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    Hebdo

    Le potentiel énergétique de la Lune éveille les convoitises

    media La Lune recèlerait au moins 1 million de tonnes d'hélium-3 contre 15 tonnes sur la Terre Reuters

    Les progrès réalisés par la Chine dans le domaine spatial et l’ambition chinoise d’installer une station habitée sur la Lune avant 2025 ont ravivé l’intérêt du monde envers l’astre délaissé. Riche en matières rares comme l’hélium-3, la Lune et son gigantesque potentiel de ressources énergétiques est en train de redevenir un objectif majeur de la conquête spatiale.

    On n’ira pas jusqu’à écrire qu’il s’agissait d’une vieille lune mais quand même. Maintes fois évoqué, maintes fois fantasmé, le retour de l’homme sur la Lune ne tient plus de la science-fiction. Les Chinois ont même fixé une date : c’est pour 2024, soit 52 ans après la visite des Américains Harrison Schmitt et Eugene Cernan - vous les aviez oublié, nous aussi - les deux derniers astronautes à avoir foulé le sol lunaire, c’était le 14 décembre 1972 lors de la mission Apollo 17.

    L’hélium-3, énergie de l’avenir ?

    Photo haute définition des modifications de la lune, prise par la sonde américaine LRO. Nasa

    Encouragé par le succès des missions Chang’e-1 (2007), Chang’e-2 (2010) et Chang’e-3 qui est en cours actuellement avec en vedette le robot d’exploration Yutu, plus connu sous le nom de « Lapin de jade », l’Empire du milieu clame haut et fort son ambition : disposer d’ici une dizaine d’années d’une station habitée sur la Lune. Outre le fait qu’elle constitue un élément rassembleur qui flatte l’orgueil national, la conquête spatiale chinoise apparaît remarquablement ciblée et structurée, même si l’on n’en connaît pas tous les aspects, ni tous les objectifs.

    On ignore par exemple quel est le montant du budget spatial de la Chine. Certains l’évaluent à 4 milliards d’euros annuels (celui de la NASA est estimé à 18 Mds d’euros hors activités militaires), d’autres jugent qu’il est beaucoup plus élevé car l’industrie spatiale emploierait à elle seule plus de 200 000 chinois. Il en va de même pour les objectifs réels même si, dernièrement, une hypothèse circule beaucoup dans les milieux scientifiques : les Chinois voudraient d’abord et avant tout utiliser, voire s'approprier, les très conséquentes ressources énergétiques de la Lune. C’est notamment l’avis d’Harrison Schmitt, l’un des astronautes d’Apollo 17 et auteur du livre « Retour sur la Lune » pour qui le « Lapin de jade » sert en premier lieu à tester du matériel en vue de futures extractions lunaires.

    L'unique satellite de la Terre recèle en effet des trésors : de l’eau sous forme de glace qui servira quand l’homme voudra y séjourner sur de longues périodes, des matières premières utilisées dans les appareils électroniques dont la demande ne cesse d'augmenter et qui sont en train de devenir rares sur la planète, mais aussi de l’hélium-3, un gaz déjà exploité dans de nombreux domaines (médecine, armée) et qui est susceptible de pouvoir servir un jour de source d'énergie à l’humanité pendant des siècles. Combiné au deutérium, cet isotope de l’hélium pourrait en effet se substituer à la fusion thermonucléaire avec l’immense avantage de n’être ni polluant, ni radioactif.

    Espace commun ou espace privé ?

    La mission Apollo 11 (29 juillet 1969). NASA

    D’après les experts, les ressources terrestres en hélium-3 seraient à l’heure actuelle d’environ 15 tonnes alors que, sur la Lune, elles seraient supérieures à 1 million de tonnes, certains disent même 5 millions de tonnes. Pour donner une vague idée du potentiel de cette manne énergétique, et même si pour l’instant tout cela demeure très théorique, 100 tonnes d’hélium-3 suffiraient à alimenter la planète entière en électricité durant toute une année, comme l’affirmait récemment le père du programme lunaire chinois, Ouyang Ziyuan, dans une interview accordée au quotidien Yangcheng Evening Post.

    La Chine disposant déjà dans ses sols de la très grande majorité des ressources en terres rares utilisées dans les nouvelle technologies, les autres pays s’inquiètent d’une hégémonie chinoise dans ce domaine hautement stratégique, surtout si elle s’étendait également à l’espace. Ce n’est donc pas un hasard si la Nasa - agence spatiale financée par le gouvernement fédéral américain - a fait savoir fin janvier qu’elle était prête à passer des accords avec le secteur privé pour concevoir et construire des atterrisseurs lunaires robotisés capables de poser sur la Lune des charges allant de 30 à 500 kilos. En clair : elle ferait bénéficier les partenaires de son savoir-faire, sans qu'un seul dollar d’argent public soit mis dans l’entreprise, pour leur permettre d'exploiter le sol et le sous-sol lunaire.

    Le secteur privé se montre d’autant plus intéressé qu’il ne s’estime pas, pour le moment, soumis aux exigences du Traité de l’ONU datant de 1967 qui régit les activités relatives à l'espace extra-atmosphérique. Ce traité, qui implique que la Lune et ses ressources sont considérées comme un héritage commun à l’humanité, a été ratifié par des États mais pas par des sociétés. Nul doute cependant que la question du droit de la propriété spatiale surgira à un moment ou à un autre sur l’agenda. « Le Traité sur l’espace extra-atmosphérique n’interdit pas l’extraction et l’utilisation des ressources lunaires par des sociétés. Cette question ne pourra être abordée que dans le cadre d'un futur traité » a en tout cas déclaré récemment Mike Gold, le directeur de Bigelow Aerospace, l’une des société américaines intéressées par les projets de collaboration avec la Nasa.

    Coopération obligatoire

    La Lune vue par la sonde LCROSS. NASA

    Les Américains ne sont pas les seuls à vouloir concurrencer les Chinois dans ce qui pourrait devenir une deuxième course à l’Espace, soixante ans après celle qui vit les Etats-Unis damer le pion à l’URSS pour la « conquête » de la Lune. Même s’ils n’y ont encore jamais envoyé de cosmonaute, les Russes ont, eux aussi, pour ambition d’installer une station lunaire habitée, une fois achevé leur programme de test Luna 25.

    En plus des Chinois, des Américains et des Russes, l’Inde, le Japon et les Européens veulent également envoyer des missions habitées sur la Lune d’ici à 2025. L’Agence spatiale européenne mettrait même en ce moment les bouchées doubles pour développer une imprimante 3D géante qui lui permettrait de façonner sur place sa future station avec du sable lunaire plutôt que d’expédier du matériel de la Terre, beaucoup plus lourd et encombrant à transporter.

    Au vu des contraintes budgétaires actuelles, on peut se demander si ces projets verront le jour à l’heure dite. Et si ces bases lunaires ne serviront pas plutôt d'escales pour des missions vers d'autres planètes du système solaire, un peu comme des stations-service de l'espace, car le rapatriement sur Terre de l'hélium-3 s'annonce très compliqué. Faute de financements suffisants, des alliances devront certainement se nouer entre moyennes puissances spatiales, comme celle passée en juin 2013 lors du salon aéronautique du Bourget entre l’Agence spatiale russe Roskosmos et son homologue européenne l’ESA qui ont signé un mémorandum de compréhension mutuelle dans le domaine de l'exploration de la Lune. Pour l’heure en tous cas, le Lapin de jade chinois semble posséder un avantage substantiel sur les tortues lancées à sa poursuite.

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