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    Immigration clandestine : un casse-tête sans fin en Italie

    media Durant cette opération de secours de la Marine italienne au large de la Sicile, 30 migrants ont été retrouvés morts. 29 juin 2014. Reuters/Marina Militare

    L’immigration clandestine est devenue un casse-tête sans remède pour l’Italie qui, ces derniers mois, fait face à des vagues ininterrompues de migrants. Le pays se dit dépassé et peine à trouver de réelles solutions pour endiguer un phénomène qui, au fil des années, semble échapper à l’Etat. Voyage au cœur d’une réalité inquiétante.

    « Quand les migrants ont commencé à débarquer, ici, à Lampedusa, il y a quelques années, jamais, nous n’aurions cru que le phénomène prendrait une telle ampleur », déclare consternée Danielle Freggi, une des rares francophones de cette petite île, devenue le symbole de l’immigration clandestine. « Nous croyions tous avoir vu les pires scènes de souffrance et de désolation humaine quand une jeune migrante africaine, à peine débarquée, a accouché de son premier bébé devant nous tous ici au port, en plein hiver, ou encore quand nous avons retrouvé vivante une jeune dame qui pesait à peine 30 kilos sous les corps en décomposition de ses compagnons de voyage », ajoute-elle.

    2014, l’année du record

    Le premier semestre de l’année en cours aura été celui d’un record historique avec l’arrivée de 61 500 migrants contre seulement 7 900 pour la même période en 2013. L’Italie n’a jamais connu auparavant des arrivées aussi massives à un rythme tant soutenu, avec leur cortège de victimes. Ces sept dernières années, la péninsule a accueilli au total 231 314 migrants, la plupart desquels étant arrivés en Sicile par la Méditerranée.

    Migrants débarquant d'un navire italien au port sicilien d'Augusta. 26 avril 2014. Reuters/Antonio Parrinello

    Les Africains sont les plus nombreux. Quatre des cinq premiers pays de provenance des candidats, en effet, sont en Afrique subsaharienne. Il s’agit de l’Erythrée (13 000 migrants), du Mali (4 300), de la Gambie (2 400) et du Nigeria (2 170). La guerre qui ravage la Syrie la place en deuxième position juste après l’Erythrée, avec 6 600 migrants. « C’est un phénomène difficile à contrôler », dit-on au ministère italien de l’Intérieur. Malheureusement, de 2008 à aujourd’hui, plus de 10 000 migrants ont péri dans leur tentative de gagner les côtes italiennes.

    Mais aux dires d’un pêcheur sicilien, le capitaine Giovanni : « On ne connaîtra jamais le nombre exact des victimes du trafic. Nous pouvons seulement connaître le nombre de ceux qui arrivent ici. Il y a trop, trop de morts dans la Méditerranée. Car ces gens-là voyagent dans des conditions trop périlleuses. Ils ne connaissent rien de la Méditerranée qui est une mer qui change très vite. Et par conséquent, l’affronter avec des barques vétustes et surchargées… » Il déplore encore que ces collègues et lui fassent continuellement des découvertes macabres dans leurs filets. « Il nous arrive de plus en plus maintenant de retrouver dans nos filets des cadavres ou des restes humains. Ce sont normalement des coins de pêche que nous exploitons depuis des dizaines d’années et dont nous nous occupons de façon spéciale. Mais, puisqu’à chaque fois que nous arrivons en ces endroits, nous trouvons des restes humains, nous avons décidé de nous en éloigner… La Méditerranée est devenue un cimetière », précise-t-il.

    Corps de migrants naufragés au large de l'île de Lampedusa. 3 octobre 2013. Reuters/Antonio Parrinello

    Un trafic juteux et toujours inhumain

    Ces derniers mois, en effet, ce sont des « cargaisons » de mineurs non accompagnés et d'adolescents qui débarquent. Dans le centre d’identification et d’expulsion de Pozzallo (Sicile) où ils sont hébergés. La plupart d’entre eux rêvent d’une chose : « gagner de l’argent, vite et beaucoup ; devenir une star du football, et retourner en Afrique se payer une belle vie ». Quand vous leur demandez s’ils connaissent les conditions de vie en Europe, alors les visages s’assombrissent. D’autre part, depuis le début en octobre dernier de l’opération militaire Mare Nostrum, censée secourir les migrants à la dérive dans la Méditerranée, les trafiquants, surtout les Libyens, ont dû baisser le prix de la traversée. Il faut aujourd’hui moins de 1 000 dollars, contre le double auparavant, puisque les navires militaires italiens « font » une partie de la traversée avec les migrants.

    Opération «Mare Nostrum» pour contrôler l’immigration clandestine.15 octobre 2013. Reuters/Nino Randazzo/ASP press office

    Il existe de la concurrence entre les passeurs égyptiens et libyens. Les premiers embarquent les migrants à crédit contre des prestations de tous genres une fois arrivés en Italie. Travaillant en réseaux bien organisés entre les deux rives, ils contrôlent facilement leurs victimes. La police vient d’arrêter en Sicile des Soudanais, Erythréens et Somaliens, qui livrent leurs compatriotes à d’autres bourreaux. Les migrants dénoncent aussi de plus en plus des viols systématiques, des sévices corporels et des violences surtout de la part des Libyens. « Ils nous ont entassés comme des bêtes dans la cale sans air. Ni eau, ni pain, et nous ne pouvions même pas sortir de là, parce que le pont aussi était archi-plein », ont affirmé des rescapés de l’embarcation dont 45 occupants, parmi lesquels des enfants, ont été retrouvés dans la cale en état de décomposition à Pozzallo, au début du mois.

    Des institutions humanitaires et des enquêtes de terrain démontrent que ce trafic d’êtres humains génère trop d’argent à différents niveaux pour qu’il soit facile d’y mettre fin.

    DR

    Du même auteur :

    Chronique d'un été glacial : le rêve
    naufragé des Africains
    ‏, par Jean-Baptiste Sourou.
    Editions du Cedres.

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    Désolé mais le délai de connexion imparti à l'opération est dépassé.