|
|
|
Mots de l'actu |
|
Les mots de l'actualité
François Hollande s’est rendu à Florange, en Lorraine, dans l’est de la France où il a rencontré les travailleurs de l’entreprise Arcelor Mittal, et où il a annoncé la création d’un centre de recherche sur l’acier. Acier et sidérurgie sont deux mots qui sont donc souvent revenus dans la presse ces derniers jours. Mais que se cache-t-il derrière ces deux mots ?
La sidérurgie, c’est assez simple : c’est l’industrie qui permet de fabriquer de l’acier, c’est la métallurgie du fer. Et la métallurgie est l’industrie qui permet de fabriquer, de travailler le métal. La racine sider vient d’un mot grec qui signifie fer.
La sidérurgie se spécialise donc dans la façon de fabriquer du fer, si on peut dire. En tout cas elle rend le métal extrait des mines propre à un usage courant, car on n’extrait pas du ventre de la terre du fer en état de marche, si on peut dire. Il faut donc le travailler, le purifier, le fondre, le mélanger éventuellement avec d’autres métaux, pour obtenir une alliance - ce qu’on appelle un alliage. Et le mélange de beaucoup de fer et d’un peu de carbone (pour aller vite) donne un métal très dur, cet alliage qu’on appelle de l’acier. L’acier a donc une réputation flatteuse de dureté, de résistance, mais qui fait que dans ses usages figurés, dans la langue française, il n’est pas toujours associé à des références très agréables.
Pourtant, l’usage du mot évoque souvent quelque chose de positif : des nerfs d’acier : c’est peut-être l’image la plus fréquente, et ça évoque des nerfs qui ne tremblent pas, qui ne flanchent pas. L’image est celle de quelqu’un qui ne se laisse pas impressionner, émouvoir inutilement, qui sait garder son sang-froid. Et pour en rajouter, on parle même parfois d’acier trempé, image qu’il faut comprendre par rapport à des techniques particulières de sidérurgie : on trempe le métal, pour opérer un choc thermique ; un métal très chaud plongé dans un bain froid permet dans certaines conditions de solidifier le métal, de conserver notamment la structure moléculaire qu’il acquiert à haute température. Et c’est d’ailleurs de là que vient le mot trempe, pour parler du caractère fort de quelqu’un. Quelqu’un qui a une trempe formidable, un homme de cette trempe, ça force l’admiration.
Mais revenons à l’acier : on parle de nerfs d’acier, on parle aussi d’un moral d’acier : un moral qui ne se laisse pas entamer par le doute, qui ne va pas vers le pessimisme.
Des cœurs d’acier, on n’en parle plus guère, mais on trouve l’expression, jadis chez Corneille, au 17ème siècle, là où aujourd’hui on parlerait davantage de cœur de pierre.
Mais d’autres exemples, dans la langue contemporaine, sont susceptibles d’être interprétés de différentes façons. Un regard d’acier, évoque en général un regard bleu – gris, mais on associe l’expression à un regard coupant, dur, insensible. De même qu’une voix d’acier est une voix tranchante.
Avertissement !
Ce texte est le document préparatoire à la chronique Le Mot de l’Actualité. Les contraintes de l’antenne et la durée précise de la chronique rendent indispensables un aménagement qui explique les différences entre les versions écrite et orale.
Coproduction du Centre national de Documentation Pédagogique.
http://www.cndp.fr/
Yvan Amar
Article publié le 30/09/2013
Et aussi ...
Journal en français facile
Fait du jour