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    Hebdo

    Le Nigeria est-il impuissant face à Boko Haram?

    media Combattants de la secte Boko Haram au Nigeria. AFP PHOTO/YOUTUBE

    Dans Appels sur l’actualité, un auditeur s’interroge sur la secte Boko Haram au Nigeria. Les Nations unies ont lancé un cri d’alarme sur les violences dans le nord-est du Nigeria lié aux agissements de Boko Haram et de l’armée nigériane. Le Nigeria, Etat le plus riche d’Afrique de l’Ouest, et l’un des plus riches du continent, semble impuissant dans sa lutte contre Boko Haram. Problème politique ? Problème militaire ? Lors de sa dernière visite fin février, le président Hollande a promis d’aider le pays dans sa lutte contre Boko Haram. À l’heure actuelle, qu’en-est-il de cette aide et en quoi pourrait-elle consister ?

    Le problème est complexe. Derrière cette impuissance il y ’a à la fois un manque de volonté politique, l’incompétence et la brutalité des militaires, un système de renseignement défaillant, et une succession d’erreurs stratégiques au fil des années. Le Nigeria est un pays puissant, possédant de multiples richesses, mais ça ne fait pas tout. Encore faut-il les utiliser de manière adéquate.

    Dans la région pétrolifère du delta du Niger, au sud du pays, les autorités s’en servent pour acheter l'accalmie des militants avec le processus dit d'amnistie. Mais nul ne sait jusqu’à quand cela peut tenir. Dans le cadre du conflit avec Boko Haram, c’est une solution qui a été envisagée à un moment. Puis écartée. En fait, la réponse à cette crise se fait par un déploiement de moyens, mais uniquement sécuritaires. Abuja n’a jamais changé de stratégie.

    Quelques exemples ....

    L’Etat de Borno a des forces spéciales, les JTF, forces militaires conjointes, en poste depuis cinq ans à Maiduguri, le fief historique de la secte. Plus de mille hommes sont sur place. Ils mènent une bataille quasi-quotidienne, faite de règlements de comptes avec les islamistes. Sans succès. Le budget alloué à la sécurité l’année dernière a plus que doublé.

    L’état d’urgence a été déclaré dans trois Etats du Nord-Est depuis Mai 2013, Adamawa, Yobe et Borno ; et des opérations de grandes envergures y sont menées. Mais ça ne change rien non plus, au contraire, cela tend même a exacerber les choses : plus de 700 morts rien que depuis le début de l'année.

    Des victimes présumées de la secte Boko Haram sont soignées à l’hôpital de Bama, dans l’Etat de Borno. REUTERS/Stringer

    En fait, cette crise est aujourd’hui très profonde. Et c’est l’un des résultats de l'insurrection générale de Juillet 2009. C’est à ce moment que l’armée a détruit le QG de la secte. Les affrontements entre les forces de l’ordre et la police avaient duré trois jours et fait plus de 800 morts, dont de nombreux civils qui depuis craignent plus les militaires que Boko Haram.

    Depuis cette époque aussi, et c’est important, les membres de Boko Haram ont pris le maquis et se sont radicalisés. Ils n’ont plus de QG ni de mosquées pour se réunir. Ils se sont fondus dans la population. Du coup, nul ne sait pas combien ils sont, ni qui ils sont. Ils n’ont pas de tenue distinctive ou de signe particulier. C’est « monsieur et madame tout le monde ».

    Boko Haram n’est donc plus la petite secte de Maiduguri. Mais une nébuleuse d’islamistes invisibles lourdement armés, capables de changer de cible et de tactique. Ce qui rend les opérations extrêmement compliquées. C’est aussi une nébuleuse qui sert de nombreux intérêts. Ceux des politiques, des criminels, des vendeurs d’armes, des trafiquants en tous genres. Et des Militaires. De plus en plus d’informations font état de massacres qui seraient commis par ces militaires, mais qui sont imputés à Boko Haram afin que le combat se poursuive dans le but de déstabiliser les autorités fédérales dirigées par un président issu du Sud chrétien.

    Qu'en est-il de l'aide promise par François Hollande ?

    Lors de sa dernière visite fin février, le président Hollande a promis d’aider le Nigeria dans sa lutte contre la secte. Mais peu d’informations sortent sur la teneur de cette aide. Concrètement, le président français n’a annoncé que la formation de 20 000 soldats par an, des soldats africains et non Nigérians. En fait, les autorités françaises entendent surtout appuyer l’idée de l’Union africaine qui veut créer une forme spéciale d’intervention en cas de crise.

    Côté diplomatique cependant, les Nigérians espèrent que la France va développer le renseignement et peser de son poids pour favoriser une meilleure coopération avec le voisin camerounais. Car les relations entre les deux pays sont tendues. Les Nigérians estiment que les islamistes ont des bases arrières au Cameroun voisin et qu’ils ne feraient pas grand chose pour lutter contre. C’est d’ailleurs ce qui a poussé le Nigeria, mi-février, à fermer une partie de sa frontière dans l’Etat de l’Adamawa pour éviter les incursions d’insurgés et de groupes criminels. Hasard ou résultat d’une pression française, vendredi dernier 14 mars, le Cameroun a juré dans un communiqué qu’il ne permettrait jamais à des insurgés d’utiliser son territoire pour déstabiliser le Nigeria voisin. Ce qui constitue un pas vers l'apaisement de la part de Yaoundé.

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