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    Naufrage du Sewol: le mystérieux propriétaire qui adorait la France

    media Les proches des disparus attendent des nouvelles des leurs, 24 heures après le drame. AFP/Jung Yeon-Je

    La chasse à l’homme continue en Corée du Sud pour retrouver Yoo Byung-eun, considéré par les autorités comme le véritable propriétaire du ferry Sewol, dont le naufrage le 16 avril a fait 304 morts. Yoo Byung-eun est accusé de diverses malversations responsables de la tragédie. D’immenses moyens ont été déployés - 50 000 hommes selon la police - pour capturer ce mystérieux homme d’affaires qui a de très nombreux liens avec la France.

    Avec notre correspondant à Séoul,

    Yoo Byung-eun est mieux connu en France sous son nom de mécène et de photographe amateur, « Ahae ». En 2012, il achète un hameau dans le Limousin et utilise sa fortune pour organiser de grandioses expositions de ses photographies au Palais de Versailles et dans le Jardin des Tuileries, qui est géré par le Louvre.

    Il est aussi mécène. Il a effectué d’importantes donations auprès de ces deux institutions. Sa fille de 47 ans, qui vit dans un luxueux appartement près des Champs Elysées, a été arrêtée la semaine dernière à Paris dans le cadre de l’enquête sur le naufrage du Sewol.Yoo Byung-eun et son fils aîné continuent de se cacher en Corée, aidés par les adeptes de la secte évangélique fondée par Yoo lui-même.

    Selon la presse coréenne, ce mystérieux prédicateur et homme d’affaires a récemment demandé l’asile politique à plusieurs ambassades étrangères à Séoul. Le nom de la France est souvent évoqué, en raison de ces nombreux liens avec ce pays. Mais l’ambassade de France à Séoul dément avoir été contactée par Yoo ou par ses proches et rappelle que, s’il l’avait fait, il aurait été arrêté - comme sa fille à Paris.

    Elections municipales et provinciales

    Selon les autorités coréennes, Yoo Byung-eun est le véritable propriétaire de la compagnie opératrice du ferry, au travers de plusieurs sociétés possédées par son entourage. Yoo est accusé de laxisme en termes de sécurité et de nombreuses violations considérées comme responsables du naufrage.

    Cette compagnie était proche de la faillite, mais selon les enquêteurs cela n’empêchait pas Yoo et sa famille de continuer à s’enrichir : il est soupçonné de détournement de fonds et d’évasion fiscale. La présidente sud-coréenne en personne, Park Geun-Hye, a déclaré que la famille de Yoo était à l'origine de la tragédie et a exigé leur capture.

    Ces déclarations ont surtout pour but d’apaiser l’opinion publique alors que se déroulaient des élections municipales et provinciales. La tragédie du Sewol a hanté le scrutin, et pendant la campagne, l’opposition a beaucoup critiqué la réponse du gouvernement lors de la crise.

    Charte éthique

    La charte éthique du Louvre indique qu’une donation peut être refusée si elle peut nuire à l’image du musée et s’il y a un doute sur la légalité des activités du donateur. Ce qui est clairement le cas, comme le rappelle le site « Louvre pour tous », le premier à avoir mené l’enquête sur la véritable identité de « Ahae ».

    Il faut aussi rappeler que Yoo en utilisant sa fortune mal acquise pour exposer ses photographies amateurs au sein de nos plus grandes institutions publiques, s’est acheté une légitimité d’artiste. Lors de ses rares apparitions publiques, il n’hésitait pas à rappeler avec fierté qu’il avait exposé au Louvre. D’ailleurs son site web met toujours en avant une vidéo de Henri Loyrette, ex-directeur du musée, qui fait l’apologie de ses photos.

    Selon plusieurs médias coréens, Yoo se servait de cette légitimité chèrement acquise pour obliger ses entreprises à acheter ses photos à prix d’or. Un moyen de détourner des fonds sur lequel se penchent à présent les enquêteurs.

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