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    Zoom sur l’enlèvement des lycéennes de Chibok

    media Un homme en larmes lors du face à face entre les parents des jeunes filles enlevées par Boko Haram et le gouverneur du Borno, à Chibok, près de Maiduguri. 22 avril 2014. Reuters/Stringer

    Dans Appels sur l’actualité, de Bobo Dioulasso, Abidjan, Niamey ou Libreville, des auditeurs réclament des éclaircissements sur l’affaire des 276 jeunes filles enlevées le 14 avril au soir au nord-est du Nigeria, dans l'Etat de Borno. Cet enlèvement a eu lieu à Chibok, près de Maiduguri, alors que les jeunes se trouvaient à l’intérieur de leur lycée. Il a été revendiqué le 5 mai dans une vidéo par  Boko Haram. La veille, le Nigeria demandait l’aide internationale.

    Où en sont les recherches dans l’affaire de l’enlèvement des lycéennes de Chibok ?
    Et bien, les recherches se poursuivent et les familles se sont cotisées pour ratisser la zone... Les militaires prospectent la forêt de Sambisa, située au sud de l’Etat de Borno. Un cordon de sécurité a été dressé tout autour. Le 25 avril, l'armée a déclaré avoir tué 40 insurgés à proximité sans donner plus de détails. Sauf que des informations indiquent que les filles auraient franchi la frontière… coté camerounais et tchadien. Et le week-end du 3 mai, les Etats-Unis, par la voix de son secrétaire d’Etat John Kerry, ont indiqué qu’ils aideraient les autorités nigérianes à retrouver les filles - sans préciser comment. Enfin, le président Goodluck Jonathan est sorti de son mutisme le 4 mai. Il s’est exprimé pour la première fois dans cette affaire à la télévision. Il a reconnu que les forces de sécurité ne savaient toujours pas où se trouvaient les lycéennes et il a demandé l’aide internationale - entre autres, celle de la France et des Etats-Unis. Pour ce qui est du nombre de jeunes filles portées disparues, il y a eu beaucoup de « cafouillages » entre les chiffres de l’armée et ceux des familles. Finalement, les autorités ont réactualisé leurs données et annoncé que 276 filles avaient été enlevées - 53 se seraient échappées. Ce qui porte à 223 le nombre d’adolescentes manquantes !

    Pourquoi les écoles ne sont-elles pas plus sécurisées ?
    Bonne question. Et c’est bien celle que tous les Nigérians se posent. Après l’attaque du lycée de Chibok, les autorités locales ont dit que l’établissement était gardé - sans préciser par combien de soldats ou de policiers. La réalité, c’est que l’école était fermée. Suite à la multiplication des attaques, l’Etat de Borno a ordonné, fin février, la fermeture de 85 établissements pour une durée indéterminée, obligeant 120 000 lycéens à rester chez eux.

    Alors, pourquoi les adolescentes étaient-elles là ?
    Et bien, les filles étaient venues passer un examen de physique. En fait, cet enlèvement pose la question plus globale de la capacité des militaires à assurer la sécurité des populations. Le budget de l’armée, cette année, est colossal : 4,5 milliards d’euros, le double de celui de l’éducation. Et pourtant, rien ne change sur le terrain. Les salaires sont toujours aussi déplorables. Les hommes sous-équipés et mal formés. Et les Nigérians finissent par se demander s’ils luttent vraiment... Avec cette question qui revient souvent : Comment se fait il que les ravisseurs n’ont pas encore été repérés par l'armée ? Sachant qu’ils circulent dans d'énormes convois avec leurs victimes depuis trois semaines. Cela laisse penser qu’il y a toute une zone qui échappe au contrôle des autorités.

    Comment les filles ont-elles fait pour s’échapper ? Qu’ont-elles raconté après leur libération ?
    D’après les autorités, 53 adolescentes ont réussi à s’échapper. Très peu de témoignages ont été recueillis : 2 ont été publiés pour la première fois dans des quotidiens dimanche 4 mai. Les filles ont raconté que les insurgés ont fait irruption dans le dortoir. Ils portaient des uniformes et se seraient fait passer pour des soldats en leur disant de les suivre pour  échapper à l’attaque de Chibok qui était en cours. Ils leurs ont ordonné de monter dans un camion. Celles qui refusaient se voyaient pointer une arme a la tempe. Les adolescentes ont ensuite traversé la forêt de Sambisa, située au sud de Maiduguri. A chaque village, les insurgés s'arrêtaient, pillaient les maisons, tuaient les gens avant de tout mettre à feu. Une d’entre elles a expliqué que c’est au cours de ces attaques qu’elle a pensé que c'était le bon moment de fuir, car les islamistes étaient occupés, et donc distraits. Mais au village suivant, peu ont suivi et sauté du véhicule car elles étaient pétrifiées. Celles qui se sont enfuies ont ensuite été recueillies par des parents, partis à la recherche de leur fille...

    A Abuja, le 30 avril, la société civile proteste contre la lenteur de la police. Reuters/Afolabi Sotunde

    Pourquoi le groupe a-t-il enlevé ces filles ? Dans quel objectif ?
    Déjà, il faut savoir que le groupe est opposé à l’éducation. « Boko » signifie le livre, et « Haram », c’est pêché. En d’autres termes, l’éducation occidentale est un péché.

    Opposé a l’éducation, donc, et particulièrement celle des filles.
    Dans la conception du groupe islamiste, les femmes devraient être à la maison, élever les enfants et prendre soin de leurs époux. Pas a l’école, en train de se cultiver et de réfléchir.

    Dans quel objectif les ont-ils capturées ?
    Cela fait partie de leurs actions. Abubakar Shekau, le leader de la secte, l’avait annoncé en mai 2013. Il justifiait ces kidnappings en représailles aux actions que des forces de sécurité mèneraient contre leurs femmes et leurs enfants. Il faut savoir que les combattants sont en permanence en mouvement. Ce qui signifie qu’ils laissent leurs femmes. D’après des groupes de défenses des droits de l’homme, les filles kidnappées remplaceraient en quelque sorte ces femmes. Elles serviraient d’esclaves sexuelles et de bonnes. Les rumeurs qui circulent à Chibok veulent d’ailleurs que certaines filles aient été mariées de force...

    Quand ont-ils formulé la première revendication ?
    C’est dans une vidéo diffusée le 5 mai qu’ils ont revendiqué cet enlèvement de masse. La vidéo dure 57 minutes. Le son est de mauvaise qualité, l’image floue... Mais on y reconnaît Abubakar Shekau, le leader de la secte islamiste Boko Haram. Vêtu d’une veste-treillis, une kalachnikov contre le torse, il se tient debout devant un véhicule de transport blindé beige et de deux pick-up équipés de mitrailleuses. Pendant les quinze premières minutes, il s’en prend à la démocratie, à l'éducation occidentale et, je cite, à « ces mécréants qui ne croient pas en l’islam ». Puis Abubakar Shekau s’emporte : « J’ai kidnappé vos filles, répète-t-il d’un ton sarcastique. Je vais les vendre comme des esclaves, au nom d’Allah ». Il ricane à plusieurs reprises. Jette un coup d’œil aux cahiers qu’il tient entre ses mains, puis ajoute : « J’ai dit que l’éducation occidentale devait cesser, les filles doivent quitter l’école et se marier. (…) Une fille de 12 ans, je la donnerais en mariage, même une fille de 9 ans, je le ferais ».

    Il semble que l’enlèvement de Chibok ne soit d’ailleurs pas le premier. En novembre dernier, déjà...
    Exactement. Des dizaines de femmes chrétiennes avaient été kidnappées au mois de novembre 2013. Elles avaient ensuite été libérées par les militaires dans la forêt. Certaines étaient enceintes, d’autres converties à l’Islam ou alors mariées de force à leur preneur d'otage. Et la situation empire : selon un décompte de l'organisation Humain Rights Watch, 25 femmes ont déjà été kidnappés au cours des deux premiers mois de l’année. Et cette fois, a priori, 276 filles enlevées. Et de nouveau,  lundi 5 mai, 11 jeunes filles âgées de 12 à 15 ans, enlevées dans les villages de Warabe et Wala.

    Un évènement qui s’est déroulé dans l’extrême nord-est, mais qui, une fois n’est pas coutume, suscite une vive indignation dans le pays...
    Oui. Sur Twitter, sous le hashtag #BringBackOurGirls - ramenez nos filles. Et dans la rue, depuis le 30 avril, les marches se succèdent. Des parents indignés qui dénoncent l’indifférence et l’incapacité des autorités.

    Bolo Haram, l’organisation terroriste qui opère au Nigeria tue des civils innocents depuis très longtemps. Nous les avons bien identifiés comme la pire organisation terroriste dans la région. Mais je peux imaginer ce que les parents traversent ! Donc ce que nous avons fait, c’est offrir notre aide, qui a été écceptée : des militaires des forces de l’ordre. Nous allons faire tout ce que nous pouvons pour apporter une assistance très rapidement.
    Barack Obama Président américain 07/05/2014 Écouter

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