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    Simon Njami, une histoire d'arts

    media Simon Njami, au Salon urbain de Douala en 2010. Wikimedia/Creative Commons/Roberto Paci Dalo

    Simon Njami ne s’accroche à aucun poste et refuse les étiquettes. Même celle d’Africain, qui n’a pas beaucoup de sens pour lui. Ancien commissaire général et directeur artistique des Rencontres africaines de la photographie à Bamako, commissaire de la grande exposition Africa Remix, montée au musée Beaubourg en 2004, Simon Njami est aussi difficile à cerner qu’à classer.

    Jusqu’au 1er février 2014, on peut voir à Abidjan l’exposition « At Work », une série de carnets Moleskine signés par des talents connus et inconnus de l’art contemporain. Simon Njami, 51 ans, a conseillé la fondation Donwahi pour l’art contemporain, qui organise cette exposition aussi virtuelle, déclinée sur Internet. « Nous avons demandé des croquis aux architectes, des notes aux écrivains, des dessins aux plasticiens, mais aussi des carnets libres à de simples amateurs », explique-t-il. On découvre pêle-mêle les dessins et écrits du jeune talent sénégalais Fally Sene Sow, du plasticien zambien Baaba Jakeh Chande, du Bulgare Ivan Moudov ou de la Française d’origine guyanaise Audry Liseron-Monfils. Cette exposition reflète bien le monde de Simon Njami : ouvert, éclectique et irréductible à un seul genre.

    « Etre Africain, qu’est que cela veut dire ? »

    Né en 1962 à Lausanne, en Suisse, il est arrivé adolescent à Paris. Et s’interroge encore, aujourd’hui : « Est-ce qu’on n’est pas d’abord Bassa, Douala ou Bamiléké avant d’être Camerounais ou Africain ? ».

    Une réflexion qui fait sourire l’une de ses vieilles connaissances, le philosophe camerounais Achille Mbembe : « La vérité, c’est que Simon Njami est tout cela à la fois. J’ai remarqué qu’il renvoie souvent à ses origines bassa. Il en tire une espèce d’orgueil primitif qui m’amuse. Ils sont tous à peu près comme ça au Cameroun, avec une identité ethnique atavique, même chez les plus policés ! ».

    Simon Njami pourrait être l’incarnation de « l’Afropolitain » tel que le définit Achille Mbembe : un Africain qui ne vit pas dans son pays d’origine, un citadin qui tire sa vitalité d’un principe de circulation. La définition lui va comme un gant, au regard de son agenda des dernières semaines : 24 heures à Londres pour une conférence sur le marché de l’art, cinq jours à Lagos puis une semaine à Marrakech pour des ateliers avec des photographes, quelques jours à Bamako puis une semaine à Abidjan à la mi-décembre pour le vernissage d’« At Work ». Le tout entrecoupé de pauses chez lui, un appartement de la rue de Bagnolet, dans le XXe arrondissement de Paris. Mais il récuse aussi : « L’afropolitanisme, c’est une formule ».

    Plusieurs voies à la fois plutôt qu’une seule

    Cette tête pensante de l’art contemporain africain ne veut surtout pas s’enfermer dans les questions d’identité. « Quand on va chercher l’Afrique dans le travail des artistes, on cherche quoi, à part des présupposés ? », lance-t-il. Indépendant et rebelle, il reste marqué par la pensée de James Baldwin, un grand auteur africain-américain à qui il a consacré un essai en 1991. Soucieux de ne pas choisir une voie, il en suit plusieurs à la fois.

    Au départ, il a fait du droit pour devenir avocat. Une petite embardée pour défendre son père, Simon Bolivar Njami-Nwandi, un pasteur protestant et homme politique jeté dans les geôles du régime d’Amadou Ahidjo (1960-1982). Ensuite journaliste, il publie à 23 ans son premier roman, Cercueil & Cie (Lieu Commun, Paris, 1985). Un vrai-faux polar sur les Noirs de Paris, qu’il découvre, et un hommage à deux de ses auteurs favoris, Chester Himes et Boris Vian. Il est embarqué dans une autre aventure avec la Revue Noire, qu’il fonde en 1991 avec ses amis Jean-Loup Pivin et Pascal Martin Saint-Léon. Le voilà critique d’art, découvreur de talents, commissaire d’expositions. Et progressivement, l’un des papes de l’art contemporain africain, un titre qu’il partage avec le Nigérian Okwui Enwezor - nommé directeur de l'édition 2015 de la Biennale de Venise - à New York.

    Lui continue de se décrire comme « quelqu’un qui écrit », et reste fidèle à son rêve d’enfant : « Ne travailler pour personne ». Il cultive une certaine arrogance. Un abord difficile qui lui sert de protection, surtout à Paris. « On m’aborde souvent sous l’angle de l’Africain qui a réussi, dit-il. En France, il ne paraît pas tout à fait normal de maîtriser des références grecques et latines quand on est Noir. Ailleurs, je suis Mr Njami ». Une personnalité reconnue, y compris dans sa complexité.

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