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    Nigeria : qui peut arrêter Boko Haram ?

    media Monica Stover, la mère de l’une des 200 lycéennes enlevées à Chibok le 14 avril, lors d’une conférence à Lagos. 5 juin 2014. Reuters/Akintunde Akinleye

    Des auditeurs de l’émission Appels sur l’actualité se demandent si le Nigeria a pris des dispositions après le mini-sommet pour la sécurité, mi-mai, à Paris, pour lutter contre les attentats attribués à Boko Haram ? En effet, le 1er juin, alors que des supporters quittaient le terrain de football, une bombe a explosé au stade de Mubi, au nord-est du pays, faisant au moins 40 morts. Et samedi, des hommes en armes, présentés comme des combattants de Boko Haram, ont kidnappé une vingtaine de femmes à moins de dix kilomètres de Chibok... Quelques jours plus tôt, le 26 mai, le chef d’état-major de l’armée de l’Air, Alex Badeh, avait pourtant donné une lueur d’espoir en déclarant que son armée avait localisé les 200 lycéennes enlevées par le groupe terroriste dans le même village, le 14 avril… Sans toutefois préciser l’endroit où elles seraient détenues.

    La communauté internationale et les Etats-Unis, qui ont envoyé des drones et plein de moyens sur place, n’ont pas réussi à localiser l’endroit où sont retenues les jeunes filles enlevées par Boko Haram. Comment l’armée nigériane a-t-elle eu ces informations ?
    Alors, on ne peut pas affirmer que les pays amis du Nigeria, qui ont dépêché des équipes sur place, n'ont pas localisé les jeunes filles, car finalement on n'en sait rien ! Le chef d'état-major de l'armée nigériane, Alex Badeh, a été très critiqué suite à cette annonce, prononcée fin mai dans un cadre pas vraiment solennel puisqu'il s'adressait à des manifestants qui avaient gagné le parvis du ministère de la Défense. Il a été critiqué par les Américains le jour-même de ses déclarations. Washington a émis des doutes sur ces affirmations, la porte-parole du département d'Etat, Jennifer Psaki, a dit que les Etats-Unis ne détenaient pas d'informations provenant de sources indépendantes leur permettant de confirmer ses propos. Elle a surtout ajouté que « pour la sécurité des jeunes filles, les Etats-Unis ne discuteraient certainement pas publiquement de ce genre d'information ». Il est vrai que lorsque l'on s'adresse à nos interlocuteurs français pour avoir des informations sur l'aide apportée par l'équipe française pour retrouver les jeunes filles, c'est motus et bouche cousue car c'est de l'ordre de l'opérationnel. Dévoiler au public que l’on sait où se trouvent  les jeunes filles, c'est aussi donner l'information à Boko Haram, et ce n'est pas bien malin. C'est ce que disent en tout cas plusieurs éditorialistes nigérians. On ne sait pas si le chef d'état-major disait vrai, si c'était du bluff, si c'était pour ne pas perdre la face devant la pression des journalistes et de la rue qui demande des résultats... La presse nigériane en tout cas parle de « gaffe ».

    Ikoyi district à Lagos. 10 juin 2014. Reuters/Akintunde Akinleye

    Que compte faire l’armée nigériane maintenant qu’elle a localisé les jeunes filles ?
    Concernant les intentions de l'armée nigériane, ce même chef d'état-major a dit qu'il serait périlleux d'envisager de libérer les jeunes filles par la force. L'option des négociations serait privilégiée, et là-encore peu de choses filtrent sur l'existence ou non de pourparlers ou de tentatives de pourparlers. La presse locale et internationale a évoqué un accord qui aurait volé en éclat suite aux déclarations prononcées lors du sommet de Paris, au cours duquel les chefs d'Etat ont déclaré la guerre à Boko Haram. On a également parlé de l'implication de l'ancien président Olusegun Obasanjo qui avait participé en 2012 à une mission de médiation et qui s'était rendu à Maïduguri.

    Quelles dispositions ont-elles été prises par le Nigeria après le mini-sommet pour la sécurité dans la région, mi-mai, à Paris, pour lutter contre les attentats et contre le groupe Boko Haram ?
    On aimerait bien savoir quelles dispositions l'armée envisage de prendre. Pour l'heure, elle ne revendique aucune initiative. Ses troupes déjouent parfois des embuscades tendues par Boko Haram, mais elles ne prennent pas l'initiative d'offensives. Elles affirment avoir déjoué le week-end dernier d'importantes attaques contre des villages dans le nord-est, sans donner de détails. La semaine dernière, dans la circonscription de Gwoza-Est, dans le sud de Borno, les forces de sécurité nigérianes ont quasiment abdiqué. Tout au long de la semaine, les insurgés ont envahi des villages, ils ont tué, pillé, brûlé sans que l'armée intervienne. Souvent, ce sont des civils qui ont assumé les tâches funèbres et qui sont allés récupérer les corps sur place. Des sénateurs ont parlé d'état de siège. Samedi, des hommes en armes présentés comme des combattants de Boko Haram, ont kidnappé une vingtaine de femmes à moins de dix kilomètres de Chibok...

    Un policier chargé de la surveillance de la manifestation de Bring Back Our Girls à Lagos. 7 juin 2014. Reuters/Akintunde Akinleye

    Le sommet de Paris prévoit que l'armée nigériane travaille de façon plus coordonnée avec les troupes camerounaises situées de l'autre côté de la frontière…
    D'après nos informations, les patrouilles concertées, censées être menées par les Nigérians et les Camerounais de chaque côté de leurs frontières, n'ont pas encore démarré. Il s'agit d'empêcher les combattants de Boko Haram de se réfugier au Cameroun lorsqu'ils sont pris en chasse par l'armée nigériane. Cela dit, le sommet a permis semble-t-il de convaincre le Cameroun de s'impliquer davantage dans la lutte contre Boko Haram, puisqu'il a déployé des renforts en équipements et en effectifs. En tout, 3 000 hommes sont déployés dans la province de l'extrême nord, avec tout un arsenal militaire, des blindés, des hélicoptères, des avions de chasse qui sont stationnés à Maroua.

    Le groupe Boko Haram parvient à narguer à la fois l’armée nigériane et les Etats-Unis. Et personne n’arrive à les arrêter ! Comment sont-ils recrutés et formés ?
    Les membres de Boko Haram sont recrutés parmi les civils. Ce sont souvent des hommes, jeunes, non mariés, pauvres et désœuvrés. Et ils sont nombreux à remplir ces critères dans le nord-est du Nigeria. De bonne source, on sait qu'ils reçoivent une prime d'enrôlement et aussi une prime pour chaque action menée. Boko Haram a des camps d'entraînement dans l'Etat de Borno, notamment, dans la forêt de Sambisa. Des camps qui peuvent être démontés et évacués très vite. Ils y apprennent le maniement des armes et des explosifs, le tir, les tactiques de combat. Cette formation comprendrait aussi un enseignement religieux. Les liens entre Boko Haram et Aqmi ont été défaits par Serval, mais des membres de Boko Haram ont suivi des formations dans le septentrion malien durant l'occupation du Nord du Mali par les jihadistes.

    Ils sont visiblement forts dans leur entreprise et organisés. Pourquoi sont-ils si puissants ? Quels sont leurs effectifs et leurs moyens ?
    Pour l'armement, Boko Haram s'alimente à partir d'un trafic à l'échelle régionale, au Tchad, au Niger et en Libye. C’est une importante source d'approvisionnement, mais Boko Haram récupère aussi souvent des armes au cours d'opérations et d'affrontements avec l'armée régulière. Les insurgés islamistes attaquent depuis des années des postes de police et des commissariats, dans le but de voler des armes. Il arrive que des membres de l'armée achètent directement des armes à des soldats de l'armée régulière. Ils utilisent surtout la kalachnikov, mais on voit apparaître de plus en plus des mitrailleuses lourdes, des RPG, et des explosifs. On n'a pas d'informations précises sur les effectifs de Boko Haram. Mais vous avez raison de dire que le groupe est puissant et qu’il donne l'impression d'être bien organisé, efficace. En tout cas, il a une importante marge de manœuvre ce qui n'est pas nécessairement le cas de l'armée nigériane. Boko Haram a une multitude de cellules autonomes. On le présente comme un mouvement très déconcentré, d'où, peut-être, la difficulté de le neutraliser.

    Trois Chibok’s Girls échappées des griffes de Boko Haram. Conférence de Lagos. 5 juin 2014. Reuters/Akintunde Akinleye

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