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    Omar Victor Diop, photographe de l'Afrique qui bouge

    media Le photographe sénégalais Omar Victor Diop. Mandela Grégoire

    Omar Victor Diop, 33 ans, photographe sénégalais, habite à Dakar. Il fait partie de cette génération qui a choisi de rester au pays pour se construire son avenir.

    Un changement de mentalité qui se voit dans son travail photographique, rempli d’optimisme, d’énergie et d’espoir. Ses séries de portrait reflètent l’Afrique d’aujourd’hui : un continent qui bouge à toute vitesse et dans toutes les directions. Comme lui.

    Au départ, l’artiste était promis à une voie toute tracée, formé à l’Ecole supérieure de commerce de Paris, ensuite recruté par Ernst & Young comme analyste, puis par British American Tobacco (BAT) pour ses affaires institutionnelles en Afrique. Un poste qui l’a mené un an à Nairobi et six mois à Lagos. En parallèle, il n’a jamais cessé d’être un touche-à-tout et un bricoleur qui faisait de la photo le week-end. Ce côté l’a emporté, après les Rencontres photographiques de Bamako, fin 2011, au cours desquelles sa série « Le futur du beau », une exploration de la mode « durable » du siècle prochain, en 2112, montre des femmes vêtues de papier kraft ou ornées d’éponges à récurer.

    Série «La beauté du futur». Omar Victor Diop

    Il a ces temps-ci plusieurs expositions en cours, l’une à Paris à la Maison de l’Afrique, l’autre en Espagne à Malaga. En mai, un projet de studio éphémère l’attend à l’Institut français de Dakar, pour le côté « off » de la Biennale des arts. Son idée : tirer le portrait des artistes de la diaspora qui seront de passage, pour sa série The Studio of Vanities ( Studio des vanités).

    Les nouveaux visages de la scène culturelle

    Dans cette série, il créée tout un décor et parfois même des vêtements pour chaque personnalité, les nouveaux visages de la scène culturelle et urbaine – blogueurs, DJ, stylistes, présentateurs TV… Ces clichés remplis de culture pop parlent à tout le monde, en Afrique comme en Europe. Ils montrent une génération qui sait d’où elle vient et qui elle est. L’une d’entre elles a fait la couverture du hors-série Afrique 3.0 de Courrier International en 2013.

    Souvent, la critique évoque les grands noms du portrait en Afrique de l’Ouest en parlant de

    Adama Paris, série «Artist Sittings». Omar Victor Diop

    son travail : Seydou Keita, Malick Sidibé, Oumar Ly. « C’est pour moi un grand honneur », souligne Omar Victor Diop, qui rappelle aussitôt l’existence de photographes anonymes ou oubliés, comme Mama Casset, illustre photographe sénégalais dont les portraits se trouvent dans bien des albums de famille, dont les siens, puisqu’il avait fait un portrait de son grand-père. Parmi ses références figurent aussi le designer français Jean-Paul Goude, dont les publicités pour Kodak l’ont marqué, et le créateur de mode britannique Alexander Mac Queen. Il lit et relit par ailleurs les deux tomes de Ségou, le roman de Maryse Condé. Et de manière générale, il apprécie le côté « créole » de son univers.

    L’esthétique métissée de la ville africaine

    « Quand on a grandi dans une ville africaine, on a une esthétique très métissée, le cinéma venant de partout, oriental, américain et africain… ». En Afrique francophone, il note cette différence : « Un art de la nostalgie presque mélancolique ». Il s’en démarque. « Mon travail est résolument tourné vers l’avenir  ».

    Photographie tirée de la série «The Studio of Vanities», Aïcha Dème, blogueuse. Omar Victor Diop

    Avec un ami franco-américain, le photographe Antoine Tempé, basé à Dakar, il apporte aussi des réponses en images à ce fantasme : et si les grands classiques du cinéma américain avaient été faits en Afrique ? A quoi ressemblerait Audrey Hepburn en Côte d’Ivoire ? Le projet, intitulé « Onomollywood », lui a permis d’apprendre quelques leçons, notamment de communication. « La presse américaine remplace le mot “africain” par “black” pour susciter la controverse, relève-t-il. L’idée n’était pas de trouver une Audrey Hepburn noire, mais Ivoirienne ». Tant pis pour ces distorsions : il s’agit surtout pour lui de jouer et de rêver, aucun débat racial là-dedans…

    « L’art est une grosse conversation, pas un dogme », souligne cet artiste ouvert, curieux et qui continue d’apprendre. En Espagne, le voilà en train de faire « une gentille fixation » sur de grands peintres comme Vélasquez, Dali ou Picasso. A suivre, donc… Car Omar Victor Diop n’en est qu’à ses débuts, fulgurants.

    * Omar Victor Diop, photographe sénégalais de talent, du 1er mars au 6 septembre 2014 à la Maison de l’Afrique, 90 rue Bonaparte, 75006 Paris.

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