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Les mots de l'actualité

A. Notaras
© A. Notaras

SAGA   25/09/2013

 

Dans l’affaire Bettencourt, la saga judiciaire continue.

C’est ainsi que de nombreux médias présentent la validation de la procédure en cours. L’expertise médicale qui présentait Liliane Bettencourt atteinte de démence depuis 2006 est validée, ce qui met en difficulté ceux qui sont accusés d’avoir profité de sa faiblesse.

Pourquoi une saga judiciaire ? La formule est bien journalistique, et le mot saga est à la mode depuis quelques dizaines d’années pas plus. Dans ce cas, on peut imaginer qu’on aurait pu le remplacer par le mot feuilleton, qui partage un certain nombre de ses échos : il s’agit d’une histoire longue, à rebondissements. Il s’agit donc d’une procédure  qui n’en finit pas, et qui se déroule de façon très diverses, avec des imprévus, peut-être même des coups de théâtre.

Mais l’origine du mot est bien lointaine.

Il nous vient des cultures et même des anciennes légendes scandinaves : des mythes, compliqués comme dans toutes les mythologies, qui s’enroulent autour d’histoires compliquées, imbriquées les unes dans les autres : des amours, des traitrises, des luttes de clans, des vengeances, des haines.

Mais surtout, bien souvent, les personnages très nombreux sont liés par des liens très étroits : des familles qui se croisent, des rapports de mariage, de filiation, des malédictions, des gens qui sont déshérités. Et tout cela se passe sur un temps très long, donc à travers plusieurs générations, chacune portant la marque de celles qui l’ont précédée.

Le mot saga a plu, et on a donc pu l’appliquer à des légendes autres que scandinaves. Mais la mythologie grecque est assez forte et assez ancienne pour y échapper : elle a gardé ses mots à elle. On ne parle pas de la saga des Atrides, on parle de la malédiction des Atrides.

Et la littérature s’est emparée de ce terme qui plaisait : John Galsworthy, écrivain anglais à cheval entre le 19ème et le 20ème siècle commence à écrire pour le théâtre, puis se consacre au roman. Il en écrit neuf autour d’une même famille, et le cycle tout entier est connu sous le titre The Forsyte Saga. Même si la formule a été traduite en français par La Dynastie des Forsyte, le mot, fort, étrange, peu fréquent, même en anglais à l’époque fait mouche. Il commence à se répandre dans la langue de l’auteur, puis plus tard, passe en français.

Une saga est donc aujourd’hui une histoire souvent rocambolesque, mais qui est comme l’image d’une société à travers une famille et sur plusieurs générations. Et puis le terme s’affadit un peu et on l’entend à propos de l’histoire interne d’une famille : les histoires fondatrices, qu’on a entendues cent fois, qu’on se répète lors des réunions familiales, et qui forme le socle d’une légende privée.

Avertissement !
Ce texte est le document préparatoire à la chronique Le Mot de l’Actualité. Les contraintes de l’antenne et la durée précise de la chronique rendent indispensables un aménagement qui explique les différences entre les versions écrite et orale.

Coproduction du Centre national de Documentation Pédagogique.
http://www.cndp.fr/

 

Yvan  Amar

Article publié le 25/09/2013