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    Polémique en Espagne après la mort de 15 migrants africains à Ceuta

    media Les gardes civils de Ceuta, même bien équipés, sont souvent débordés. JMN/Cover/Getty Images

    La polémique se poursuit sur les raisons de la mort, le 9 février, de 15 immigrants subsahariens à Ceuta, l’enclave espagnole au nord du Maroc. Au même moment, plus de 200 migrants se sont lancés, ce 28 février à l’aube, à l’assaut de la triple frontière grillagée de Melilla, la cité voisine.

    Depuis le début de l’année, et en particulier ces derniers jours, le centre d’accueil espagnol de Melilla a accueilli plus de 1 000 personnes, pour une capacité de 480 places. Reste que l’ampleur de la riposte des forces de l’ordre à Ceuta au début du mois a ému les organisations des droits de l’homme en Europe. L’opposition espagnole réclame une commission d'enquête indépendante pour savoir si la mort des migrants est due au fait que des gardes civils auraient tiré des balles en caoutchouc sur les infortunés qui étaient dans l'eau.

    La polémique prend de l'importance en Espagne, après la mort de 15 immigrants africains, le 9 février, à Ceuta. Elle a provoqué des réactions dans toute l'Europe, des réactions scandalisées sur le fait que les forces de l'ordre espagnoles aient pu tirer sur des immigrants sans défense qui tentaient de rejoindre à la nage une plage de Ceuta, et donc de parvenir en territoire espagnol. Les partis d'opposition demandent la démission du chef de la Garde civile.

    Polémique, aussi, parce que les autorités ne sont pas d'accord entre elles. Depuis le début, la garde civile a absolument nié que des balles aient été tirées alors que les Africains étaient dans l'eau. Elle a toujours prétendu que le drame s’est produit alors que les immigrants se trouvaient dans les eaux territoriales marocaines. Mais Jorge Fernandez Diaz lui-même, ministre de l'Intérieur, a démenti, dans un deuxième temps, cette version des faits, affirmant que rien n'était clair. Si bien que le doute persiste, d'autant qu'une récente vidéo, prise par des caméras de sécurité, montre des gardes civiles très violents avec les Africains.

    Aujourd'hui, il est question principalement de l’ouverture d'une commission d'enquête pour déterminer ce qui s'est réellement passé. S'il est possible de prouver que la mort des 15 Africains est la conséquence des tirs avec des balles de caoutchouc, suite à la panique, alors les choses ne devraient pas en rester là.

    Manifestation à Madrid contre la mort de 15 immigrants africains le 9 février à Ceuta Reuters/Juan Medina

    Prêts à tout pour le grand saut

    Au-delà de ce drame, Madrid voudrait de toute façon secouer le cocotier sur ce problème récurrent de l'immigration illégale sur ses enclaves de Ceuta et de Melilla. L'Espagne estime à juste titre que cette frontière n'est pas seulement nationale mais qu’elle est aussi européenne et que Bruxelles devrait donc aider et renforcer le dispositif de sécurité. D’autant que les forces de l'ordre se disent débordées. Madrid voudrait aussi pouvoir renvoyer immédiatement au Maroc les immigrants saisis peu après avoir escaladé le grillage qui fait office de frontière. Mais il n'est pas sûr que Rabat accepte, car cela signifie pour le pays voisin un problème supplémentaire.

    Dans le fond, ce qui paraît compliqué, c’est que tout dépend de la pression des immigrants aux portes de Ceuta et de Melilla. Car le nombre d'immigrants augmente sans cesse. De source officielle, environ 4 000 d'entre eux ont réussi en 2013 à passer les grillages-frontières sans que la police les attrape. Le plus souvent, ils s'organisent en groupes de 300 voire de 400, et tentent d'escalader un triple grillage de six mètres de haut hérissé de barbelés, aussi bien à Ceuta qu’à Melilla. Cela est évidemment très difficile et périlleux et provoque de nombreuses blessures.

    Du coup, beaucoup tentent aussi d'entrer en territoire espagnol coincés sous la tôle d'une voiture ou d'un camion ou bien à la nage. Les gardes civils ont beau être équipés de caméras thermiques et à infrarouge, ils sont souvent débordés, et de plus en plus agressifs et violents envers les Africains. Et tout cela devrait empirer dans les prochaines semaines.

    On estime qu’il y aurait actuellement 30 000 immigrants près de Ceuta et Melilla, prêt à tout pour réaliser le grand saut.
     

    Près de 150 immigrants ont réussi à entrer à Melilla le 17 février. Euronews.

    La manifestation de Madrid sur le site newsflare.com

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