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Les mots de l'actualité

A. Notaras
© A. Notaras

AUTORITARISME   21/06/2013

 

Le Monde d’aujourd’hui titre en première page sur l’autoritarisme à courte vue de M. Erdogan. En effet, l’attitude du Premier ministre turc et son intransigeance ont souvent été commentées dans la presse ces derniers jours. Nous ne prendrons pas position sur le fond, mais nous noterons simplement que l’autoritarisme n’est pas l’autorité. Mais le mot, qui est toujours péjoratif, qui émet toujours un jugement négatif sur l’attitude qu’il désigne, pointe un excès d’autorité. Pourtant ce n’est pas ce qui est notifié dans la définition du dictionnaire Robert : caractère, comportement d’une personne autoritaire. Et dans le Larousse, on trouve la même chose.

Pourtant il faut bien avouer que l’usage du mot ne correspond pas vraiment à ça : on parle d’autoritarisme quand on est en face d’une autorité considérée comme abusive. Plus encore, c’est une autorité qui ne s’occupe pas tellement de ce qu’elle ordonne, mais qui se soucie uniquement de se faire respecter : c’est l’autorité pour l’autorité. En fait nous sommes à l’opposé du sens du mot latin auctoritas, qui en est comme on dit l’étymon, c’set à dire l’origine. Auctoritas, c’est l’autorité naturelle, celle qui s’impose d’elle-même, sans décorum, sans signe extérieur, sans taper du poing sur la table. L’autoritarisme est une autorité qui fait peur, qui intimide, dont on sent la menace, qu’elle s’exprime en élevant la voix ou par une froideur qui terrorise. Mais en même temps, le mot désigne une autorité qui outrepasse ses droits, se tient rigide sur ses positions en refusant d’envisager de revenir en arrière, de modérer ses positions, en un mot, de s’assouplir.

On n’est pas si loin ce qu’on appelle le caporalisme : autorité despotique et plutôt basse ou mesquine. Ce dernier mot se souvient du vocabulaire militaire : le caporalisme serait ce pouvoir militaire exercé par ceux qui n’ont qu’un grade peu élevé sur ceux qui sont sous leurs ordres. Ce qui fait ricaner puisque justement le caporal n’est pas situé bien haut dans l’armée, et que lui-même doit obéir à tous ceux dont il est le subordonné. Et quand on parle de caporalisme, on associe souvent autorité et bêtise : il s’agit d’ordres qui sont donnés sans qu’on comprenne à quoi ils correspondent. Avec toutes les histoires drôles qui vont avec : Que fait la mitrailleuse, demande le caporal ? Elle fait l’objet d’un chapitre spécial doit-on répondre. Et il ne faut rien répondre d’autre.

On a bien le mot caporalisme, mais la plupart du temps, c’est plutôt l’adjudant qu’on place dans ce rôle, plus encore que le caporal. Et dans l’argot de l’armée, ce sous-officier tatillon et rigide (tout au moins dans l’image figée qu’on en donne), on l’appelle le juteux.

Avertissement !
Ce texte est le document préparatoire à la chronique Le Mot de l’Actualité. Les contraintes de l’antenne et la durée précise de la chronique rendent indispensables un aménagement qui explique les différences entre les versions écrite et orale.

Coproduction du Centre national de Documentation Pédagogique.
http://www.cndp.fr/

 

Yvan  Amar

Article publié le 21/06/2013