande … en français !
Il s’agit souvent du premier séjour en immersion totale dans un pays francophone pour ces étudiants. Ils font un véritable travail linguistique, en situation, en amont de la manifestation, en commençant par la traduction de leurs recettes depuis leur langue maternelle au français.
Puis, outre le défi d’aller faire leur propre course en français, ils doivent aller chercher des ingrédients souvent difficiles à trouver dans la cité bisontine. Avant de partir pour la France, les étudiants emportent tout de même certains ingrédients dans leurs valises, qu’ils ne trouveraient pas à Besançon.
25 pays sont représentés, les 21 stands accueillant pas moins de 400 personnes : il faut donc pour les étudiants calculer les quantités suffisantes de nourriture à préparer ! La barquette en plastique (250g) devient l’unité de mesure : il en faut au moins 80 par plat. Les quantités sont impressionnantes.
Les menus changent selon les années, mais restent simples : les cuisiniers en herbe restent des amateurs. Niveau logistique, des familles bisontines participent dans un esprit d’échange en prêtant leur cuisine pour la préparation des plats.
L’ambiance s’échauffe

Au deuxième service, à 21 heures, l’ambiance a grimpé de plusieurs degrés, comme en témoigne la seconde haie d’honneur que les étudiants forment avec moult acclamations pour accueillir les Bisontins qui viennent d’arriver.
En fin de soirée, c’est la fête : tous les étudiants grimpent sur scène. Ils dansent, tapent des mains, agitent leurs drapeaux, se bousculent joyeusement.
Nous partons, le ventre bien rempli, au moment de la chenille : une indonésienne costumée, un kurde et un gamin bisontin mènent la ronde. À l’année prochaine !
Marine Bechtel et Lidwien van Dixhoorn
Article publié le 16/05/2013