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    Afrique

    Somalie: les prémices d’un développement économique

    media Une vue aérienne du port de Mogadiscio en Somalie DR

    Depuis 2011 les shebabs, les rebelles islamistes, ne détiennent plus les villes principales du pays. Dans tous les secteurs, l’activité reprend mais les défis restent grands.

    Devant le port de Mogadiscio, une file de camions. Dans la touffeur, leurs chauffeurs attendent patiemment de franchir les grilles. Le port de la capitale somalienne est devenu depuis deux ans une zone ultra sécurisée par l’Amisom, la force armée de l’Union africaine sous mandat des Nations unies. Et pour cause, il est la première source de revenus de l’Etat somalien.

    « Le gouvernement dépend du port non seulement pour ses revenus mais aussi pour les services et biens de consommations comme les produits électroniques, les voitures ou encore la nourriture », explique major Isaac Muwa du contingent angolais de l’Amisom.

    Depuis que les shebabs ont été repoussés de Mogadiscio en 2011, le port a triplé ses revenus, passant de 2 millions de dollars par mois à 6 millions. « Environ 500 camions repartent d’ici chaque jour, ajoute Isaac Muwa. Tous les jours, une vingtaine de camions viennent aussi des régions agricoles alentour pour exporter des marchandises. »

    Le marché international, c’est très exactement ce dont rêve Baashir Sala, directeur d’une coopérative agricole vers la localité d’Afgoye, à 30 km au nord-ouest de Mogadiscio. Une vingtaine de maraîchers ont uni leurs forces sur une superficie de 200 hectares. Ils produisent bananes, pamplemousses, mangues, noix de coco… Les affaires vont bon train, mais la coopérative veut voir plus loin : « Nous produisons plus que ce dont le marché local a besoin, constate Baashir Sala. Plus que ce qu’il faut pour Mogadiscio et toute la région. Les fruits que nous avons en trop finissent par pourrir par terre. »

    Mais le pays manque cruellement d’infrastructures. Il faut au moins 40 minutes de mauvaise route pour venir à bout des 30 km qui séparent Mogadiscio d’Afgoye. Nursalat Gulane est membre de la coopérative. Cet homme âgé a traversé la guerre. De ses yeux clairs il sourit : l’essor économique, le marché mondial, le succès à l’export, il veut y croire mais garde des réserves : « Notre production est bonne, mais nous n’avons pas de bonne routes, et surtout nous n’avons pas de gouvernement pour construire ces routes. Quand il pleut nos fruits ne peuvent même pas atteindre le marché local. »

    L'argent de la diaspora

    Après plus de 20 années de guerre civile, l’Etat somalien est exsangue. Il cherche donc l’argent là où il est : chez la diaspora somalienne. Fin octobre, un département de la diaspora a été créé au sein du ministère des Affaires étrangères. « 80% du capital de départ des entreprises en Somalie vient de la diaspora grâce à leurs transferts d’argent. L’objectif de ce bureau est d’organiser tout cela en système », détaille Abdul Kahder Mohammed directeur du département. Il a quitté Toronto pour revenir au pays dès 2011. « Hier nous étions des exilés, mais aujourd’hui nous sommes les héros qui sauvent ce pays. »

    L’année dernière la diaspora a transféré 1,6 milliard de dollars en Somalie, soit près de la moitié du Produit intérieur brut (PIB) du pays. En réalité cette somme pourrait être le double voire le triple, car la plupart des transferts de fonds de la diaspora se font dans le secteur informel.

    Dans un restaurant flambant neuf, au bord de la plage Lido, Abdulaï Mehedi déjeune avec des amis. Il est revenu de Minneapolis aux Etats-Unis et est aujourd’hui l’heureux propriétaire du Royal hôtel à Mogadiscio. Un investissement d’un million de dollars : « Dès que le nouveau gouvernement a été élu, je me suis dit ‘’si on ne rentre pas maintenant, tout va devenir plus cher et nous n’en aurons plus les moyens’’. Ceux qui arrivent les premiers ont la meilleure part du gâteau. »

    Investissements étrangers

    La Somalie attire également les convoitises des investisseurs internationaux. En première ligne : des entrepreneurs turcs. Depuis environ un an Turkish airways a ouvert une ligne vers Mogadiscio. En septembre, la compagnie turque Favori LLC a obtenu la gestion et la logistique de l’aéroport international Allen Abdul.

    En octobre, le Premier ministre turc, Recep Tayyip Erdogan, s’est rendu à Mogadiscio avec une délégation d’hommes d’affaires. Le voyage a été fructueux puisque l’entreprise Al Bayrak a obtenu la concession du port de la capitale pour vingt ans.

    Les Turcs ne sont pas seuls. En août, la Somalie a signé son premier accord pétrolier depuis deux décennies. Une compagnie britannique, Soma Oil & Gas, a ainsi obtenu le droit de prospecter au large des côtes somaliennes et à l’intérieur des terres.

    Mais cette ruée sur la Somalie inquiète les observateurs internationaux qui redoutent une nouvelle déstabilisation de la zone. Cet été, le groupe de surveillance des Nations unies a publié un rapport sur la question. Il affirme notamment qu’une exploitation prématurée de l’or noir en Somalie, risque d’embraser le pays.
     

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