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    Une icône de gueule-tapée : Demba Diop dit Mba

    media Les sandales en cuir de Mba ont fait sa renommée internationale. Lamine Ndaw

    Il n’était pas formé au métier d’artiste du cuir. Pourtant, Demba Diop dit Mba, originaire de la Gueule-Tapée, un quartier populaire de Dakar, s’est fait un nom à l’international grâce à ses fameuses sandales. Retour sur un parcours atypique.

    Quinquagénaire, ce père de famille qui ne fait pas son âge est né à la Gueule-Tapée (93 000 habitants), une des 19 communes de la ville de Dakar. Autrefois, « Gueule-Tapée » était un village de pêcheurs. Le nom vient d’une sorte de lézard (varan) reconnaissable à son demi- collier « rouge sang » sous le cou. Nommé Gueule-Tapée du fait de cette tache évoquant une blessure, le nom fut finalement attribué à ce quartier populaire de Dakar.

    Féru de Bob Marley et de reggae alors qu’il fréquentait le lycée Van Vollenhoven, Mba s’est lancé à son propre compte dans les années 80, en commençant par aménager un petit magasin de 20 m2 dans la maison familiale à la Gueule-Tapée avant d’ouvrir un show-room juste en face pour exposer ses créations. Il espère d’ici un an lancer un réseau de franchisés au Sénégal et en Afrique de l’Ouest.

    En effet, Mba est un véritable créateur artistique du cuir avec sa marque Fara (Oudé) pour les connaisseurs. Il peut habiller tous les objets en cuir. Sans compter sa marque de fabrique, qui fait sa renommée nationale et internationale : les sandales.
    Mba a été plusieurs fois l’invité de salons internationaux en Europe et en Afrique principalement, mais n’a jamais pensé une seule fois émigrer en Europe où son statut d’artiste du cuir serait plus reconnu qu’au Sénégal. Mba est aussi un véritable régulateur social du quartier, raison pour laquelle les hommes politiques le sollicitent lors de leur campagne électorale. Mais il se refuse à soutenir un tel au détriment d’un autre. Son soutien, il l’apporte à la Gueule-Tapée, où il vient en aide régulièrement à des familles en difficulté à travers des fournitures scolaires, des denrées alimentaires ou des problèmes de transport.

    «J’ai envie de montrer aux jeunes qu’on peut réussir en restant dans son pays si on y croit ».
    Quand on lui parle de soutien de la part de l’Etat pour venir en aide aux petites entreprises, il botte en touche, mais ne crachera pas sur une aide des pouvoirs publics. « Je n’ai jamais compté sur quelqu’un. Je me suis toujours débrouillé seul. Etre né, avoir grandi à la Gueule- Tapée, ça forge un homme », dit-il avec beaucoup de fierté, « et j’ai envie de montrer aux jeunes qu’on peut réussir en restant dans son pays si on y croit. L’Etat doit venir en aide à des structures comme la mienne, car nous voulons embaucher des jeunes, les former mais nous sommes confrontés à un manque de trésorerie et pour cela, il faut que l’Etat sénégalais aide ce type de structures, car elles créent des emplois durables pour la jeunesse. » Mba a su se créer une clientèle hétéroclite mais fidèle qui dépasse les frontières du Sénégal, malgré un parcours des plus classiques professionnellement mais aussi humainement. Mba n’a jamais fréquenté une école artistique du cuir. Il a tout appris à la force de son poignet et de ses mains.

    Plus de 60.000 paires de chaussures produites
    Son prochain objectif en dehors des magasins franchisés, c’est la mise en place d’une usine afin d’industrialiser sa production à grande échelle, tout en restant « artisanal » pour viser plus l’international. « Il faut des moyens de financement en adéquation avec mes ambitions car mes produits sont très appréciés aussi bien par les Occidentaux que par les Africains mais les moyens de financement font défaut. Je veux tendre vers une qualité de type moyenne industrie », précise-t-il.

    Mba déplore également l’handicap majeur du cuir au Sénégal qui ne peut faire que du travail artisanal, car explique-t-il « nos tanneries ne font que du travail semi-fini. Le cuir est une matière noble. Celui que j’utilise est préparé à partir de la peau d’un animal dans plusieurs domaines : la sellerie, la maroquinerie, la cordonnerie avec les fameuses sandales, les tabourets, les vêtements, la reliure, et divers accessoires tels que des porte-monnaie, des ceintures, des porte-clefs… ».

    Celui qui a produit plus de 60 000 paires de chaussures depuis les années 80 envisage aussi de se lancer dans la vente en ligne sur Internet. Sa fierté, c’est de ne pas avoir de dettes et de pouvoir dormir tranquillement le soir sans souci. Pour cela, il remercie Dieu : « Ma santa yalla, ma santa yallaaah ». Sacré Mba !

    Lamine NDAW
    Journaliste, www.dakar-echo.com, Sénégal
    dakarecho@gmail.com
     

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