GRILLE DES PROGRAMMES
Monde
Afrique
Vendredi 22 Juillet
Samedi 23 Juillet
Dimanche 24 Juillet
Lundi 25 Juillet
Aujourd'hui
Mercredi 27 Juillet
Jeudi 28 Juillet
    Pour profiter pleinement des contenus multimédias, vous devez avoir le plugin Flash installé dans votre navigateur. Pour pouvoir vous connecter, vous devez activer les cookies dans les paramètres de votre navigateur. Pour une navigation optimale, le site de RFI est compatible avec les navigateurs suivants : Internet Explorer 8 et +, Firefox 10 et +, Safari 3 et +, Chrome 17 et + etc.
    Afrique

    Le combat contre l'esclavage en Mauritanie récompensé par l'ONU

    media Biram Ould Dah Ould Abeid, président de l'Intiative pour la résurgence du mouvement abolitionniste en Mauritanie (IRA), après sa sortie de prison, le 3 septembre 2012 à Nouakchott. AFP PHOTO / STRINGER

    Le prix des droits de l’homme de l'ONU a été attribué au président de l'IRA, une association mauritanienne anti-esclavagiste. Ce prix, remis le 10 décembre, va-t-il aider Biram Ould Dah Ould Abeid dans son combat contre l'esclavage ? Le gouvernement va-t-il débloquer le dossier de l'IRA et reconnaitre officiellement l'association qui n'a toujours pas son récépissé ? Les explications de Marie-Pierre Olphand dans l'émission Appels sur l'actualité de Juan Gomez.

    L'initiative pour la résurgence du mouvement abolitionniste (IRA) espère que ce prix va renforcer son image. D'abord et surtout auprès de l'Etat mauritanien, qui a été très méfiant, pour ne pas dire hostile, à l'association à ses débuts. Les premières années de l'IRA ont été marquées par des relations houleuses avec le pouvoir, résolu à couper l'herbe sous le pied de ces militants trop agités à son goût, volontairement provocateurs. On se souvient notamment du jour où le président de l'association, Biram Ould Dah Ould Abeid, aujourd'hui récompensé, avait brûlé des livres de droit musulman, provoquant un tollé dans l'opinion publique. Plusieurs membres de l'IRA ont d'ailleurs fait de la prison, son président a été arrêté au moins à deux reprises et a passé plusieurs mois derrière les barreaux.

    Beaucoup de progrès encore à faire

    Aujourd'hui, les relations avec le pouvoir sont meilleures reconnait l'IRA, mais des progrès peuvent encore être faits. A commencer par la reconnaissance officielle de l'association qui lui permettrait de prétendre à des subventions nationales ou européennes.

    L'association a été créée en octobre 2008 et a déposé après sa première assemblée générale en mai 2010 un dossier pour être enregistrée et reconnue comme association légale. Comme la procédure le veut, le préfet s'est saisi du dossier, il y a eu une enquête de moralité, et finalement le dossier complet a été enregistré au secrétariat central du ministère de l’Intérieur le 15 juin 2010 sous le numéro 2325, puis le 17 juin sous le numéro 2740 au niveau de la Direction des affaires politiques et des libertés publiques (DAPLP). C'est cette direction qui s'occupe des associations. Mais depuis, plus aucune nouvelle. Cela fait deux ans et demi que le ministère n'a pas donné suite.

    Seydou Sall directeur général de ce département explique qu'il a pris ses fonctions il y a seulement un peu plus de trois mois, après le décès de son prédécesseur Sidi Yeslim Ould Amar Cheine. Le nouveau directeur dit donc ne pas s'être penché encore sur le dossier, et ajoute que depuis sa prise de fonction, l'IRA ne s'est pas manifestée. On comprend donc qu'aux yeux des autorités c'est à l'association de redonner signe de vie pour que son dossier soit remis à l'ordre du jour.

    Quand le politique s’immisce dans l’associatif

    Ce prix jouera t-il en la faveur de l'IRA ? Peut-être, mais rien ne dit pour l'instant que le ministère de l'Intérieur y sera sensible. L'histoire montre qu'en Mauritanie la reconnaissance des associations dépend souvent d'une décision politique. A titre d'exemple, l'association SOS esclaves avait du attendre dix ans avant d'être reconnue finalement en 2005.

    Si la distinction des Nations unies va sans aucun doute participer à la médiatisation de l'IRA, et à la reconnaissance de l'association à l'étranger, concrètement, en revanche, ce n'est pas sûr que le prix transforme au quotidien les activités de l'association, qui n'en avait pas besoin pour être connue localement. L'association travaille aujourd'hui normalement ou presque, confirme l’un de ses responsables, Bala Touré, que ce soit avec la justice ou les autorités locales des régions où elle est appelée à intervenir, lorsque des cas d'esclavage sont dénoncés.

    Commentaires
     
    Désolé mais le délai de connexion imparti à l'opération est dépassé.