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Ce magazine hebdomadaire est consacré à l’actualité des musiques du monde, « de Mozart à Marilyn Manson », comme l’indique la journaliste, productrice de l’émission, Laurence Aloir. Son franc-parler, un ton à la fois posé et dynamique, une bonne dose d’humour, des envolées poétiques et un esprit critique indéniable ne manqueront pas d’intéresser les professeurs de français et les apprenants.
D’autre part, la variété des contenus (interviews, reportages, chroniques, extraits musicaux et sessions live) permettra un travail en classe autour des différents formats journalistiques.
Une interview haute en couleur à écouter chez soi ou avec des élèves de niveau avancé !
À l’origine de l’émission : le concept de « world music » qui, pour Laurence Aloir, est assez vague et « ne veut pas dire grand-chose ». Depuis, le propos de l’émission a évolué pour s’intéresser à l’actualité musicale dans le monde, France incluse…
Une vocation internationale
L’objectif de Musiques du monde est de présenter des artistes, connus ou moins connus, de parler de leur actualité (sortie d’album, concert) et surtout de faire circuler la musique.
Laurence Aloir aime partager ce qu’elle entend à Paris, mais avec une ouverture sur le monde. Elle est par exemple très enthousiaste à l’idée de partir en Finlande alors qu’elle ne connait rien à la musique finlandaise, ou encore de parler d’un chanteur sénégalais installé en Pologne. En effet, « ces découvertes peuvent intéresser tout le monde, que l’on soit au Québec, au Cambodge ou en Afrique. »
Laurence Aloir met également un point d’honneur à consacrer du temps aux jeunes artistes, ces nouveaux talents qui sont « nos vieux de demain », « nos archives de demain ». Il lui importe de leur « donner un coup de pouce » : c’est pour elle le but de ces émissions musicales.
Sur le plateau de l’émission, elle s’efforce donc de mélanger têtes d’affiche et artistes qui démarrent. Et bien sûr, de mettre en lumière des artistes que ces derniers apprécient.
Vous n’aurez donc pas de difficulté à trouver des sujets qui plairont à vos élèves parmi la grande diversité des musiques et des thèmes proposés dans l'émission.
Musiques du monde propose à la fois des reportages, des chroniques, des interviews réalisées en studio ou sur le terrain, des portraits, des extraits d’album et des sessions live.
L'émission se divise en quatre parties diffusées le même jour l’une après l’autre. La première et la troisième parties durent 19 mn 31, la deuxième et la quatrième durent 26 mn 31.
Musiques du monde ne suit pas une structure fixe. Le contenu peut varier en fonction de l’actualité musicale. L'émission comporte toutefois quelques constantes : après une introduction en musique, choisie en fonction des artistes du jour, Laurence Aloir présente succinctement le ou les invités, avant de laisser la place à un premier extrait musical. Se succèdent ensuite interviews, portraits ou chroniques et d’autres morceaux musicaux dans une alternance rythmée.
Les reportages portent sur des évènements musicaux, en France ou à l’étranger, comme les festivals. Les reportages sont préparés et envoyés par des collaborateurs externes ou réalisés par Laurence Aloir, parfois accompagnée du réalisateur de l’émission, Joël Hermant.
Lors de ces tournées, les conditions d’enregistrement peuvent alors être tout à fait rocambolesques : dans une chambre d’hôtel à Montréal, sous une tente touareg au Sénégal, dans un bar sur la plage, etc.
Les sessions live réunissent deux artistes ou deux groupes qui présentent chacun deux titres et des extraits d’album. L’enjeu de ces sessions, la petite touche épicée : ils jouent un titre ensemble, ce qui n’est pas évident pour tous les musiciens ! D’après Laurence Aloir, l’exercice se révèle beaucoup plus difficile pour certains chanteurs pop ou musiciens électro que pour les jazzmen et autres artistes passés par le conservatoire ou l’école de la rue.
Ces « live » sont en fait des directs enregistrés à l’avance… mais dans les conditions du direct. Une des subtilités techniques de la radio !
Avant le déménagement de RFI à Issy-les-Moulineaux fin 2012, début 2013, ces sessions avaient lieu dans le célèbre Studio 136 de la Maison de la radio. Elles se déroulent désormais dans le StudiOne (studio one), en référence au label jamaïcain des années 1960 et 70.
Les interviews sont l’occasion pour l’invité de parler de sa vie, de son travail et de son actualité musicale. Elles suivent un schéma plus classique de questions-réponses.
Il est cependant intéressant de voir comment sont gérées les interactions. Laurence Aloir explique que les premières secondes sont capitales : chacun se jauge. L’invité évalue l’étendue des connaissances de son interlocuteur et, de son côté, la journaliste voit à quelle genre de personnalité elle a à faire : quelqu’un de drôle (ou pas), son niveau en français, etc. Elle n’a alors que quelques instants pour trouver la manière de rendre l’interview intéressante pour l’auditeur.
Et pourquoi pas, vous aussi, tenter l’aventure de l’interview d’un artiste (local, professionnel ou amateur) avec votre classe ? Mais, comme Laurence Aloir, n’oubliez pas de bien vous renseigner avant sur la personne que vous allez interviewer et d’avoir du répondant !
Le ton et le style
De son passage à la radio suisse Couleurs 3, Laurence Aloir a gardé une empreinte particulière, un style rapide, « une écriture pertinente et impertinente ».
Le ton est n’est pas banal. Il peut être suave et léger, ironique ou faussement snob. Il nous emporte parfois dans des envolées lyriques, en accordant une large place aux jeux de langue et où la métaphore est filée sur une musique, la vie d’un artiste, ou encore l’esprit du moment.
Voici un exemple à écouter avec des élèves de niveau avancé ou s’intéressant à la littérature. Dans l’extrait d’émission ci-dessous, Laurence Aloir introduit les artistes à venir, dont une chanteuse accordéoniste, sur un air de saxophone, par une phrase dont le lexique réfère aux instruments à vent, mais pas seulement…
Tout sauf l’ennui !
L’usage de l’humour au second degré est de mise. Mieux vaut être prévenu, sinon les propos de Laurence Aloir pourraient paraitre déroutants à l’auditeur non averti. Illustration lors de l’interview : à la question sur l’origine de l’émission, voici sa réponse. Effet garanti !
Ce second degré, typique de l’humour français, peut paraître difficile à saisir dans toute sa dimension si l’on n’y est pas habitué. Pas d’inquiétude toutefois : comme la journaliste manie la langue avec subtilité, il peut très bien passer pour du premier degré. Son humour sous-jacent ne gêne pas la compréhension des émissions !
L’équipe de Musiques du monde est également constituée de chroniqueurs atypiques que Laurence Aloir apprécie pour leur façon de parler « un peu bizarre », non consensuelle, bref : qui sont un peu en marge. À l’occasion, les chroniqueurs peuvent d’ailleurs « titiller les invités », afin de donner un goût plus relevé aux interviews.
De fait, bien que l’émission traite de l’actualité musicale et que la musique soit chose sérieuse, pour Laurence Aloir il faut avant tout de la passion et du plaisir ! Pour elle-même et pour les auditeurs : cela s’entend et se transmet. C’est communicatif ! La journaliste part du principe que si elle-même s’ennuie au micro, elle risque également d’ennuyer les auditeurs…
La recette pour arriver à ce résultat ? Une grande préparation et une écriture minutieuse des textes. Ce sont les éléments incontournables de l’écrit oralisé. À cela, s’ajoute le ton particulier de la journaliste et de ses chroniqueurs.
N’hésitez pas à relever le défi de l’interview épicée et atypique, certes en plus simple, avec votre classe !
Musiques du Monde est diffusée le samedi de 21h10 à 23h sur RFI Monde (heure de Paris), avec une rediffusion sur RFI Afrique le dimanche de 14h10 à 16h et le lundi de 1h10 à 3h (TU - temps universel).
Retrouvez l’émission sur le site de RFI : http://www.rfi.fr/emission/musiques-monde
Et sur Facebook : https://www.facebook.com/pages/Musiques-du-Monde-RFI/213481038665
Julie Fournier Angelo
Article publié le 21/06/2013