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    Abou Bakr al-Baghdadi, alias calife Ibrahim de l’Etat islamique

    media Première apparition publique d'Abou Bakr al-Baghdadi, le calife de l'Etat islamique. 5 juillet 2014. Reuters/Social Media Website via Reuters TV

    Appels sur l’actualité répond aux interrogations d’un auditeur sur l’Irakien Abou Bakr al-Baghadi, proclamé calife de l’Etat islamique par ses partisans, un califat à cheval sur la Syrie et l'Irak.

    Abou Bakr a appelé le 6 juillet tous les musulmans à lui prêter allégeance, tandis que les responsables à Bagdad semblent incapables de s'unir pour sortir le pays du chaos.
     

    RFI : Qu’est-ce qu’un califat exactement ?
    Louis Belenfant : Le califat c’est un régime politique né au 7e siècle. Il est hérité de l’époque du prophète Mahomet. Plus simplement, le calife est considéré comme le successeur du prophète. Il combine un pouvoir politique et religieux. Autrement dit, il est le commandeur de tous les croyants et celui qui doit faire appliquer la loi en terre d’islam. D’un point de vue historique, on a eu des califats du 7e siècle jusqu’en 1924. Ce régime politique disparaît avec la fin de l’empire ottoman et par la volonté de Mustafa Kemal en Turquie. A noter qu’à son apogée, le califat allait de l’Espagne jusqu’au Pakistan.

    A quoi correspond le califat de l’Etat islamique ?
    Alors, pour le moment, il est beaucoup plus petit que les califats historiques. Il s’étend à cheval sur la Syrie et l’Irak, entre Alep et la province de Diyala aux portes de Bagdad, sur un territoire grand comme la Jordanie. Une zone qui dispose aussi de nombreux puits de pétrole. C’est une remise en cause complète des frontières coloniales. Des frontières tracées par les accords Sykes-Picot en 1916 sur les ruines de l’empire ottoman. Pour ce qui est du fonctionnement du califat, on sait que la charia y est appliquée de manière très sévère. On y trouve aussi les prémices d’un Etat, à savoir des tribunaux, des impôts, un service de sécurité et même une aide sociale. Et c’est Abou Bakr al-Baghdadi qui occupe la fonction de calife, sous le nouveau nom de calife Ibrahim. Il se positionne donc en dirigeant politique et en commandeur des croyants. Tous les musulmans du monde sont appelés à lui prêter allégeance. Ceux qui refusent seront considérés comme des rebelles, et donc passibles de la peine de mort.

    Des combattants de l'EIIL à Ramadi en mars dernier (photo extraite d'une vidéo de propagande). AFP/Ho/Al-Furqan Media

    Qui est Abou Bakr al-Baghdadi ?
    Le jihadiste Abou Bakr al-Baghdadi a fait sa première apparition publique dans la vidéo tournée le 4 juillet. On le voit prêcher dans la grande mosquée de Mossoul en Irak. Plutôt, « aurait fait sa première apparition », car pour les autorités irakiennes, il s’agit d’un faux. Avant cette vidéo, il n’existait que deux photos de lui. Une en couleur du FBI américain, l’autre en noir et blanc du ministre irakien de l’Intérieur. Car Abou Bakr al-Baghdadi est un homme discret qui fuit les caméras, tout le contraire d’Oussama Ben Laden.

    Alors que sait-on vraiment d’Abou Bakr al-Baghdadi ?
    Abou Bakr al-Baghdadi est né en 1971dans une famille sunnite en Irak. Il a étudié à l’université islamique de Bagdad dans les années 1990. Puis, il devient prédicateur salafiste et enseigne la charia dans plusieurs mosquées irakiennes. C’est à partir de l’invasion américaine en 2003 qu’il rejoint les rangs du jihad armé. On le retrouve dans une branche locale d’al-Qaïda, dirigée par le Jordanien al-Zarkaoui. Abou Bakr al-Bahdadi se forge alors une réputation d’homme cruel et sanguinaire. Mais en 2005, il est arrêté par les Américains. Il passe quatre ans en prison. L’occasion de se rapprocher des chefs d’al-Quaïda.

    Et c’est à sa sortie de prison que le jihadiste al-Baghdadi monte en puissance ?
    En 2009, Abou Bakr al-Baghdadi rejoint les rangs de l’Etat islamique en Irak, le nouveau nom d’al-Qaïda en Mésopotamie. Quand les chefs de l’organisation sont tués en 2010, c’est lui qui prend le relais. Affaiblie lorsqu’il en prend le commandement, l’organisation va se renforcer et prendre peu à peu ses distances avec al-Quaïda. Elle accumule un trésor de guerre en pillant les banques, en rackettant et en revendant du pétrole. Nouvelle étape pour le mouvement jihadiste : la guerre en Syrie, Abou Bakr al-Baghdadi dépêche des hommes sur place pour combattre le régime de Bachar al-Assad. Le mouvement se transforme alors en Etat islamique en Irak et au Levant (EIIL). Et même s’il mène une action en Syrie, cela ne l’empêche pas de lancer en 2014 une vaste offensive en Irak contre le pouvoir chiite du Premier ministre Nouri al- Maliki. Aujourd’hui, Abou Bakr al-Baghdadi dirige une dizaine de milliers de combattants en Irak, et plus de 7 000 à 8 000 en Syrie. Il est déjà présenté comme le successeur de Ben Laden.

    Des membres de l'EIIL paradent à Tel Abyad, à la frontière syro-turque. 2 janvier 2014. Reuters/Yaser Al-Khodor

    Quelle légitimité Abou Bakr al-Baghdadi a-t-il pour être proclamé calife de l’Etat islamique ?
    Il n’en a pas vraiment. Alors, c’est vrai, ses partisans ont diffusé une biographie qui le présente comme un membre d’une lignée descendant du prophète Mahomet. Il y a aussi ce prêche, début juillet, dans la mosquée de Mossoul. Un passage obligatoire selon la tradition. Il permet au calife de recueillir l’allégeance de la communauté des musulmans. Mais justement, beaucoup de musulmans ne reconnaissent pas la légitimité du calife Ibrahim. C’est le cas des Frères musulmans pourtant en faveur du califat, mais pas de celui de l’Etat islamique. Même les réactions des groupes jihadistes restent mesurées. En Afrique, beaucoup ont manifesté leur soutien à Abou Bakr al-Bagdhadi, comme dernièrement Boko Haram au Nigeria. Mais qui dit soutien ne dit pas allégeance. Ces organisations ont trop peur de se mettre en porte à faux vis-à-vis d’Ayman al-Zawahiri, le chef d’al-Quaïda. Al-Quaïda dont l’Etat islamique conteste la suprématie sur le jihad mondial.

    Quels sont ses objectifs ?
    En proclamant le califat, Abou Bakr al-Baghdadi cherche probablement à attirer de nouvelles recrues. Il en a besoin pour éliminer son ennemi chiite, un de ses principaux objectifs. Dans la rhétorique d’al-Baghdadi, le chiisme est une « cinquième colonne, un scorpion rusé et fourbe au cœur démoniaque ». Mais il a aussi besoin de ces recrues pour mener de nouvelles conquêtes. L’Etat islamique veut créer un Jihadistan au Proche et Moyen-Orient. Un immense territoire qui signerait la fin des frontières coloniales. La tâche n’est pas encore gagnée. Il faudra d’abord résister à la contre-offensive des forces irakiennes.

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