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Islam Journée internationale de la femme

Quand des femmes musulmanes disent leur révolte

media Egypte: trois supportrices d'A. Chafik, ancien adversaire de l'islamiste M. Morsi à la présidentielle. Reuters/Amr Abdallah Dalsh

Deux journalistes algériennes, Monique Ayoun et Malika Boussouf, tracent dans un livre intitulé Musulmanes et laïques en révolte le portrait de 20 femmes d’exception, qui ont toutes en partage la culture de l’Islam. Certaines sont descendues dans la rue lors des Printemps arabes. D'autres ont en mémoire le traumatisme du 11-Septembre. Tunisiennes, Maliennes, Algériennes, Marocaines, Syriennes, Egyptiennes, Libanaises, ces égéries se racontent sans tabou. Sans détour.

« Le jour où je me suis révoltée, j’ai sauté dans un train », raconte Ayaan Hirsi Ali, cette célèbre somalienne devenue députée néerlandaise, dont le récit ouvre la série de 20 portraits de femmes d’exception, brossés par deux journalistes algériennes, Monique Ayoun et Malika Boussouf dans un livre intitulé Musulmanes et laïques en révolte. En 1976, à 44 ans, cette musulmane, fille d’un leader de l’opposition au dictateur Siad Barre, fuit la Somalie. L'incroyable odyssée qu’elle nous raconte est le parcours d’une femme en révolte. Jeune, belle, Noire, musulmane, mais aussi excisée et demandeuse d’asile, elle devient quelques années plus tard l’une des « égéries » du Parlement aux Pays-Bas… Sous le coup d’une fatwa après avoir renié publiquement l’Islam, Ayaan Hirsi Ali, femme de convictions, continue à défendre ses idées et pour ce faire, n’hésite pas à changer de parti politique…

Qu’elles soient Algériennes, Tunisiennes, Marocaines, Egyptiennes, Maliennes, Syriennes, toutes les intellectuelles qui s’expriment dans ce livre ont en partage la culture de l’Islam : elles sont nées musulmanes. Elles n’ont pas eu le choix. Mais aujourd’hui, tout a changé, explique Malika Boussouf, journaliste et écrivain : « C’est la récupération d’une parole qui leur avait été en partie confisquée, dans des sociétés patriarcales où la femme est confinée au rôle d’épouse, de mère, de sous citoyenne. »
 

11-Septembre, le jour où tout a basculé

« Elles n’ont plus rien à perdre et sont prêtes à prendre tous les risques au péril de leur vie et on l’a vu sur les rives de la Méditerranée avec les Printemps arabes qui sont toujours en cours », souligne Monique Ayoun. En Tunisie, au Maroc, en Egypte, les femmes sont descendues dans la rue, renchérit la journaliste. « Elles se devaient de faire entendre leurs voix et de se battre, pour faire valoir leur droits. »

Même en Tunisie où les femmes disposent d’un code du statut personnel très progressiste, héritage du président Bourguiba, leur combat n’est pas terminé. Encore et encore, elles doivent lutter pour éviter des régressions et préserver des acquis, constate Malika Boussouf non sans ironie. Sinon, dit-elle, « c’est un peu faire du sur place ».

«Musulmanes et laïques en révolte, rencontre avec 20 femmes d'exception», (Ed. Hugo et Cie). Hugo.Doc

 
Ces portraits se feuillettent au fil des histoires. On est face aux événements sur plusieurs continents, du Proche au Moyen-Orient en passant par l’Afrique et l’Occident. On est presque tenu en haleine avec ces parcours incroyables comme celui atypique de Nonie Darwish, Egyptienne… Où l’on plonge dans le Gaza : « J’ai été endoctrinée, dès l’enfance, avoue-t-elle. A l’école, on ne nous enseignait que la haine, la vengeance et les représailles. J’ai grandi dans la haine des Juifs et d’Israël, j’étais antisémite.» Son père, responsable des renseignements militaires égyptiens à Gaza organisait les unités de fedayin, ceux qui se sacrifient et tuent des Juifs au nom du djihad. Lorsque son père est éliminé par le Mossad, Nonie a huit ans...

« La réalité, ma réalité, c’est que j’ai fui l’islam ». Nonie s’est exilée aux Etats-Unis où elle est devenue journaliste et écrivaine. Un parcours de combattante. Femme engagée, elle a fondé l’association « Des arabes pour Israël », dont l’objectif est de réformer l’Islam et construire la paix entre Arabes et Juifs.
 
Parler haut et fort, et à visage découvert
 
Aujourd’hui, toutes ces femmes savent ce qu’elles ne veulent plus. L’Islam intégriste, elles le rejettent. Et si certaines parlent de réformes, d’autres pensent que c’est impossible et que la seule alternative reste la laïcité. Le déclic de leur prise de conscience est remonté à la surface lors des attentats dramatiques du 11 septembre 2001. Ayaan Hirsi Ali, Nonie Darwish, Sana Ben Achour…

Nombreuses sont celles qui ont réagi voire « sur-réagi » à ces événements. Il y avait même un décalage entre elles et leur entourage qui ne les comprenait plus après tant d’années écrasées par une chape de silence. Et là, elles ont dit stop. Stop à l’intégrisme musulman qui, disent-elles, frappe à nos portes. Il faut donc démonter les mécanismes et appeler l’Occident à plus de vigilance. Elles osent parler haut et fort, et à visage découvert. Et c’est un peu la nouveauté. La parole se libère avec un regard critique sur la société musulmane.
 
Celles qui sont en exil alertent l’Occident sur cet Islam radical, les autres continuent à se battre de l’intérieur. Elles luttent en permanence pour leur survie, pour leurs droits, pour l’égalité, pour la démocratie… A bout de souffle, sans doute, mais elles sont pleines d’énergie et d’espoir. A l’image de ces Marocaines de la génération montante et rebelle. Moyenne d’âge, la trentaine : Betty Lachgar, psychologue, mène des actions coups de poing. Exemple : le navire pour l’avortement qui a pu accoster sur les côtes marocaines, une grande première.

Fatym Layachi, comédienne, metteur en scène, a monté un spectacle autour de la révolte intitulé Je dis non et qui dénonce l’extrémisme religieux. Autre figure : Mouna Izzdine, rédactrice en chef du magazine Femina. Pendant le Mouvement du 20 février, elle s’est servie de Facebook comme défouloir « contre l’enfer », avec pour pseudo « Belzebuth Kahena ».
 

Il faut des dirigeantes dans le monde arabe

Trois questions à Monique Ayoun co-auteure Musulmanes et laïques en révolte. 07/03/2014 - par Sylvie Koffi écouter

Vives et pétillantes, cultivées et gorgées d’optimisme, ces femmes, pour certaines musulmanes et croyantes et pour d’autres musulmanes et laïques, veulent vivre leur sexualité sans tabou. « Ils ont peur de nos seins, ceux- là mêmes qui leurs procurent nourriture vitale puis plaisirs sensuels », lance Mouna Izzdine.

Loin des carcans que leur impose la tradition qui les veut vierges ou les force à se marier en leur imposant un mari, ces femmes sont ambitieuses aussi, et prêtes à conquérir le pouvoir. Il faut des dirigeantes dans le monde arabe. C’est l’objectif de Randa Kassis, Syrienne : « Je veux accéder au pouvoir pour faire changer les choses ». Et elles sont convaincues de la nécessité de leur combat. « Les avancées se feront par elles et avec elles, elles n’ont plus rien à perdre, ajoute Monique Ayoun. Au contraire, à part la soumission, elles ont tout à gagner! » Ce n’est plus qu’une question de temps.

Pour en savoir plus, retrouvez les auteures du livre dans l'émission 7 Milliards de Voisin d'Emmanuelle Bastide

Musulmanes et laïques en révolte, par Malika Boussouf et Monique Ayoun. Paris, Hugo Doc éditeur, 2013.

Pour visionner le film réalisé par Theo Van Gogh et Ayaan Hirsi Ali.

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