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    Etat islamique: une propagande 2.0 difficile à contrer

    media Des membres de l'Etat islamique en Irak et au Levant défilent en Syrie, le 2 janvier 2014. REUTERS/Yaser Al-Khodor

    La diffusion de la vidéo de l’exécution de James Foley, reporter américain enlevé en décembre 2012 en Syrie, par l’Etat islamique, a suscité une mobilisation inédite sur Internet. En quelques heures seulement, de nombreux messages appelant à ne pas relayer cette vidéo, afin de ne plus faire le jeu de la propagande de l’Etat islamique, ont proliféré sur Twitter. Une initiative qui pose la question des moyens pour enrayer ce type de propagande.

    « Décrivez leurs crimes, ne relayez pas leur propagande ». Sur Twitter, une utilisatrice, apparaissant sous le nom de Hend, multiplie les tweets le 19 août dans la soirée. Comme beaucoup d’autres internautes, elle vient d’apprendre la mort du journaliste américain James Foley, enlevé en Syrie en décembre 2012, dont l’Etat islamique a revendiqué l’exécution en diffusant la vidéo de sa décapitation.

    En quelques heures, le hashtag #ISISmediaBlackout qui signe les tweets de la jeune femme va se diffuser sur le réseau social, les internautes s’unissant autour de ce mot-clé contre la propagande de l’Etat islamique. L’ampleur de cette mobilisation reste encore à déterminer. Pour l’heure, ce hashtag a été utilisé plus de 20 000 fois sur Internet (mais de nombreux messages d’internautes n’intègrent pas ce hashtag). L'initiative n'en reste pas moins inédite.

    Utiliser la même arme que l'Etat islamique, la capacité de diffusion de masse inhérente à Internet, tel est l'objectif de la jeune femme. Selon elle, Twitter s’est révélé être un très bon outil pour disséminer l’information et peut aussi bien « être un très bon outil pour la retenir ». « L’Etat islamique ne possède que deux armes, la propension à commettre d’horribles crimes et une connection Internet. Enlevez-leur en une », écrit-elle sur son compte Twitter.

    Une propagande plus accessible

    Mêmes procédés, même symbolisme, même moyens techniques, à l’instar de ces prédécesseurs Ansar al-Sunna ou al-Qaïda, l’Etat islamique multiplie les exécutions et les mises en scène pour appuyer son combat. « Il n’y a rien de nouveau dans la propagande de l’Etat islamique », précise le politilogue, Abdelasiem El Difraoui. « L’horreur a toujours été là, l’exécution de masse a toujours été là et les films l’ont toujours été aussi ». Si le fond de la propagande ne change pas, des symboles se rajoutent au fur et à mesure : par exemple, l'Etat islamique a rajouté le sceau du prophète sur son drapeau.

    L'Etat islamique a rajouté le symbole du sceau du prophète sur son drapeau. Ici, un membre de l'Etat islamique d'Irak et du Levant, à Mossoul en août 2013. AFP PHOTO / YOUTUBE

    « Ce qui a réellement changé, c’est la distribution sur les réseaux sociaux. L'information est beaucoup plus instantanée et beaucoup plus accessible », souligne le politologue. Là où il fallait fouiller sur des forums privés pour trouver des sympathisants, le jihad médiatique est désormais accessible à tous en un clic. L’Etat islamique touche ainsi plus facilement les jeunes Européens ou Américains. « Ce n’est pas pour rien que le meurtrier du journalisme américain parlait avec un accent britannique de couche sociale très populaire », déclare ce spécialiste de l’utilisation de l’image par les mouvements terroristes, auteur du livre Al-Qaïda par l’image.

    Des moyens insuffisants pour enrayer la propagande

    Les moyens pour enrayer cette propagande restent toutefois limités. Les sièges des principaux réseaux (Facebook, Twitter, Youtube) étant aux États-Unis, le retrait de ce type de contenus peut parfois s’avérer compliqué.

    Sollicité à plusieurs reprises, Twitter a d’ores et déjà supprimé des comptes identifiés comme étant ceux de l’Etat islamique et de ses sympathisants, des comptes recréés aussitôt. Suite à la diffusion de la vidéo de l’exécution de James Foley, le réseau social a annoncé avoir banni tous les comptes ayant relayé ce contenu. Même chose pour la plateforme de vidéos Youtube qui a supprimé toutes les vidéos de James Foley au nom de sa politique contre la diffusion de contenus violents.

    Côté étatique, la police britannique Scotland Yard a déclaré, jeudi 21 août, que les internautes regardant ou diffusant la vidéo du meurtre du journaliste américain pourraient être arrêtés. Depuis plusieurs années, les autorités anglaises sont de plus en plus offensives contre ce type de propagande. De son côté, la France a adopté un plan de prévention et de lutte contre les filières jihadistes, en avril dernier. Le volet du texte consacré à la cyber-surveillance prévoit entre autres la fermeture de sites suspects et la diffusion de contre-messages.

    Informer pour prévenir

    Mais selon Abdelasiem El Difraoui, « on ne peut pas effacer complètement cette propagande d’Internet », faute de coordination globale. Outre les instruments légaux, la prévention et l'information du grand public sont cruciales, pour ce spécialiste des mouvements jihadistes, face à une religion mal comprise, car souvent méconnue. « Le concept de jihad est d’une complexité énorme et il est restreint par les jihadistes à une interprétation très réductrice et souvent fausse. [...] Il faut installer un contre-récit, surtout ne pas faire de contre-propagande, mais décoder cette propagande et montrer toute la diversité de l’islam ».

    Sur les réseaux sociaux, des musulmans s'élèvent déjà pour dénoncer les actes de l’Etat islamique, bien éloignés, selon eux, des préceptes de l’islam. L’initiatrice du hashtag #ISISmediaBlackout n’a d’ailleurs pas hésité à répondre aux attaques dont elle a fait l’objet. « Les gens qui demandent aux musulmans de condamner ces actes ne semblent pas réaliser que les musulmans sont aussi des cibles [ndlr. de l'Etat islamique], donc bien sûr que nous les condamnons », déclare t-elle sur son compte. Entre les sympathisants de l’Etat islamique et ses détracteurs, la cyber-confrontation a déjà commencé. 

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