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    Reportage : Vu du cybercafé de Goma

    media Un taxi-moto dans les rues de Goma Sabine Cessou

    Situé avenue Mutakato, dans le centre de Goma, le Kivunet a tout d’un commerce comme les autres. Il est l’un des plus fréquentés de la ville, parce qu'il a su contourner les deux plus grands obstacles : les coupures de courant et de connexion internet.

    Avec son rideau jaune à l’entrée, le Kivunet est l’un des cybercafés les plus connus de Goma. Sous les logos de Yahoo et Google, reproduits fidèlement sur les murs, à la peinture, des jeunes surfent sur Internet. Aucune femme en vue. Les étudiantes sont déjà rentrées chez elles, à cause de l’insécurité qui persiste dans cette ville frontalière du Rwanda, marquée par des années de guerre dans le Nord-Kivu.

    « Les filles viennent plutôt le matin ou l’après-midi », explique Gabriel Chirimwami, 24 ans, étudiant en informatique et gérant de Kivunet. Il finance ses études, le loyer et la scolarité de ses deux frères cadets en travaillant neuf heures par jour. Et il ne s’échappe que trois heures, de 15 à 18 heures, pour suivre ses cours.

    Chercher des informations crédibles

    Quand nous l’abordons, il est occupé à lire un article sur le site Internet de… RFI. Il suit de près la situation dans sa province, le Nord-Kivu. Sur ses onglets figurent aussi Radio Okapi et le réseau d’ONG Caritas. « Nous cherchons des informations crédibles, plus objectives que les informations locales, qui se basent souvent sur des rumeurs », explique-t-il. Avec d’autres, il exulte. L’armée congolaise, pour la première fois, a battu en ce début novembre les rebelles du M23. Un groupe armé accusé d’être soutenu par le Rwanda et l’Ouganda. « C’est une joie totale dans nos coeurs… Nous sommes très fiers des exploits de notre armée ! »
    A l’aune des problèmes de la région, ceux du cybercafé paraissent bien dérisoires, à ses clients comme à son gérant. L’accès à Internet est facturé 500 francs congolais (40 centimes d’euro) la demi-heure et 1 000 francs l’heure. L’impression d’une page coûte 100 francs (8 centimes d’euro) et chaque page scannée en envoyée par e-mail 500 francs. Un étudiant en droit trouve ces tarifs un peu chers, mais précise aussitôt : « Ici, on est dans un monde de solidarité. On me donne et je donne aussi ».

    Le Kivunet a son groupe électrogène

    La plupart des cybercafés de Goma se trouvent à côté d’une station d’essence, explique Chrispin Mvano, un journaliste de Goma qui se sert parfois du Kivunet. La raison ? «C’est le seul point d’approvisionnement en électricité qui soit sûr dans la ville. Les coupures sont quotidiennes, et peuvent durer de deux heures à toute la journée. Toutes les stations-service disposent d’un groupe électrogène. Elles louent des salles aux cybercafés, qui sont alors sûrs d’avoir du courant. »
    Le Kivunet, lui, ne dépend de personne. Il dispose de son propre groupe. Il bat aussi ses concurrents, nombreux dans la ville, grâce à ses deux fournisseurs d’accès. Quand il pleut, comme c’est le cas ce jour-là, la connexion de Vodanet devient erratique. Un service kényan d’accès Vsat (Internet par satellite) permet alors de prendre le relais.
    L’entreprise, propriété d’Eric Musanganya, étudiant lui aussi et fils d’un homme d’affaires en vue de Goma, a démarré en juillet 2011 avec 6 ordinateurs. Elle en compte 18 aujourd’hui. Des PC achetés neufs et commandés à des fournisseurs en Ouganda ou à Dubaï, plus fiables et moins chers que sur le marché congolais.
    « Notre pays, c’est un chantier, sourit Gabriel Chirimwani. Il faudra qu’on le développe nous-mêmes. » Pas un soupcon de pessimisme chez lui : « Cette souffrance que nous traversons est une école. Nous sommes nés avec la guerre, nous ne voulons pas vieillir avec. Il faut que les groupes armés disparaissent ! » Son rêve : « Travailler un jour dans une agence des Nations unies, pour remplacer les conflits en RDC par de la bonne gouvernance ! » En attendant, il se réjouit d’avoir une fenêtre sur un monde «global» qu’il trouve « plus agréable, plus perméable » que les dures réalités du Nord-Kivu.

    Sabine Cessou (à Goma)
     

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