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    Le Turkménistan, l'une des dictatures les plus fermées du monde

    media Le Palais du bonheur à Achkhabad, au Turkménistan, où les prisons sont terribles. Reuters/Aman Mehinli

    « Prouvez qu’ils sont vivants ». C’est le titre de la campagne lancée par un groupe d’ONG qui tente de savoir ce que sont devenus les centaines de prisonniers politiques qui croupissent dans les geôles de cette ex-république soviétique d’Asie centrale, riche en gaz.

    Correspondant de RFI en Asie centrale, 
     
    Le Turkménistan est une des dictatures les plus fermées du monde. Il n’existe quasi aucune information sur ce que sont devenus les prisonniers politiques qui croupissent dans les geôles de cette ex-république soviétique d’Asie centrale. Les familles ne peuvent pas les voir. Ils ne peuvent absolument pas communiquer avec leurs proches, ne serait-ce qu’une fois pas an.

    Les prisons turkmènes sont terribles. Les détenus y sont totalement livrés à l’arbitraire du système carcéral. Pour ce qui est des prisonniers politiques, rares sont ceux qui en sortent. Un des derniers à l’avoir fait s’appelle Rejep Saparov, l’ancien chef de l’administration du défunt dictateur Saparmourat Niazov. Il en est sorti en octobre 2009, mort, à ce qu’on dit, d’épuisement.

    Ils l’ont découvert, gisant au sol 

    Le président du Turkménistan à cheval AFP/Igor Sasin

    On ne sait vraiment rien de ces prisonniers. Ou très peu. Le groupe d’ONG de défense des droits de l’homme qui a lancé cette campagne intitulée « Prouvez qu’ils sont vivants » a tenté, et tente encore, de rassembler des informations. Cela fait partie intégrante de leur projet. Parfois, il obtient des bribes d’informations, parce qu’un ancien codétenu a glissé un message aux familles. Je pense par exemple au ministre des Affaires étrangères de l’ancien président Niazov, Batyr Berdiev. Selon un prisonnier, il aurait été torturé au tout début, en 2002, lors de son arrestation. Il le décrit comme « absolument défiguré » après quelques semaines. Il serait mort en prison en 2005, d’une attaque cardiaque. Les gardiens n’ayant pas le droit d’entrer dans sa cellule, ils sont allés chercher du secours. En revenant, ils l’ont découvert, gisant au sol.

    Qui sont ces prisonniers politiques ? Tous ceux, sans exception - sans doute sont-ils entre 100 et 200 -, qui ont osé s’opposer au pouvoir. Mais il y a aussi d’anciens proches du président Niazov, qui avait poussé le style dictatorial à son paroxysme – et notamment Batyr Berdiev dont je viens de parler. Parce que dans les logiques de pouvoir de cette « satrapie », pas question que quelqu’un devienne puissant à côté du dictateur, du sultan. Une partie d’entre eux a été accusée d’avoir fomenté un attentat contre Niazov fin 2002. Depuis, pas de nouvelles.

    Bien sûr, il n’y a eu aucune réaction du pouvoir turkmène après le lancement de la campagne du groupe d’ONG de défense des droits de l’homme - américaine, russe, norvégienne - qui cherchent à savoir ce que sont devenus ces prisonniers politiques. D’autant que la communauté internationale se garde bien de faire pression sur le Turkménistan. A la fois parce que c’est un potentiel gros producteur de gaz et… un voisin de l’Afghanistan et de l’Iran.

    Un gazoduc dans le désert du Turménistan. Getty Images
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