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    Prince Zeid, Haut-commissaire aux Droits de l’homme de l’ONU

    media Le 16 juin, l’Assemblée générale a approuvé la nomination du Zeid Ra’ad Zeid Al-Hussein de Jordanie au poste de Haut-commissaire des Droits de l’Homme de l’ONU. UN Photo/Paulo Filgueiras

    Qui est le prince jordanien de 50 ans qui va succéder le 8 septembre à la juriste Sud-Africaine Navi Pillay au poste de Haut-commissaire aux Droits de l’homme des Nations unies ?

    Nommé pour un mandat de quatre ans, il sera basé à Genève, à la tête d’une institution qui ne cesse de prendre de l’importance.

    Lors de sa nomination, avalisée le 16 juin par l’Assemblée générale des Nations unies, Zeid Ra’ad Zeid al-Hussein s’est exprimé de manière très diplomatique. Il a souligné devenir le « tout premier haut-commissaire issu du continent asiatique et du monde arabe et musulman ». Et déclaré voir dans sa nomination un « engagement de la communauté internationale pour cet important dossier ».

    Question palestinienne, Irak, Syrie… Le Moyen-Orient est secoué par de violentes crises, dans lesquelles les droits de l’homme passent souvent au second plan. Quelle sera son attitude face à Israël, qui accuse régulièrement l’Onu et Navi Pillay, à qui il succède, de « défendre les droits des terroristes » ? C’est la grande question qui marque son entrée en fonctions.

    Le Prince Zeid succède à Navi Pillay. Reuters/Denis Balibouse

    Un prince occidentalisé
     
    Fils d’une Suédoise et d’un prince jordanien, il est marié à une Américaine, Sarah Butler, qui travaille aux Nations unies. Père de trois jeunes enfants, il vit depuis vingt ans à New York. A quel point est-il occidentalisé ? « Je ne suis pas cette sorte de prince, dit-il avec dérision sur ses origines. Je suis complètement fauché ! » 
     
    Formé au collège britannique de Reed’s School, dans le Surrey, puis dans les prestigieuses universités Johns Hopkins (Baltimore, Etats-Unis) et de Cambridge (Grande-Bretagne), il en est sorti docteur en histoire. Zeid Ra’ad Zeid al-Hussein a aussi servi de 1989 à 1994 en tant qu’officier dans la Jordanian Desert Police (ancienne Légion arabe).
     
    Considéré comme le « sherpa » de la Jordanie en matière de sécurité nucléaire, ce membre de la famille royale est un cousin éloigné du roi Abdallah II de Jordanie. Mais il ne peut pas être accusé de parti pris.
     
    Une longue carrière de diplomate
     
    C’est ce qu’assure Ban Ki-moon, le secrétaire général des Nations unies, qui l’a désigné après plusieurs séries d’entretiens. Il le décrit comme « une personnalité de grande intégrité jouissant d’une haute considération morale, qui possède les connaissances spécialisées dans les droits de l’homme, ainsi que la connaissance générale de différentes cultures et l’ouverture d’esprit voulues pour pouvoir s’acquitter de façon impartiale, objective, non selective et efficace de ses fonctions. »
     
    Impliqué dans des Opérations de maintien de la paix, il a été Officier des affaires politiques de la Forpronu en ex-Yougoslavie de février 1994 à février 1996. Vice-représentant permanent de la Jordanie aux Nations unies à partir de 1996, il a été l’ambassadeur du royaume hachémite aux Nations unies à partir de 2000. Avec une interruption de trois ans, de 2007 à 2010, pendant laquelle il a été l’ambassadeur de Jordanie aux Etats-Unis et au Mexique (non résident).
     
    En parallèle de sa carrière de diplomate jordanien, Zeid Ra’ad al-Hussein n’a cessé d’œuvrer dans l’arène internationale, du côté des droits de l’homme. Il a joué un rôle important dans la création de la Cour pénale internationale (CPI) et été élu en septembre 2002, pour trois ans, premier président de l’assemblée des 120 États signataires du traité de Rome, membres de la CPI.
     
    Un petit prisme africain
     
    Conseiller de Kofi Annan de 2004 à 2006, il s’est fait remarquer pour un rapport sur les abus sexuels pratiqués par les Casques bleus à travers le monde – sans oublier les contingents jordaniens, ce qui lui a valu une solide réputation d’indépendance. Il a planché dans le groupe dit des « Small 5 » (cinq petits pays) sur la réforme du Conseil de sécurité, et œuvré à la résolution 2139 sur l’accès à l’aide humanitaire en Syrie.
     
    Grand travailleur, le nouvel arbitre moral du monde a gravi les marches dans le système onusien, jusqu’à présider deux comités chargés de suivre le régime de sanctions (embargo sur les armes, gel des avoirs et interdictions de voyager) imposé à deux pays, le Liberia et la République démocratique du Congo (RDC).
     
    Il a également présidé de 2010 à 2012 un groupe chargé de suivre le Liberia, au sein de la Commission de consolidation de la paix des Nations unies. Et dirigé en 2011 le comité chargé de sélectionner le nouveau procureur de la CPI. Sur 52 candidats, le choix a porté sur la Gambienne Fatou Bensouda pour succéder à Luis Moreno Occampo.
     
    Une nomination qui n’a pas été mal accueillie par Israël
     
    Il viserait, selon le quotidien américain USA Today, un avenir de secrétaire général des Nations unies. Amman l’a déjà porté candidat à la succession de Kofi Annan, alors qu’il n’avait que 42 ans. C’est Ban Ki-moon qui l’a emporté.
     
    Il n’en reste pas moins une personnalité respectée. Sa nomination au Haut commissariat pour les droits de l’homme a été bien accueillie, y compris par Israël. Le quotidien The Times of Israel relève que le ministère israélien des Affaires étrangères n’a pas voulu commenter sa nomination. Explication : « Les diplomates s’inquiètent sans doute du caractère contre-productif d’appréciations positives à son égard en public. Des accolades venant du gouvernement israélien feraient certainement monter la pression des pays arabes pour qu’il se montre dur à l’égard d’Israël, un scénario que Jérusalem cherche à éviter ».
     
    Zeid Ra’ad Zeid al-Hussein a été décrit comme un « rayon de soleil » par Dan Gillerman, alors ambassadeur d’Israël aux Nations unies, après l’une de ses sorties en 2006 devant l’Assemblée générale de l’Onu sur la question palestinienne. Le prince jordanien condamnait la barrière érigée par Israël autour de Jérusalem-Est, mais il critiquait aussi les perceptions du monde arabe sur Israël, reprochant un déni ou une minimisation de l’Holocauste.
     
    Enjoignant le monde entier à considérer les souffrances du peuple palestinien comme celles des civils en Israël, il prédisait alors une paix qui ne viendrait que « lorsque la justice éclipsera l’opportunisme politique pour tous les peuples de la région ». A son nouveau poste, ses talents de diplomate lui seront très utiles. Ne serait-ce que pour parer au feu des critiques, inévitables, sur des dossiers qui s’annoncent sensibles.

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