GRILLE DES PROGRAMMES
Monde
Afrique
Dimanche 19 Mai
Lundi 20 Mai
Mardi 21 Mai
Mercredi 22 Mai
Aujourd'hui
Vendredi 24 Mai
Samedi 25 Mai
    Pour profiter pleinement des contenus multimédias, vous devez avoir le plugin Flash installé dans votre navigateur. Pour pouvoir vous connecter, vous devez activer les cookies dans les paramètres de votre navigateur. Pour une navigation optimale, le site de RFI est compatible avec les navigateurs suivants : Internet Explorer 8 et +, Firefox 10 et +, Safari 3 et +, Chrome 17 et + etc.
    Dernières infos
    Hebdo

    Les dirigeants nord-coréens jugés un jour pour crimes contre l’humanité?

    media Lors de négociations avec la Corée du Sud en 2013. Les micros, au centre de la table, servent aussi à délimiter la frontière à l’intérieur du bâtiment. Les sièges situés à droite se trouvent en Corée du Nord. Kèoprasith Souvannavong / RFI

    Un rapport de la commission de l’ONU qui enquête depuis mai 2013 sur les violations des droits de l’homme en Corée du Nord, a été rendu public cette semaine. Il demande que les dirigeants nord-coréens comparaissent devant la justice internationale pour crimes contre l’humanité.

    Le chef des enquêteurs parle de crimes « qui rappellent ceux des nazis ». D'abord, dans des camps où depuis des dizaines d'années, on tue par le travail forcé, la famine organisée, la torture, les exécutions, les viols, en tuant également les enfants des prisonniers ou en forçant les femmes à avorter. En cinquante ans, plusieurs centaines de milliers de prisonniers seraient morts -, il en resterait encore entre 80 000 et 100 000. Sachant que les Nord-coréens qui ne sont pas enfermés dans les camps subissent les mêmes horreurs.

    Crimes contre l'humanité aussi les enlèvements d'étrangers pratiqués par Pyongyang depuis 1953 et la fin de la guerre de Corée : 200 000 personnes auraient ainsi été enlevées selon le rapport, qui parle de disparitions forcées « exceptionnelles par leur ampleur » - beaucoup de Sud-coréens mais aussi des Japonais, des Libanais, des Thaïlandais, et des Français, entre autres. Et puis, il y a ces politiques que le régime a appliquées dans les années 1990 pour se maintenir au pouvoir, alors que Pyongyang savait pertinemment qu’elles allaient accentuer une famine déjà endémique.

     
    Une enquête difficile
     
    Les trois enquêteurs de l’ONU ont dû faire face à une situation très particulière puisqu’ils n'ont pu se rendre en Corée du Nord : Pyongyang a refusé leur demande, après avoir fait savoir que de toute façon elle rejetait cette commission « fruit d'une conspiration ». Comment ces enquêteurs ont-ils procédé ? Depuis la division de la péninsule, beaucoup d'habitants ont fui le Nord. Simples citoyens, responsables politiques ou de l'armée : la commission s'est rabattue sur leurs témoignages. Il y a aussi les familles des très nombreux étrangers enlevés par Pyongyang. Sur toutes ces victimes, tous ces témoins, quatre-vingts ont été entendus à Séoul, Tokyo, Londres et Washington lors d'auditions ouvertes au public. D'autres voulaient parler, mais avaient peur que leurs familles restées en Corée du Nord subissent des représailles - même chose pour certains spécialistes du pays qui ont besoin de garder de bonnes relations avec Pyongyang pour continuer à se rendre dans le pays : tous préféraient rester anonymes. Plus de 240 interviews ont donc été menées en privé dans les villes déjà citées auxquelles il faut ajouter Bangkok.

    Une montagne de documents

    La Commission a également lancé un appel à partager informations et documentations à l’attention de tous les États-membres des Nations unies et à toutes les personnes concernées par cette enquête. De très nombreux rapports et documents ont également été envoyés par les Nations unies, par des ONG, des gouvernements, des instituts de recherche et des universités, permettant ainsi de mieux définir le contexte des témoignages que la commission récoltait par ailleurs.
    Dans tous les pays où elle a mené ses entretiens, la commission a rencontré des responsables gouvernementaux, d'ONG et de la société civile. Par contre, elle n’a pu se rendre en Chine, particulièrement à la frontière, où elle voulait rassembler des informations sur tous ceux qui ont fui le régime de Pyongyang en passant par le Nord ; elle comptait aussi enquêter sur les accusations de trafic de femmes nord-coréennes en Chine. Fin de non-recevoir de Pékin, le seul allié de la Corée du Nord dans le monde, qui s’est borné à envoyer quelques lettres.

    Une procédure judiciaire ?

    Au final, le rapport qui fait quand même plus de 370 pages sera remis le mois prochain au Conseil des droits de l'homme de l'ONU, qui l'avait commandé et qui décidera des suites à lui donner. Les enquêteurs demandent la comparution des dirigeants nord-coréens pour crimes contre l'humanité devant la Cour pénale internationale, ou la création par l'ONU d'un tribunal spécial ad hoc. Le chef des enquêteurs a d'ailleurs envoyé une lettre au président nord coréen Kim Jong-un, lui expliquant qu'il risquait de se retrouver devant la justice internationale… Ce qui ne risque pas de se produire : la Chine est au Conseil de sécurité, et elle a prévenu qu'elle mettrait son veto sur toute résolution allant dans ce sens.
    D'autant que le rapport affirme que Pékin est potentiellement complice de crimes contre l'humanité lorsque les autorités chinoises renvoient des exilés nord-coréens dans leur pays où ils risquent d'être enfermés, torturés, tués. Pékin n'a pas apprécié, et a réagi en affirmant gérer « correctement, en conformité avec le droit international et les principes humanitaires (le) problème des transfuges nord-coréens » qu’elle ne considère pas comme des réfugiés politiques mais comme des réfugiés économiques, et qu’elle renvoie systématiquement dans leur pays.
    Plus largement, les Etats qui se sont exprimés sur ce rapport, dans des termes par ailleurs élogieux, comme les Etats-Unis ou la Corée du Sud, n'ont pas pour autant évoqué une saisine de la justice internationale. La situation a été extrêmement tendue l'an dernier avec la Corée du Nord, et peut-être ne veulent-ils pas jeter de l'huile sur le feu. D'ailleurs, les ONG trouvent que la communauté internationale regarde plus la Corée du Nord sous le prisme du risque nucléaire que de celui des droits de l'homme. Mais le rapport a le mérite d'exister. Certes, il documente des situations déjà connues par ceux qui s'intéressent à ce pays, mais il marque aussi une étape, parce qu'il est très documenté et qu'il porte le sigle de l'ONU.

    Des missiles Musudan lors d’un défilé militaire à Pyongyang, capitale de la Corée du Nord. AFP / FILES / Ed Jones
    Chronologie et chiffres clés
    Sur le même sujet
    Commentaires

    Republier ce contenu

    X

    Vous êtes libres de republier gratuitement cet article sur votre site internet. Nous vous demandons de suivre ces Règles de base

    Le Partenaire s'engage à ne pas porter atteinte au droit moral des journalistes. A ce titre, le Contenu devra être reproduit et représenté par le Partenaire tel qu'il a été mis à disposition par RFI, sans modifications, coupures, ajouts, incrustations, altérations, réductions ou insertions

    Ajoutez cet article à votre site Web en copiant le code ci-dessous.

    Republier ce contenu

    X

    Vous êtes libres de republier gratuitement cet article sur votre site internet. Nous vous demandons de suivre ces Règles de base

    Le Partenaire s'engage à ne pas porter atteinte au droit moral des journalistes. A ce titre, le Contenu devra être reproduit et représenté par le Partenaire tel qu'il a été mis à disposition par RFI, sans modifications, coupures, ajouts, incrustations, altérations, réductions ou insertions

    Ajoutez cet article à votre site Web en copiant le code ci-dessous.

     
    Désolé mais le délai de connexion imparti à l'opération est dépassé.