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Le fait du jour
Céline Missof :
Le 61ème Festival de Cannes s’est ouvert ce soir avec la projection en compétition officielle de Blindness, un film glaçant signé du Brésilien Fernando Meirelles avec notamment Julianne Moore et Danny Glover.
Chantal Lorho :
La Festival de Cannes, c’est tout un rituel : les paillettes, les flashs, le tapis rouge et la fameuse montée de marches.
Mais pour le comédien Edouard Baer, qui a animé ce soir la cérémonie d’ouverture, Cannes est un vrai rendez-vous pour les amoureux du cinéma. Ce qui compte, ce n’est pas uniquement le glamour et les stars.
Edouard Baer au micro de Bérénice Balta.
Edouard Baer :
L’emballage brille mais il faut qu’il y ait un bonbon dedans, si vous voulez quand même, pour faire une métaphore qui est étrange, bon.
Et on peut pas juste garder les emballages des bonbons et dedans c’est ou une cacahouète ou un bonbon, parfois ça peut être une olive un peu amère dedans et c’est intéressant aussi. On peut pas juste à chaque fois faire croire aux gens qu’il y a que le décorum et que c’est ça qui est intéressant, et que le seul intérêt c’est de mettre un smoking ou le seul intérêt c’est…
On peut pas résumer tout ce métier, toute cette création, tout ce travail, les années de travail qu’il faut pour faire un film de Lynch, au fait qu’à un moment quelqu’un va être un peu bronzé, avec une moumoute, des talonnettes, un smoking et une pépé de quarante ans de moins que lui au bras. C’est ça qu’on voit à la télévision mais voilà , c’est pas ça. C’est une image qui est désagréable mais si elle est utile pour amener les caméras, tant mieux.
Mais il faut pas oublier le sujet, il faut pas oublier ce qui est traité dans les films, ce qui est montré. Il faut pas oublier le contenu, je veux dire.
S’il y avait pas ce contenu-là , ce serait, ça n’aurait pas d’intérêt, ce serait une dégueulasserie de plus.
Mais voilà , des pays dont on ne connaissait même pas le nom nous montrent des films qui arrivent à nous émouvoir. Vous allez être ému par un type qui est né dans une province du fin fond de l’ex-URSS alors que vous, vous avez vécu à Paris et tout ça. C’est quand même magnifique, quoi, ce sont des langages uniques.
Vous voyez, on dirait une caricature. On dira « tiens, alors tu vas voir le film iranien ou alors le film turkmène », on se moque et on arrive devant un film et on se dit « merde, ce type-là qui a vécu une vie le contraire de moi et bien il m’émeut avec les mêmes choses ». C’est très rassurant sur l’état du monde quand même.
Chantal Lorho :
Le comédien Edouard Baer, ce soir, à Cannes.