Pour en finir avec la faim: le modèle ouest-africain - MFI - RFI

 

  1. 07:10 TU Sessions d'information
  2. 07:30 TU Journal
  3. 07:40 TU Grand reportage
  4. 08:00 TU Journal
  5. 08:10 TU Appels sur l'actualité
  6. 08:30 TU Journal
  7. 08:40 TU Appels sur l'actualité
  8. 09:00 TU Journal
  9. 09:10 TU Priorité santé
  10. 09:30 TU Journal
  11. 09:33 TU Priorité santé
  12. 10:00 TU Journal
  13. 10:10 TU 7 milliards de voisins
  14. 10:30 TU Journal
  15. 10:33 TU 7 milliards de voisins
  16. 11:00 TU Journal
  17. 11:15 TU Sessions d'information
  18. 11:30 TU Journal
  19. 11:33 TU Sessions d'information
  20. 12:00 TU Journal
  21. 12:10 TU Sessions d'information
  22. 12:30 TU Journal
  23. 12:33 TU Sessions d'information
  24. 12:40 TU Grand reportage
  25. 13:00 TU Journal
  1. 07:10 TU Sessions d'information
  2. 07:30 TU Sessions d'information
  3. 08:00 TU Journal
  4. 08:10 TU Appels sur l'actualité
  5. 08:30 TU Journal
  6. 08:40 TU Appels sur l'actualité
  7. 09:00 TU Journal
  8. 09:10 TU Priorité santé
  9. 09:30 TU Journal
  10. 09:33 TU Priorité santé
  11. 10:00 TU Journal
  12. 10:10 TU 7 milliards de voisins
  13. 10:30 TU Journal
  14. 10:33 TU 7 milliards de voisins
  15. 11:00 TU Journal
  16. 11:15 TU Sessions d'information
  17. 11:30 TU Journal
  18. 11:33 TU Sessions d'information
  19. 12:00 TU Journal
  20. 12:10 TU Grand reportage
  21. 12:30 TU Sessions d'information
  22. 13:00 TU Journal
  23. 13:10 TU Sessions d'information
  24. 13:30 TU Journal
  25. 13:33 TU Danse des mots

Dernières infos

fermer

MFI

Cédéao OCDE Alimentation

Pour en finir avec la faim: le modèle ouest-africain

media La grande famille du Réseau de prévention de crises alimentaires en Afrique de l'Ouest, (RPCA), en réunion restreinte à l'OCDE, Paris. wanjiru.ocde

Les représentants de 17 pays de l'Afrique de l'Ouest et de la bande sahélienne se sont réunis à Paris pour analyser la situation alimentaire et nutritionnelle de leurs populations. Cette situation demeure inquiétante et exige que les pays redoublent d'efforts pour atteindre leur objectif d'éradiquer la faim dans la région en l'espace d'une génération.

Malgré une production céréalière en hausse de 11% à l’issue de la campagne agricole 2013-2014, la situation alimentaire dans les 17 pays du Sahel et de l’Afrique de l’Ouest demeure inquiétante, avec 13 millions de personnes en situation d’insécurité alimentaire et nutritionnelle, dont 2,1 millions en besoin d’assistance humanitaire urgente, selon les chiffres de novembre 2013. Les raisons de ce déficit sont climatiques, mais aussi socio-politiques (guerre civile, déplacement des populations, crise économique) et structurelles. Telles sont les conclusions de la réunion restreinte du Réseau de prévention de crises alimentaires (RPCA) qui s’est déroulée au siège de l’OCDE à Paris du 14 au 16 avril dernier.

Eradiquer la malnutrition et la faim

Selon les responsables du Club du Sahel et de l’Afrique de l’ouest (CSAO) au sein de l’OCDE et dont dépend le RPCA, des crises alimentaires à répétition que connaît la région (émeutes de la faim en 2008, crise alimentaire dans la bande sahélienne en 2010) témoignent des insuffisances des actions humanitaires mises en place depuis trente ans. Ces actions se situent dans le prolongement des dramatiques famines sahéliennes de 1973 et de 1984. Les aides d’urgence terminées, il a fallu repenser l’agriculture dans les pays concernés, mais aussi la philosophie de l’intervention pour mieux prévenir et prévoir les crises.

« Nous avons dépensé beaucoup d’énergie et d’argent le plus vite possible pour finalement nous rendre compte que nous avons oublié de construire les fondations de l’édifice que nous construisons », a déclaré François-Xavier de Donnea, président du CSAO en ouverture de la récente réunion parisienne. Il a appelé de tous ses vœux la mise en place d’une action inscrite dans le long terme qui seule, selon lui, permettrait de régler les problèmes alimentaires chroniques dont la région souffre et de réaliser l’engagement générationnel pris par le Club et ses acteurs « d’éradiquer la faim et la malnutrition dans les 20 prochaines années ».

Une action inscrite dans le temps implique une meilleure coordination entre les différents acteurs de la production agricole. Entre, notamment, agriculteurs, décideurs politiques, ONG, organisations régionales et autres acteurs internationaux. Cette coordination est devenue d’autant plus indispensable qu’en raison de ses causalités multiples les crises alimentaires d’aujourd’hui sont bien plus complexes et multiformes que les famines des années 70 et 80 causées par la sécheresse. La malnutrition et la faim contemporaines sont autant le résultat des irrégularités des précipitations que du quadruplement de la population urbaine dans l’Afrique de l’Ouest, de la recrudescence des conflits politiques (Mali, Centrafrique, Tchad, sans oublier le Soudan) et des tensions sur les prix des denrées.

RPCA et les crises alimentaires

C’est pour mieux analyser et gérer ces différents facteurs que le RPCA a été créé en 1984. Il sert de « plate-forme internationale de concertation et de coordination » qui s’appuie sur le leadership politique des Commissions de la CEDEAO et de l’UEMOA. Né dans un contexte d’aide alimentaire massive qui se déversait dans le Sahel en réponse aux crises alimentaires récurrentes, le RPCA avait comme principaux objectifs dans les premières années de son existence d’adapter l’aide alimentaire internationale aux besoins et de garantir son approvisionnement aux populations sinistrées du Sahel dans les délais voulus, tout en s’assurant que cette aide n’ait pas d'effets néfastes sur la production locale et le développement.

Parmi les principales réalisations du RPCA, il faut citer la Charte de l’aide alimentaire adoptée en 1990 qui, au dire de tous, a positivement influencé l’évolution des politiques d’aide alimentaire. Elle est devenue en 2011 la Charte pour la prévention et la gestion des crises alimentaires, pour tenir compte de l’évolution de l’orientation des politiques de sécurité alimentaire fondées désormais moins sur la gestion de l’aide alimentaire que sur la prévention des crises alimentaires, avec pour objectif final: la mise en œuvre d’une sécurité alimentaire durable.

Parmi les autres acquis du RPCA, la transformation de l'Afrique de l'Ouest et du Sahel en des régions pionnières dotées d’un véritable cadre d’échange et de coordination en matière de sécurité alimentaire. Cette rationalisation a permis notamment à l’Afrique de l’Ouest de devenir au cours des trois dernières décennies, comme le rappellent les auteurs de Peuplement, marché et sécurité alimentaire (publication OCDE 2013), la région du monde qui affiche la croissance la plus rapide en terme de production agricole. Celle-ci a enregistré le taux annuel moyen de croissance de 3,7% (la moyenne annuelle mondiale est de 2,2%), soit un triplement entre 1980 et 2010. Selon le classement de la FAO pour performances agricoles, six pays de la région se trouvent parmi les 25 premiers pays du monde.

Le dynamisme de l’Afrique de l’Ouest en la matière, l'exception faite des pays touchés par les conflits et l'instabilité politique,  se traduit aussi par la stabilisation de la dépendance des pays de la région à l’égard des importations. Leur part (20%) dans les disponibilités alimentaires est restée identique pendant les trente dernières années, ce qui montre que les agriculteurs ouest-africains ont su s’adapter à la demande croissante, émanant notamment de la population urbaine.

Paradoxalement, malgré la croissance de la production agricole, la sous-alimentation dans l’Afrique de l’Ouest a diminué de manière inégale. Dans de nombreux pays de la région, à l’exception notable du Ghana, la situation alimentaire reste fragile à cause de la vulnérabilité de ces pays aux conflits et aux catastrophes naturelles.

Refondation

C’est Laurent Bossard, directeur du Club du Sahel de l’OCDE, qui résume avec perspicacité les nouveaux enjeux de la sécurité alimentaire en Afrique de l’Ouest. « Si nous avons réussi à vaincre le drame de la faim à grande échelle comme ce que le Sahel a pu connaître dans les années 70/80, persiste une question chronique de faim et de malnutrition qui touche bon an mal an une dizaine de millions de personnes. Cette situation relève moins de la crise alimentaire que de la pauvreté et de l’incapacité de ces personnes à accéder au marché. Aujourd’hui, en Afrique de l’Ouest, comme ailleurs dans le monde, on peut mourir de faim à côté d’un marché très bien achalandé. »

Présentation par la représentante du Sénégal de l'avancement du programme national pour la prévention et la gestion des crises alimentaires. Paris, le 16 avril 2014. wanjiru.ocde

Pour pouvoir faire face à cette situation nouvelle, le RPCA a dû se refonder en lançant en 2012  son mouvement AGIR (Alliance Globale pour favoriser des Initiatives en matière de Résilience) qui a pour but de mobiliser la volonté politique au sein des pays membres. Les décideurs ont pris conscience que la résorption de la fragilité alimentaire persistante passe par un plus grand engagement des pays concernés, appelés à formuler et mettre en oeuvre des plans d’action nationaux.

Lors de la réunion restreinte de Paris, les représentants de la Côte d’Ivoire, du Togo, du Niger, du Sénégal et du Tchad ont pris la parole pour expliquer l’avancement de leurs programmes nationaux respectifs pour rendre leurs communautés nationales plus résistantes aux chocs chroniques qui menacent leur sécurité alimentaire. Le national et le régional s'imposent désormais comme les deux piliers sur lesquels reposent les actions dans ce domaine. Cette complémentarité est illustrées par l'initiative lancée notamment pour la mise en œuvre de la stratégie régionale de stockage de sécurité alimentaire de la CEDEAO qui bénéficie du soutien financier de l'Union européenne. Cette stratégie prévoit la mise en place de 6 stocks régionaux d’ici fin 2014 pour une réserve totale de 400 00 tonnes de céréales, en complément des stocks nationaux.

Ces efforts déployés par les pays ouest-africains et  leurs organisations régionales pour assurer la sécurité alimentaire de leurs populations font de l’Afrique de l’Ouest la région la mieux préparée pour prévenir et gérer les crises alimentaires à venir. Son système de gestion des crises en amont, malgré ses lacunes et ses ratés, mériterait peut-être d'être étendue à d’autres régions du continent encore moins bien préparées que son versant occidental.


Laurent Bossard, directeur du Club du Sahel et de l'Afrique de l'ouest wanjiru.ocde

« Les gouvernements ouest-africains et les organisations régionales, poussés par leurs sociétés civiles de mieux en mieux organisées, sont tentés d’ériger des barrières tarifaires pour protéger leur marché. Cette question de la protection constitue la principale pierre d’achoppement dans les négociations de l’Afrique avec l’Union européenne. Or toutes les régions du monde sont passées dans leur histoire par une phase de protectionnisme. L’Europe n’a pas dérogé à la règle. La pensée économique admet qu’un pays ou une région se protège pour permettre à son industrie et à son agriculture d'acquérir suffisamment de force afin de pouvoir affronter la concurrence mondiale sur un pied d’égalité. Au nom de la globalisation, l’Afrique subsaharienne se voit aujourd’hui interdite de recourir au protectionnisme. C’est une injustice flagrante du point de vue historique, mais aussi du point de vue du sens commun car il va de soi que l’Afrique ne pourra éradiquer la faim qu’en maîtrisant les prix des denrées alimentaires. » (Laurent Bossard)

 


 

Mamadou Cissoko, président d'honneur du Réseau des organisations paysannes et des producteurs de l'Afrique de l'Ouest (ROPPA) wanjiru.ocde

« Individuellement, les Etats africains ont signé l’accord de Marrakech qui les mène tout droit dans l’Organisation mondiale du commerce (OMC), alors que la société civile africaine que je représente estime que nos économies n’ont rien à gagner en entrant dans l’OMC. Je dis donc à nos autorités politiques : créons d’abord les conditions de renforcement de nos capacités de production et de transformation. Créons d’abord les conditions de régulation de nos marchés et de la libre circulation au niveau régional. C’est ce que les autres ensembles ont fait, avant d’ouvrir leurs marchés à la concurrence internationale. Les négociations multilatérales (le « Doha Round ») sont aujourd’hui bloquées à cause des Européens et des Américains qui estiment qu’ils ont déjà fait beaucoup de concessions et ne peuvent faire plus sans mécontenter leur opinion publique. Pour contourner le blocage, ils négocient en bilatéral et par conséquent nos marchés sont inondés de produits venus de l’extérieur. Il est de notre responsabilité de protéger nos économies et donner une chance à  notre politique agricole balbutiante. » (Mamadou Cissoko)

Sur le même sujet

Commentaires

 
Désolé mais le délai de connexion imparti à l'opération est dépassé.