Hillary Clinton relance les négociations sur la paix au Proche-Orient

Israéliens et Palestiniens ont repris ce jeudi 2 septembre à Washington, sous les auspices des Etats-Unis, leurs négociations directes suspendues depuis vingt mois au moment de l'offensive israélienne contre la bande de Gaza. Ces discussions visent à parvenir d'ici un an à un accord de paix prévoyant la création d'un Etat palestinien.
Avec notre correspondant à Washington, Raphaël Reynes
Le ton presque amusé, Hillary Clinton passe en revue les participants à ces négociations. « Je vois beaucoup de vétérans des précédentes discussions, autour de cette table », affirme la secrétaire d’Etat qui ajoute, le ton un peu plus grave : « Si vous êtes revenus aujourd’hui, c’est parce que vous connaissez le prix d’un conflit qui ne s’arrêterait pas ».
Les pourparlers directs sont officiellement relancés ici à Washington ce jeudi 2 septembre. Au-delà des 48 premières heures, ils pourraient se poursuivre ailleurs. Selon certaines sources, Barack Obama aurait suggéré que les négociateurs se retrouvent en Egypte, dans quelques semaines.
Pour l’instant, chacun affiche sa bonne volonté mais chaque camp pose déjà ses préalables. Côté israélien, Benyamin Netanyahu demande aux Palestiniens de reconnaître Israël comme l’Etat-Nation du peuple juif et d’assurer la sécurité du territoire. Mahmoud Abbas réclame en revanche l’arrêt des colonisations et la levée de l’embargo sur Gaza.
Aucun des deux dirigeants n’a pour l’instant répondu aux demandes de son alter ego. Reste à savoir s’ils en ont la volonté et les moyens politiques. Cependant ils ont convenu de se retrouver les 14 et 15 septembre «dans la région» puis toutes les deux semaines, a rapporté l'émissaire américain au Proche-Orient, George Mitchell.
Le Hamas veut continuer les attaques contre la Cisjordanie |
« Les mouvements de résistance sont les véritables représentants du peuple palestinien ». Fidèle à son hostilité à toute négociation avec l'Etat hébreu, le Hamas a ainsi justifié les attentats perpétrés en Cisjordanie occupée alors que Mahmoud Abbas était à Washington pour rencontrer Benyamin Netanyahou. Le président palestinien est d'ailleurs accusé de collusion avec ce que le Hamas qualifie d'ennemi sioniste pour « déraciner la résistance ». Les services de sécurité palestiniens, fidèles au Fatah de Mahmoud Abbas ont procédé à plusieurs dizaines d'arrestations de sympathisants du mouvement islamiste. L'armée israélienne s'en est félicitée affirmant que la coopération sécuritaire avec l'Autorité palestinienne avait atteint un niveau parmi les plus élevés depuis les accords d'Oslo de 1993. Cette affirmation ne peut que conforter le mouvement islamiste dans son idée que l'Autorité palestinienne n'est qu'un supplétif d'Israël pour assurer la poursuite de l'occupation qui remonte à 1967. Le Hamas n'a eu de cesse depuis 1993 de souligner que les négociations avec l'Etat hébreu n'ont eu aucun impact positif pour les Palestiniens. Il en veut pour preuve la poursuite de la colonisation de la Cisjordanie occupée qui menace chaque un peu plus la viabilité d'un éventuel Etat palestinien indépendant. |

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