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Dans Couleurs tropicales, Claudy Siar et son équipe donnent « le pouvoir aux musiques afro du lundi au vendredi ». En 1995, elle reprend le flambeau d’une précédente émission dédiée aux musiques d’Afrique d’hier et d’aujourd’hui, Canal tropical, tout en faisant évoluer le concept.
Pour les enseignants et les élèves, Couleurs tropicales offre un excellent support pour développer ses connaissances dans le domaine des musiques francophones et pour en comprendre les textes. C’est aussi l’occasion de se laisser emporter par le ton enthousiaste de Claudy Siar et de ses chroniqueurs, et de participer à la grande communauté des auditeurs de cette émission, en répondant aux appels lancés à l’antenne ou en partageant des commentaires.
Émission d’actualité et d’information, Couleurs tropicales ne se limite pas à présenter les chansons du moment. Elle offre le décryptage des musiques à travers leurs textes qui, le plus souvent, expriment le quotidien des gens, leurs difficultés, leur aspiration à la liberté ou à la démocratie.
Comme l’annonce le slogan de l’émission, Couleurs tropicales est dédiée à toutes « les musiques d’Africa et de sa diaspora », c'est-à-dire l'Afrique, les Caraïbes, une partie de l’Océan indien, les Amériques, sans oublier les musiques afro-européennes riches de ces influences multiples. Les chansons des groupes de rap Sexion d’assaut et Saïan Supa Crew en sont des exemples parlants.
Si Couleurs tropicales diffuse également des artistes anglophones, lusophones et hispanophones, la programmation musicale de l’émission vient en grande partie des mondes francophones.
Du sérieux et du contenu donc, mais bien sûr une large place accordée à la musique et à son actualité, au plaisir et au divertissement.

Chez Couleurs tropicales, il y a une forte volonté de faire connaître de nouveaux talents. Pour Claudy Siar, découvrir des artistes, « ce qui peut marcher et ce qui peut plaire », c’est aussi ce qui fait la force et l’intérêt de l’émission.
Il revient d’ailleurs sur un heureux évènement : la rencontre avec le groupe ivoirien Magic system et le succès qui en a découlé.
L’un des aspects remarquables de Couleurs tropicales est sa grande proximité avec le public et l’implication de celui-ci à différents moments de l’émission.
Ces liens sont visibles et favorisés grâce au Répondeur et aux réseaux sociaux (plus de 36 000 fans sur la page Facebook), qui offrent une interaction constante avec les journalistes, mais aussi lors des nombreux déplacements de l’équipe pour l’enregistrement d’émissions en direct. Plus qu’une émission, c’est alors un véritable spectacle.
Cette proximité, la dynamique des interactions et l’intérêt commun pour les musiques afro génèrent un esprit « communauté » qui relie les auditeurs. Pour Claudy Siar, il s’agit d’une « communauté de gens qui aiment ces musiques là », qui se sentent appartenir au même « pays musical ».
Couleurs tropicales a une dimension identitaire, culturelle et engagée incontestable. Il faut prendre en compte le fait que son public est majoritairement africain. Néanmoins, le côté communautaire n’est pas une question d’origine ou de couleur de peau, mais plutôt de conscience et de goût pour la musique.

Militant, Claudy Siar en appelle dans toutes ces émissions à la « génération consciente », pour que les communautés noires prennent en main leur destin. À l’origine du concept : un mouvement né en 1991 suite à une contre manifestation organisée à l’occasion du 500e anniversaire de la découverte des Amériques. La « génération consciente » est une notion qui se veut fédératrice, elle vise à faire évoluer les mentalités sur la prise de conscience des enjeux et la destinée de l’Afrique.

Fruit de la passion de Claudy Siar et de son équipe pour les musiques afro, le ton de Couleurs tropicales est on ne peut plus vivant et chaleureux, allant parfois jusqu’à l’euphorie, aux dires de Claudy Siar lui-même. Ils communiquent spontanément leur flamme et sont toujours animés de la même fraicheur. C’est ce ton qui rend l’émission dynamique et qui donne envie de participer, d’entrer dans la danse.
Valoriser l’invité lors des interviews
Pour Claudy Siar, le rôle du journaliste est de mettre en valeur l’invité. Le pari est gagné lorsque l’auditeur se dit qu’il a « découvert autrement » tel artiste ou que l’invité « est heureux qu’on lui ait posé telle question et d’y répondre ».
Par principe, l’équipe de Couleurs tropicales ne reçoit que des artistes qu’elle apprécie et dont elle pourra dire du bien. Valoriser les invités, c’est en quelque sorte une prise de position politique qui montre la volonté de se placer dans une dynamique constructive.
Derrière l’impression que tout est très naturel, léger, détendu, se cache un important travail de préparation et de conceptualisation. L’objectif est que tout ce qui est proposé soit immédiatement compris par l’auditeur.
Différents éléments participent de cette conceptualisation :
- L’utilisation de phrases récurrentes, véritables « cris de ralliement » pour certains auditeurs : « Toi-même tu sais ! », « Passez le message », « Génération consciente, causante et agissante », ou encore « Écoute-ça, on aime ça », « C’est de la nourriture pour le cœur et l’esprit ». Elles permettent de s’identifier à la communauté Couleurs tropicales.
- L’idée de la famille avec « les tontons », « les tantines » et « la reine mère » pour nommer les spécialistes qui co-animent l’émission. Cette terminologie fait écho aux formules d’adresse courantes en Afrique et renforce la proximité avec le public.
- Des formulations qui donnent aux auditeurs le sentiment que l’équipe est « dans le studio, la radio qui est juste à côté » lorsque l’émission est enregistrée dans tel ou tel pays. Par exemple, Claudy Siar et ses collaborateurs ne diront jamais « On part au Togo », mais plutôt « Voici King Mensah, l’artiste du pays. On sait que de Lomé à Kara, c’est lui qui fait le show ». Sinon que va penser l’auditeur togolais ? C’est là encore une question de proximité.

Couleurs tropicales repose sur une structure régulière : chaque émission se compose de deux parties, avec du lundi au jeudi, des reportages, des chroniques, des interviews et le vendredi, une émission encore davantage orientée sur la programmation musicale avec les actualités d’aujourd’hui… et d’hier.
Du lundi au jeudi :
Une première partie toujours consacrée à L’archive du jour – qui revient sur un évènement historique, avec des illustrations musicales – et au Répondeur – qui diffuse les messages téléphoniques des auditeurs.
Une seconde partie dédiée à l’actualité musicale, avec chaque jour un format différent :
- Lundi : Génération consciente, avec les contributions des correspondants en Afrique et ailleurs.
- Mardi : La musicale avec un invité.
- Mercredi : La famille, avec les spécialistes (nommés pour l’occasion les tontons, les tantines et la reine mère) qui partagent leurs choix musicaux en interaction avec les auditeurs.
- Jeudi : L’invité qui s’exprime en direct.
Le vendredi :
Une partie Tubes et cultes diffusant des chansons qui ont marqué l’actualité… d’hier ! La question étant de savoir si ces chansons sont des « tubes » [chansons ayant connu un grand succès populaire ; le terme a été lancé par Boris Vian dans les années 1950] ou des « chansons cultes » [qui suscitent l’admiration, qui symbolisent une époque chère à une génération].
Pour finir, La plus grande discothèque d’Afrique, animée par un DJ, enchaîne les titres. Comme en boîte de nuit, le DJ lance les morceaux, fait les transitions, et interpelle le public. Ambiance garantie !
Tout est écrit
Même si l’émission laisse la place à la spontanéité lors des interviews ou des réactions de l’équipe, tout ce qui relève du format et du discours n’est pas le fruit du hasard. Tous les textes, tous les enchaînements sont prévus, pensés et écrits à l’avance. L’idée est de raconter une histoire, que ce soit la vie de l’artiste, son message ou un évènement historique marquant. Ceci nécessite par conséquent un important travail de conception et d’écriture en amont.
Retrouvez l’émission sur le site de RFI :
http://www.rfi.fr/emission/couleurs-tropicales
Et sur Facebook :
https://www.facebook.com/couleurs.tropicales
Producteur : Claudy Siar
Réalisateur : Benjamin Sarralie
Coordinatrice : Anabelle Jogama-Andy
Julie Fournier Angelo
Article publié le 09/07/2013