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    La part des « Dozo » dans la lutte contre l’insécurité

    media Coordonnateur de l’Union nationale des Dozo tradi-praticiens de la santé du Burkina, Maître Yacouba Drabo est aussi coordonnateur sous-régional de l’Union panafricaine des Dozo sans frontière. Jean-Pierre Boussim

    Chute de Blaise Compaoré, transition politique, coup d’Etat, dissolution du RSP (Régiment de sécurité présidentielle)… le Burkina Faso a enchaîné plus d’un an d’instabilité politique avec pour résultat un appareil de l’Etat fragilisé et une hausse de l’insécurité à laquelle les forces de l’ordre ne sont pas toujours en mesure de faire face. Des milices d’autodéfense se sont alors constituées. Les Koglweogo ont défrayé la chronique pour leurs méthodes controversées. Les Dozo ont fait moins couler d’encre, pour autant ils ont aussi contribué à la lutte contre l’insécurité. Mais qui sont-ils ? Quels sont leurs rôles dans la société ? Réponses avec Maître Yacouba Drabo, le Dozo Bah (Grand Dozo), surnommé le Bonck, à l’occasion de l’installation du bureau communal des Dozo à Zabré.

    Article paru dans Hors Antenne en juin 2016.

    Qui sont les Dozo?
    A la base, nous sommes des tradi-praticiens. Notre initiation dans la forêt nous permet de connaître toutes les plantes soignantes. Personnellement, j’ai passé 3 ans dans la forêt à me former. Nous protégeons aussi l’environnement en luttant contre la coupe abusive du bois, les feux de brousse et la divagation des animaux. Enfin, nous sommes des chasseurs. Mais chasser le gibier demande de respecter des règles. Les Dozo ont ainsi une structure traditionnelle bien plus vieille que la structure administrative. Pour autant, nous respectons l’autorité de l’Etat.

    Comment devient-on un Dozo ?
    Soit on vous initie, soit vous naissez dans une famille de Dozo. Mais nous n’avons aucune distinction ou considération ethnique ou religieuse. On trouve des Dozo un peu partout en Afrique : Mali, Côte d’Ivoire, Guinée, Ghana, etc. Au Burkina Faso, nous sommes présents dans les treize régions. Beaucoup de personnes nous considèrent comme des sorciers et c’est dommage. Il ne faut pas avoir peur de nous. Je suis comme vous, le journaliste (rire).

    Les femmes sont-elles admises dans votre communauté ?
    Nous en dénombrons plus de deux cents au sein de l’Union nationale des Dozo tradi-praticiens de la santé du Burkina. Il en y a même qui chassent le gros gibier : buffle et antilope. Les Dozo femmes sont souvent plus courageuses que certains hommes. Elles font aussi partie de notre sécurité et cela nous rassure.

    L’Union nationale des Dozo tradi-praticiens de la santé au Burkina Faso compte plus de 200 femmes. Jean-Pierre Boussim

    Une coopération transfrontalière entre le Mali et le Burkina Faso

    Ces derniers temps, on parle beaucoup de vous dans la lutte contre le grand banditisme ? Comment se fait la collaboration avec l’État ?
    Elle se fait à trois niveaux : d’abord avec le ministère de la Santé parce que nous sommes tradi-praticiens. Avec celui de l’Environnement car nous faisons des campagnes de reboisement. Enfin, nous travaillons avec le ministère de la Sécurité. L’armée, la police et la gendarmerie sont nos alliés. On s’est fixé comme objectif d’accompagner toutes ces structures étatiques dans le cadre de leur mission. Mais lorsque nous appréhendons un voleur, nous ne le torturons pas, nous ne lui demandons rien, pas même un centime. Notre mission se limite à son arrestation. Nous le remettons ensuite à la gendarmerie ou à la police pour la procédure judiciaire.
    À ce jour, nous avons ainsi arrêté plus de 200 personnes. Par exemple, il y a une dizaine d’années, vers Solenzo (nord-ouest), les coton-culteurs ne pouvaient pas acheter une moto dans un marché et arriver à la maison avec cet engin. En plein midi, il y avait des braquages. Les Dozo se sont organisés pour faire face au phénomène. Aujourd’hui, la situation se normalise. Vers Banfora (sud-ouest) et Orodora, nous avons créé un partenariat entre les Dozo du Burkina et ceux du Mali pour agir chaque fois qu’il y avait un cas suspect.
    Nous avons bénéficié de beaucoup de formation avec la police de proximité. Nous avons élaboré des projets, mais qui sont restés sans financement. Malheureusement, les efforts des Dozo ne sont pas salués à leur juste valeur. L’association des Dozo nous permet de détenir seulement un fusil de traite (fusil à poudre). Un Dozo ne doit pas se promener avec une arme automatique sans obtenir un permis de port d’arme.

    Mais lutter contre l’insécurité avec de telles armes, n’est-ce pas risqué ?
    Nous sommes conscients qu’un bandit détient de vraies armes. Mais nous maîtrisons les recoins de toutes les forêts. Des forces invisibles nous protègent.

    Vous n’avez ni salaire mensuel, ni primes d’encouragement. Comment vous voyez l’avenir des Dozo ?
    Certains membres de l’association se plaignent du fait qu’ils contribuent à la lutte contre le banditisme mais il n’y a aucune récompense. Je les encourage à ne pas baisser les bras. Cela nous a poussés à créer la DAI (Dozo Assistance International) ou société de gardiennage des Dozo. Il faut créer des emplois et ne pas rester les bras croisés. Cela va permettre aux jeunes Dozo (ils sont environ 2 000) à être utiles en assurant la sécurité de ceux qui le désirent. Par ailleurs, nous lançons un appel à tous ceux qui peuvent nous soutenir. Nous sommes une association apolitique qui rassemble et assure la sérénité. Nous voulons participer, à notre façon, à la construction et au développement du Burkina, Pays des hommes intègres.

    Dernière question: que signifie le Bonck ?
    Le bienfaiteur en langue san.

    Dozo: Un tradi-praticien
    Bonck: Un bienfaiteur

    Propos recueillis par Jean-Pierre Boussim,
    Directeur de la radio Paglayri, à Zabré, au Burkina Faso.
    boussimother@yahoo.fr
     

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