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Article publié le : dimanche 20 juin 2010 - Dernière modification le : dimanche 20 juin 2010

Manifestation en faveur des droits civiques à Beyrouth

Par RFI

Des dizaines de personnes ont marché dans Beyrouth, dimanche 20 juin 2010, pour demander le droit, pour les femmes libanaises, de transmettre leur nationalité à leurs enfants, ce qui n'est pas possible lorsque le père est étranger.

Avec notre correspondante à Beyrouth, Diane Galliot

« Ma nationalité, mon droit pour moi et mes enfants ». C’est l’un des slogans relayés par de nombreuses associations de défense des droits civiques au Liban. Cette campagne dure depuis des années et commence à peine à porter ses fruits.

Rita Chemali est l’une des porte-parole de cette campagne, elle explique ce que réclament les associations : « On est en train de manifester pour que la femme libanaise puisse avoir le droit de transmettre sa nationalité à ses enfants et à son mari s’ils sont étrangers. Parce qu’en fait, la femme libanaise de par la loi de 1925, donc une loi qui date des années ottomanes, n’a pas le droit de transmettre la nationalité à ses enfants et à son mari s’ils sont étrangers. Donc il y a un problème, elle n’a pas le droit de transmettre sa propre identité. Le mari et les enfants n’ont pas le droit d’avoir la sécurité sociale et n’ont pas le droit à une éducation nationale gratuite. Par exemple, si moi je vais à l’université libanaise, en tant que Libanaise je paie très peu, alors qu’un étranger va payer très cher. Les enfants de Libanaises qui vivent au Liban devront payer autant qu’un étranger ».

L’an dernier, pour la première fois un juge a donné à une veuve le droit de transmettre sa nationalité à ses trois enfants nés d’un père égyptien. En s’appuyant sur la Constitution libanaise, qui dit que hommes et femmes sont égaux en droit, ce jugement a été cassé en appel, mais c’était quand même une première victoire.

Cette question est d’autant plus sensible qu’elle a des implications politiques. Certains, dans ce pays, redoutent que des femmes libanaises puissent transmettre leur nationalité à des enfants nés de pères palestiniens. Il y a quelque 250 000 réfugiés palestiniens au Liban, qui vivent toujours dans des camps, au bout de trois générations. Eux aussi ont des droits civiques minimum dans le pays.

 

tags: Liban - Questions sociales
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