Les mots se sont toujours promenés au travers des langues. Certains ne font que passer et d’autres restent. Le temps et l’usage font la sélection. Ils se sont glissés subrepticement dans les salons. Oh, certes pas dans ceux des beaux quartiers, mais il suffit de se retourner pour en débusquer : toubib, chouïa, salamalec. Avant de s’intégrer dans leur langue d’accueil, ils sont la terreur des professeurs de français, qui doivent apprendre à fixer leur usage ou non. Ces mots venus d’ailleurs dérangent parce qu’ils traînent longtemps dans les rues avant d’entrer dans les dictionnaires. La consécration dépend aussi de ceux qui les emploient et surtout du nombre de personnes qui les emploient. Artistes, musiciens et comédiens, personnalités en vue sont mobilisés pour une cause dont ils n’ont pas forcément conscience. Ainsi les mots du bled ont voyagé et voyagent.