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    Mali: les festivals, acteurs cruciaux de la paix?

    media Tinariwen sur la scène du Festival au Désert, en 2007. FlickR / Damian Rafferty / Creative Commons

    Le Festival au Désert, le plus grand événement culturel au nord du Mali, a décidé de reporter sa prochaine édition qui devait se tenir à Tombouctou en janvier 2014. D’autres festivals résistent, malgré un contexte sécuritaire compliqué. Tous impliquent leurs organisations et artistes invités dans le processus politique de « normalisation », loin de leur fonction initiale. Est-ce bien leur rôle ?

    Le Festival au Désert a annoncé récemment sur son site que malgré tous les efforts mis en place par le gouvernement du Mali, par la Minusma et eux-mêmes, la situation n’est pas encore appropriée pour leur permettre d’assurer la sécurité des artistes et festivaliers.

    « Le nouveau gouvernement nous est favorable, c’est un moyen de démontrer la normalisation. C’est un symbole pour la presse internationale. Nous rentrons dans la logique de normalisation. Le président IBK cite souvent le festival, il doit y retourner. C’est un signe en direction des touristes aussi. Nous sommes au stade des contacts avec les ambassades, la Minusma », affirmait quelques semaines avant l'annonce le directeur du festival, Manny Ansar.

    La scène du Festical au Désert, en 2010, à Tombouctou. FlickR / Das A / Creative Commons

    Les festivals, acteurs politiques au Mali malgré eux

    Au fil de leurs éditions, les festivals sont en effet entrés dans le dispositif culturel et politique malien. ATT, IBK, Dioncounda Traoré ont tous affiché leur soutien à ces outils de dialogue inter-ethnique, et en maîtrisent bien la portée, le « symbole », la plus-value électorale également. Lors de la dernière décennie, des événements culturels au Mali, en particulier au Nord, sont devenus des vitrines touristiques, des outils de communication externe, voire parfois le moyen d’affirmer aux partenaires onusiens et occidentaux que des efforts sont entrepris pour la réconciliation.

    Lors de son allocution à Bamako le 3 février 2013, le chef de l'Etat malien par intérim Dioncounda Traoré a notamment cité les festivals, alors qu’il s’adresse à François Hollande:« Merci pour avoir rendu possible d’autres éditions du prestigieux festival d’Essakane, du festival de Tamadash, du festival d’Essouk, pour ne citer que des exemples récents d’une créativité symbolisé dans le monde entier par le blues de Taytaywaren (Tinariwen, NDLR), reflet du génie touareg, aussi, reflet du génie malien ».

    La phrase est acclamée par les Bamakois. La musique, la culture, permettent de minimiser la fracture entre le sud et les Touaregs, elle est entre de bonnes mains. Les organisateurs se retrouvent dans une position délicate, les artistes participant aux événements culturels sont de fait impliqués dans l’orientation choisie.

    La médiation interculturelle au Mali ne serait-elle gérée que par des festivals ?

    Difficile en effet de trouver des initiatives culturelles concrètes de « normalisation » qui émanent de l’Etat malien, que ce soit dans les projets du ministère de la Réconciliation nationale et du Développement des régions du Nord, ou lors des Etats généraux de la décentralisation, qui se sont tenus à Bamako en octobre 2013.

    En février 2013, Mamou Daffé, le directeur du festival sur le Niger, lance « L’appel de Segou » et franchit une étape supplémentaire dans les liens entre le monde artistique et la gestion des dossiers de reconstruction du pays. Loin des considérations musicales, le document prône de réfléchir à « l’établissement d’un diagnostic sans complaisance de la situation sécuritaire, politique, économique et sociale », ou encore « des ajustements et adaptations institutionnels -Constitution, Code électoral, charte des partis ».

    Lors d’un récent entretien, le directeur indique qu’au Mali une « grande place est accordée à la culture pour en faire un élément fort pour la cohésion sociale ». Certes, mais cette place semble n’être que le fruit d’initiatives privées, pas de politiques gouvernementales.

    Il reprend : « Nous n’avons jamais arrêté le festival. La question n’est pas tranchée sur la zone rouge. (Segou se trouve entre zone orange et zone rouge, NDLR). Notre programmation vise aussi à attirer plus de groupes de l’extrême nord du Mali. On diffuse d’ailleurs une exposition, Le Nord en fête. Les signaux semblent être aujourd’hui au vert, à Ségou la sécurité est assurée, même mieux qu’à Bamako ! On monte un projet en commun avec le Festival au Désert, un festival au Maroc, une caravane culturelle ».

    Cette Caravane pour la paix ira en effet dans des camps de réfugiés au Burkina Faso, près de Ouagadougou, mais au Mali… elle n'ira pas plus haut que Ségou, ville qui semble pourtant avoir moins besoin d’événements de réconciliation que Tombouctou, Gao, Kidal ou Tessalit.

    Des acteurs privés n’attendent plus personne pour lancer la réconciliation

    Au Sud, à Bamako, le centre culturel Tumast multiplie les soirées « de partage et de cohésion sociale ». Au Nord, à Bourem, le dialogue communautaire est au cœur du festival Tamasonghoï depuis sa création en 2009. Son directeur, Abdou Zoulla Touré, insiste sur le fait que, comme son nom l’indique, le festival est commun aux Songhay et Kel tamashek (touaregs). Pendant la guerre, leurs bureaux ont été occupés par les islamistes, tous les instruments de musique y ont été brûlés. Mais pour l’instant ils n’ont aucun partenaire, « ni personnalités politiques, ni ministère de la Réconciliation ».

    « On fait cela pour dire aux gens que la paix est revenue », reprend-il. Ramener la confiance, pour que les réfugiés aussi reçoivent le message qu’ils doivent revenir. Dès le 15 septembre 2013, avant qu’on nous parle de "normalisation", on a commencé à organiser des concerts, notamment avec des artistes qui avaient été déplacés. On organise des rencontres de "facilitation" entre Touaregs, Songhay, Arabes ».

    Soutien prudent des ambassades étrangères aux événements culturels en public

    Les ambassades occidentales sont mitigées sur l’appui aux événements culturels qui pourraient aider à la « normalisation ». Si les Pays-Bas, la Norvège et l’Espagne ont maintenu leurs aides, de nombreux pays n’osent pas encore trop s’engager. Des acteurs culturels de référence sont encore réfugiés à l’étranger, les structures administratives officielles maliennes pas encore restaurées au Nord.

    Par ailleurs, la menace d’enlèvements de touristes occidentaux est toujours présente. Yves Gueymard, conseiller de coopération et d'action culturelle de l’ambassade de France au Mali nous confirme « qu'à ce stade, en conséquence des mesures de sécurité découlant du zonage géographique et des instructions aux voyageurs du ministère des Affaires étrangères, nous nous abstenons de tout appui à des festivals ou des manifestations culturelles en zones rouge ou orange susceptibles de drainer des voyageurs ou des touristes (tout le pays est en zone rouge et orange, NDLR) ».

    Si les événements culturels en dehors de Bamako sont reportés ou annulés, qui restera-t-il pour mener des actions culturelles de dialogue au Mali, à un moment où le pays fait face à de nouvelles tensions ?

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