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    Hebdo

    Argent public, vignobles français : un mélange à la sauce chinoise

    media Des fonds publics chinois ont été utilisés pour acheter des vignobles français. Chris Ridley/GETTY IMAGES

    Malgré une campagne anticorruption très médiatisée lancée par le président Xi Jinping en 2012, la Chine n’en a pas fini avec les détournements d’argent public. Dans son nouveau rapport pour l’année 2013, la Cour des comptes dénonce 314 cas de fraudes graves impliquant un millier de personnes. En tout, les escroqueries auraient coûté plus d’un milliard d’euros aux caisses de l’Etat.

    Pourquoi acquérir de la haute technologie étrangère si on peut tout aussi bien s’offrir un prestigieux château du vignoble bordelais ? Deux entreprises de la métropole portuaire de Dalian, dans le nord-est de la Chine, ont suivi cette devise : les autorités locales leur avaient confié 32 millions d’euros, mais au lieu d’acheter des technologies d’outre-mer, les patrons ont préféré profiter de l’aubaine pour acquérir 14 vignobles en France. L’un des groupes cités par la Cour des comptes est Haichang, basé à Dalian et aujourd’hui l’un des plus gros propriétaires chinois de vignobles dans le Bordelais. Le conglomérat dont les activités vont des hydrocarbures à l’immobilier en passant par le transport maritime avait notamment acheté le domaine Chenu-Lafitte.

    Dans un rapport publié l’an dernier pour l'année 2012, l’organisme français de lutte contre le blanchiment d’argent Tracfin avait en effet mis en garde contre ces rachats de vignobles par des investisseurs russes ou chinois, dont les fonds sont souvent d’origine incertaine et les montages juridiques opaques. Que deviendront les vignobles achetés grâce aux fortunes mal-acquises et dont les nouveaux propriétaires doivent craindre des procès en Chine ? Nul ne peut le dire à l’heure actuelle.

    314 cas de « violations majeures »

    Au total, la Cour des comptes chinoise fait état de 314 cas suspectés de « violations majeures de la loi et de la discipline » pour 2013, un chiffre nettement plus élevé par rapport à l’année précédente lorsque les contrôleurs d’Etat avaient constaté 175 cas d’abus. Il y a les achats de vignobles en France, mais d’autres fraudes pointées par la Cour des comptes sont tout aussi ubuesques. Lors d’un voyage payé par leur administration, des cadres des services géologiques nationaux chinois sont allés s’amuser dans les casinos de Las Vegas au lieu d’étudier l’exploitation du gaz de schiste au Canada. De même, des « cadres de haut rang », censés se rendre dans une station de recherche de l’Antarctique, ont décidé de choisir des destinations bien plus commodes : au lieu de se diriger vers les icebergs au pôle Sud, ils se sont envolés pour la France et le Chili aux frais de l’Etat.

    La corruption, ennemi principale du gouvernement du peuple

    La Cour des comptes estime qu’ainsi, plus d’un milliard d’euros ont été perdus ou gaspillés en raison d’une gestion défaillante et d’un manque de contrôle, mais aussi à cause de la corruption qui mine les administrations et les entreprises publiques. Les « collusions avec des firmes privées ou des individus, en vue de s’assurer des gains personnels » sont légions. Dans son rapport, la Cour des comptes accuse certains hauts cadres du géant pétrolier CNPC d’avoir abusé de leurs pouvoirs pour s’enrichir et d’avoir « porté atteinte aux intérêts du pays d’une façon très grave ». Sept entreprises publiques, dont CNPC, auraient attribué des primes à leurs employés à hauteur de plusieurs dizaines de millions d’euros. La Cour n’épargne pas non plus les gouvernements locaux. Depuis juin 2013, quatre villes ont ainsi collecté 1,8 milliards d’euros au nom du gouvernement, tout en les investissant dans l’immobilier ou des programmes de construction.

    Reste à savoir quelle suite la justice chinoise donnera à ce constat de la Cour des comptes, peu flatteur pour les institutions d’Etat et les entreprises publiques : 1 100 personnes feront désormais l’objet d’enquêtes approfondies, et depuis le lancement de la campagne anticorruption en 2012, pas moins de 182 000 cadres du Parti communiste ont déjà été sanctionnés. Mais la déclaration du Premier ministre Li Keqiang devant les 3 000 élus de l’Assemblée nationale populaire, en mars dernier, reste décidément d’actualité : «La corruption est l’ennemie principale du gouvernement du peuple. Il faut gérer le pouvoir et l’argent selon les règles institutionnelles. La corruption ne pourra plus se cacher nulle part ».

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