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    Hebdo

    Cyril Ramaphosa, prochain président de l’Afrique du Sud ?

    media Cyril Ramaphosa, le 4 février 2012. Il était le favori de Nelson Mandela pour sa succession AFP/Moeletsi Mabe

    L’ancien secrétaire général du Syndicat des mineurs (NUM), devenu milliardaire et capitaine d’industrie, a été nommé le 25 mai vice-président de la République d’Afrique du Sud. Cet homme populaire, dont les Sud-Africains attendent beaucoup en termes de résultats, est désormais le successeur désigné de Jacob Zuma, qui terminera son second mandat en 2019.
     

    Cyril Ramaphosa était le favori de Nelson Mandela pour sa succession, en 1999, alors qu’il n’avait que 47 ans. Très populaire, Ramaphosa avait déjà une stature politique hors pair : juriste de formation, activiste plusieurs fois emprisonné, il avait formé le Syndicat des mineurs (NUM) en 1982 et en avait fait une force de premier plan contre l’apartheid, avec 300 000 encartés en 1992.

    Un parcours sans faute

    A la libération de Nelson Mandela en 1990, ce petit homme, à l’époque barbu, était à ses côtés, sur toutes les photos. Elu secrétaire général du Congrès national africain (ANC) en 1991, il a été au coeur des négociations avec les nationalistes afrikaners (1991-1993) autour de la transition démocratique. Durant cette période très tendue, il s’est lié d’amitié avec Roelf Meyer, un membre du Parti national (NP), donnant l’exemple en matière de réconciliation.

    Jacob Zuma (centre) et Cyril Ramaphosa (g.), alors désigné vice-président de l'ANC. Reuters/Mike Hutchings

    Elu député en 1994, il a pris la tête de l’Assemblée constituante et supervisé les travaux qui ont abouti à la Constitution de 1996, l’une des plus progressistes en Afrique. Evincé de la course à la présidence par Thabo Mbeki, Ramaphosa s’est progressivement retiré de la scène politique pour tenter sa chance dans les affaires.

    Là aussi, il s’est illustré par ses succès : il a procédé en 1994 à la cotation en bourse de la première société noire sud-africaine, New Africa Investments Ltd (Nail). Il a ensuite siégé dans plusieurs conseils d’administration et fondé son propre groupe, Shanduka, en 2001, dont la valeur est estimée à 8,8 milliards de rands (600 millions d’euros).

    La seconde fortune d’Afrique du Sud

    Selon l’hebdomadaire sud-africain The Sunday Times, il serait l’homme le plus riche d’Afrique du Sud après son beau-frère, Patrice Motsepe. Un magnat minier dont la fortune, évaluée à 2,65 milliards de dollars en 2013, est la huitième d’Afrique selon la revue américaine Forbes.

    Pendant quinze ans, il a démenti toute ambition politique et s’est tenu à l’écart des polémiques, se distinguant par son silence et une aversion pour le bling-bling affiché par les élites noires. Le seul luxe qu’il revendique : la pêche à la truite et sa game farm, comme on appelle les parcs naturels privés avec animaux sauvages.

    « Nous allons faire la paix avec les syndicats, a annoncé Cyril Ramaphosa dès sa nomination à la vice-présidence. Nous voulons l’unité, l’unité, l’unité ! ». Il martèle ce mot d’ordre de l’ANC pendant la lutte contre l’apartheid, pour empêcher le Syndicat des métallurgistes d’Afrique du Sud (Numsa), en désaccord avec les politiques libérales de l’ANC, de former un parti de travailleurs.

    Collusion entre le black business et le pouvoir

    Pour éviter une scission du Congrès des syndicats sud-africains (Cosatu), allié de l’ANC, il lui faudra remobiliser la base. Seul problème : il incarne aujourd’hui la collusion entre le black business et le pouvoir.

    Comment va-t-il concilier ses nouvelles fonctions avec ses nombreuses affaires ? Afin d’éviter tout conflit d’intérêt, il a décidé de céder ses parts dans tous les secteurs régulés par l’Etat (mines, banques, telecoms), mais pas dans les entreprises opérant dans la grande consommation, comme Coca-Cola et Mac Donald en Afrique du Sud.

    Le fait de posséder ces enseignes va-t-il se retourner contre lui ? Le parti d’opposition des Combattants de la liberté économique (Economic Freedom Fighters – EFF) mené par Julius Malema l’a déjà remis en cause dans le drame de Marikana. Cyril Ramaphosa siègeait au conseil d’administration de Lonmin, la société de platine dont 34 mineurs en grève ont été abattus par la police le 16 août 2012. Il lui est reproché d’avoir envoyé un e-mail à la veille du massacre, invitant la direction de Lonmin à user de la manière forte, face à des grévistes qu’il taxait de «criminels». Les mineurs avaient taillé en pièces deux policiers, quelques jours plus tôt…

    Adjoint d’un président qu’il surpasse

    Respecté pour son intégrité, Cyril Ramaphosa ne traîne pas d’autre casserole à ce jour… Reste à savoir pourquoi il renonce à ses affaires pour « devenir l’adjoint d’un homme qu’il a déjà surpassé dans sa carrière et qui est largement considéré comme le leader le plus inepte que l’ANC ait jamais connu ? »

    C’est la question que se pose Allister Sparks, l’un des commentateurs les plus avisés de la scène politique sud-africaine. Réponse non moins impertinente de cet historien : « Il ne servira certainement pas de papier peint dans les bureaux de la présidence… ».

    Accusé de n’avoir obtenu aucun résultat, à commencer par les 500 000 emplois promis avant son élection en 2009, Jacob Zuma a fait taire les critiques en jouant la carte Ramaphosa. Il a laissé ce poids lourd monter au créneau fin 2012, pour se faire élire avec une écrasante majorité par la base de l’ANC au poste de vice-président du parti. Devenu vice-président du pays, Ramaphosa prépare clairement la relève pour 2019. Ou même avant, supposent déjà certains commentateurs, si Zuma est contraint par l’ANC de démissionner avant la fin de son mandat. Comme cela avait été le cas en septembre 2008 pour son prédécesseur Thabo Mbeki.

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