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    Irwin Cotler: «Nous avons tous une dette envers Nelson Mandela»

    media « Maintenant, ce qui m’encourage, c’est lorsque je vois comment les jeunes en Afrique du Sud parlent de Mandela ». REUTERS/Yves Herman

    Irwin Cotler, parlementaire, ancien ministre de la Justice du Canada, a été l’avocat de Nelson Mandela. En exclusivité, il évoque ses rapports avec Madiba, la manière dont la prison l’avait transformé, l’héritage gigantesque de celui qui a mis fin à l’apartheid par son autorité morale. Entretien.

    RFI : Quel a été votre sentiment lorsque vous avez appris la mort de Nelson Mandela ?

    Irwin Cotler : J’ai été, comme tout le monde, profondément attristé. Pour moi, Mandela était le symbole de trois grandes luttes du XXe siècle : la lutte, comme il a dit, de « La grande marche pour la liberté » ; la lutte pour la démocratie, et la lutte pour l’égalité. Après 27 ans de prison, Mandela a présidé non seulement au démantèlement d’apartheid, mais à la création de l’Afrique du Sud libre, unifiée et sans racisme. Nous avons tous une dette envers ce héros.

    Nelson Mandela disait qu’il était une personne totalement différente à sa sortie de prison. D’après vos observations personnelles, que pensez-vous de l’évolution de cette figure légendaire ?

    Mandela, quand il est sorti de prison, était un homme qui, comme le disaient tous ceux qui le rencontraient, sans rancune, sans esprit de revanche. C’était un homme pour qui la seule idée était d’unifier le peuple. Il parlait de l’Afrique du Sud comme de cet arc-en-ciel qui unifierait les diverses identités et libérerait le peuple. Et pour cela, il était nécessaire pour quelqu’un comme Mandela d’abandonner tout sentiment de rancune ou de revanche et s’appliquer uniquement à l’éducation de son peuple.

    Pourquoi a-t-il fallu attendre 2008 pour que le nom de Nelson Mandela soit retiré du terror watch, la liste des terroristes aux Etats-Unis ?

    Cela m’inquiétait beaucoup. Et ce n’était pas seulement aux Etats-Unis. Nous avons lancé, en 1985, au sein de la société civile canadienne, la lutte contre l’apartheid. Les grandes ONG étaient impliquées -Amnesty International, la coalition des églises, etc.- et encouragées à participer à ce lancement.

    Les ONG m’ont alors dit que, parce que Mandela était encore déclaré comme terroriste, je pouvais parler de la lutte contre l’apartheid mais je ne pouvais pas mentionner le nom de Mandela. Je leur ai répondu que c’était impossible de séparer l’engagement de Mandela de la lutte contre l’apartheid. Et j’ai même ajouté que j’allais mentionner le nom de Mandela et plaider sa cause. Il a fallu alors attendre la fin des années 80, lorsqu’il a été libéré, pour que cela cesse. Aux Etats-Unis cela a pris plus de temps encore. Mais j’ai toujours pensé que Mandela n’était pas un terroriste. C’était une personne qui incarnait la lutte pour la liberté et l’égalité au XXe siècle, et qui était un symbole de la lutte pour les droits de l’homme et pour la dignité humaine.

    Les nouveaux dirigeants du Congrès national africain, l’ANC, suivent-ils toujours l’héritage de Nelson Mandela ?

    Je crois qu’ils veulent intégrer son héritage, mais il n’y a pas un leader comme Mandela. Je pense que l’histoire de l’Afrique du Sud aurait été différente s’il n’y avait pas eu un leader comme lui. C’était une personne unique. On voit rarement dans les autres leaders, et pas seulement en Afrique du Sud, la combinaison de qualités de leadership de Mandela. Il n’y a qu’à voir comment le monde entier respecte Mandela. Maintenant, ce qui m’encourage, c’est la façon dont les jeunes Sud-Africains parlent de Mandela. Ils veulent démontrer qu’ils comprennent son héritage et veulent le prolonger. C’est cela qui m’encourage pour l’avenir.

    Justement, vous avez mentionné que le monde était en pleurs lorsqu’il a appris la mort de Nelson Mandela. Le président américain Barack Obama lui-même était très ému. Les Etats-Unis ont mis les pavillons en berne, tout comme la France. La réaction a été bien différente en Russie : pas de deuil, pas de drapeaux en berne. La déclaration de Vladimir Poutine, qui ne s’est pas déplacé aux obsèques, a été pour le moins très froide. Pourquoi l’image de Mandela est-elle perçue autrement en Russie, en tout cas par les autorités russes ?

    Peut-être Poutine ne veut-il pas voir quelqu’un d’autre que lui attirer l’attention, l’admiration et le respect du monde entier. Parce que Poutine veut être le centre d’attention en tant que leader mondial. Je pense que Mandela embarrasse beaucoup de dirigeants dans le monde, car il suscite le respect. Il suffit juste de voir comment les jeunes ont répondu à l’annonce de la mort de Mandela. Ce n’est pas la même chose avec Poutine et avec la Russie de maintenant. Mandela représente ce qui nous manque aujourd’hui dans le leadership de la Russie.

    Mandela a été souvent appelé Madiba, le nom de son clan, par ses proches. Comment l’appeliez-vous lorsque vous aviez des conversations avec lui ?

    Je connaissais le nom de Madiba, mais moi-même je m’adressais à lui comme Monsieur Mandela. J’avais beaucoup de respect pour lui et je pensais que le nom de Madiba était réservé à la famille et aux amis. Je le regardais comme Madiba, mais je n’ai jamais utilisé ce nom. J’utilisais Madiba quand je parlais de Nelson Mandela, mais pas quand nous parlions ensemble.

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