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Article publié le : jeudi 10 juin 2010 - Dernière modification le : jeudi 10 juin 2010

Nucléaire : l'ONU sanctionne l'Iran mais ne ferme pas la porte à la négociation

L'ambassadeur iranien Mohammad Khazaee, lors de la réunion du Conseil de sécurité de l'ONU, à New York, le mercredi 9 juin 2010.
L'ambassadeur iranien Mohammad Khazaee, lors de la réunion du Conseil de sécurité de l'ONU, à New York, le mercredi 9 juin 2010.
Brendan McDermid/Reuters

Par RFI

Les Occidentaux se sont félicités de l'adoption le 9 juin 2010 de nouvelles sanctions contre l'Iran tout en soulignant qu'elles ne signifiaient pas la fin du dialogue avec Téhéran pour régler le problème du nucléaire iranien. Contrairement aux trois précédents textes, ce dernier n’a pas été voté à l’unanimité. La résolution de l'ONU « va mettre en place les sanctions les plus fermes auxquelles le gouvernement iranien n'ait jamais eu à faire face » mais le président iranien Mahmoud Ahmadinejad les a rejetées immédiatement.

Avec notre correspondant à New York, Philippe Bolopion

Bernard Kouchner s'exprime sur les sanctions de l'ONU
 
10/06/2010
par RFI
 
 

La réaction du président iranien a été très claire. Mahmoud Ahmedinejad a comparé la résolution avec un vieux Kleenex qu’il fallait jeter à la poubelle. Téhéran n’entend pas changer quoi que ce soit à son programme nucléaire affirmé son ambassadeur à l’ONU Mohammad Khazaee :

« Aucune pression ni aucune action malveillante ne parviendra à entamer la détermination de notre nation à défendre et à exercer ses droits inaliénables et légitimes. L’Iran en tant qu’un des pays les plus stables et les plus puissants de la région ne s’est jamais incliné et ne s’inclinera jamais face aux actions hostiles et aux pressions de ces quelques puissances et continuera à défendre ses droits. »

Les puissances occidentales, quant à elles, pensent qu’avec ce texte, l’Iran va changer de calcul, que la poursuite de son programme nucléaire n’est pas dans son intérêt et que le coût devient trop élevé pour le pays. Chacune des quatre résolutions prises par l’ONU rajoute des sanctions dans l’espoir que Téhéran finisse par entendre raison

Pour la première fois, contrairement aux trois précédentes résolutions, des pays se sont opposés à une résolution contre l’Iran. Un geste qui n’est pas un bon signal pour l’administration de Barack Obama qui s’était engagée dans une politique de la main tendue avec l’Iran et qui avait donné une priorité à la diplomatie.

L'ambassadeur turc s'exprime contre les sanctions adoptées
 
10/06/2010
par RFI
 
 

Les deux pays qui ont manifesté leur désaccord sont la Turquie et le Brésil. Avoir deux puissances émergentes qui votent contre la résolution crée une faille que l’Iran essaie d’exploiter. La raison est simple, c’est que Brasilia et Ankara estiment que les puissances du Conseil de sécurité des Nations unies n’ont pas pris au sérieux leurs efforts de médiation. Sur le fond, la Turquie a rappelé qu’il y avait des problèmes autour du programme nucléaire iranien, et qu’il fallait que Téhéran fasse toute la lumière.

 

Le Brésil se prononce aussi contre les sanctions de l'ONU
 
10/06/2010
par RFI
 
 

 

Avec notre correspondant à Téhéran, Siavosh Ghazi

Les réactions en Iran

Les dirigeants iraniens ont vivement réagi à la nouvelle résolution du Conseil de sécurité : « Ces résolutions ne valent pas un sou pour la nation iranienne et devraient être jetées comme un mouchoir usagé à la poubelle », a déclaré le président Mahmoud Ahmadinejad qui se trouve à l’étranger.

Le représentant de l’Iran auprès de l’AIEA (l’Agence internationale de l'énergie atomique) est allé dans le même sens en affirmant que la nouvelle résolution n’aura aucun effet sur Téhéran : « Rien ne va changer, nous allons continuer nos activités d’enrichissement d’uranium sans aucune interruption », a déclaré Ali Asghar Soltanieh.

Le vote de la résolution intervient alors que l’Iran a accéléré ces derniers mois son programme d’enrichissement d’uranium qui aujourd'hui atteint les 20%.

« Téhéran prépare encore sa réponse à la résolution, ont déclaré les responsables iraniens. Nous nous allons attendre le retour du président Ahmadinejad au pays pour préparer avec patience notre réponse » , a déclaré Ali Akbar Salehi, le chef du programme nucléaire iranien.

En effet, les responsables iraniens n’ont pas encore réagi aux déclarations des grandes puissances qui ont tous affirmé, après le vote de la résolution, qu’ils voulaient continuer le dialogue avec Téhéran.

tags: Iran - Nucléaire - ONU
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Commentaires (4)

L'Iran ne constitue pas un

L'Iran ne constitue pas un danger! Les sanctions et les positions des alliés occidentaux des USA espèrent déstabiliser le régime islamique de Téhéran et le bouleverser à long terme oubliant et négligeant la légitimité populaire, historique et religieuse de ce système politique très forte! Des puissances qui se font passer pour des démocraties, c'est dommage!

Oublier l'Iran et revenir à l'essentiel...

La guerre de la légitimité entre les fils d’Abraham…
La stérile Sarah autorisa son mari à se donner une progéniture avec Agar, la servante. Elle n’interviendra pas moins, à la naissance d’Ismaël, pour demander que fussent chassés au désert la mère et l’enfant de crainte qu’Abraham ne la délaissât et s’attachât à eux.
Jacob, le cadet d’Isaac, pour un plat de lentilles, subtilisa le droit d’aînesse de son frère Esaü. Mais il eut beaucoup de mal à faire l’unité d’une nombreuse progéniture issue des deux sœurs qu’il épousa, Léa et Rachel, mais aussi des servantes que, à tour de rôle et dans un jeu de concurrence, les épouses poussaient dans le lit de Jacob pour avoir le même nombre d’enfants.
Joseph, devenu le chef de tribu, réussit-il à réunir ses frères ? Rien n’est moins sûr ; et l’histoire de l’existence des royaumes de Juda (Sud de la Palestine) avec Jérusalem comme capitale et d’Israël (Nord de la Palestine) avec Samarie comme capitale, atteste la division entre les douze tribus issues d’Abraham et de Jacob.
Ces royaumes eurent à compter avec d’autres occupants, dont on peut imaginer qu’il y eût parmi eux des représentants de la branche issue d’Abraham et d’Ismaël…
Voilà esquissée, à mon avis, l’histoire des conflits du Proche Orient qui, au bout du compte, sont une guerre de la légitimité des deux protagonistes principaux à réclamer l’héritage de la terre de Palestine. La solution est dans la décision prise, au moment de la création de l’Etat d’Israël, de faire exister, au même titre et dans des conditions garanties de viabilité, de souveraineté et de sécurité, un Etat Palestinien à côté d'un Etat Israêlien. Le Discours du Caire l’a rappelé. L’intransigeance injustifiable d’Israël semble faire reculer l’Amérique et les Grandes Puissances. La lâcheté à laquelle nous assistons est la source du vrai danger qui menace la paix dans le Monde.

Les grandes puissances doivent se mefier

Si les grandes puissances ne se méfient pas et ne prennent pas de distance visa vis de Israël en cessant de suivre aveuglement ce dernier dans ses erreurs, ... Je croyais que OBAMA allait faire mieux, mais...
Israël vient de commettre un crime contre l'humanité en tuant 9 turcs pourquoi pas de sanction?

Pays occidentaux et Israel doivent arrêter de harceler l'Iran.

Les deux pays qui ont manifesté leur désaccord sont la Turquie et le Brésil. Et ils ont eu raison de dire tout haut ce que d'autres pensent tout bas.
Avoir deux puissances émergentes qui votent contre la résolution crée une faille qui prouve qu'il y a réflexion et que certains pays n'acceptent plus de suivre l'ONU qui n'est représentative que de la pensée occidentale ou de ses intérêts.
Brasilia et Ankara estiment que les puissances du Conseil de sécurité des Nations unies n’ont pas pris au sérieux leurs efforts de médiation. Il y a inégalité dans la considération et le respect des pays au sein de l'ONU. Les pays émergents et en vois de développement sont utilisés au profit des grandes puissances mais non considérés.

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